Ghostpoet de retour avec son troisième album

ghostpoetEn ces temps troublés, c’est un bonheur sans pareil de retrouver Ghostpoet, aka Obaro Ijimiwe, dont les deux premiers albums nous avaient enchantés. Ghospoet, londonien black de trente et un ans, ressemble vocalement et physiquement à un Isaac Hayes qui serait tombé, enfant, dans la marmite trip hop de Bristol et Massive Attack. Sa musique est belle comme un séjour en ville à l’image de Off Peak Dreams, tourné (dit la promo) pour 2068 livres, soit le salaire moyen au Royaume Uni, qui revient sur le faux rythme de nos vies quotidiennes.
Un mois de salaire moyen donc pour un morceau trip hop bien balancé et hypnotique qui annonce Shedding Skin (via PIAS), prévu en mars. Un peu soul, un peu world, le chanteur d’origine nigérienne évolue en apesanteur depuis son deuxième album en proposant une musique sincère et en même temps sophistiquée. Son flow est souple, élastique et inspire à l’écoute une mélancolie de bon aloi que des sautes d’allégresse et de rythme contrebalancent heureusement. Autour de Ghostpoet, la batterie est ferme et les nappes de synthé vaporeuses, créant un climat ouateux et sécurisant comme un matin de fog sur la Tamise. Accusé par les snobs d’avoir bradé son art pour vendre quelques disques de plus, le jeune homme au patronyme somptueux (et qui fait immanquablement penser au Ghost Dog de Jarmusch) a eu le tort depuis deux ans de connaître un certain succès, réussissant même à placer son album pour quelques semaines dans le top 100 anglais. Pour un indépendant nourri au dubstep et à la musique glaciale post-new-wave des banlieues londoniennes, ce n’est pas un petit exploit.

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