Cullen Omori et la pop Tahiti Douche

Cullen OmoriOn avait traîné avec pas mal de mansuétude son précédent essai solo, New Misery, mais peut-être est-il temps de faire une croix sur Cullen Omori, l’ancienne moitié des Smith Westerns, l’un de nos groupes chouchous d’il y a maintenant une petite éternité. C’est du moins ce que nous inspire l’écoute de son nouveau morceau, Four Years, toujours chez Sub Pop, qui clôt une période de silence assez longue mais n’annonce pas encore officiellement quoi que ce soit. On suppose qu’un deuxième album est sur les rails mais il n’est pas certain qu’on puisse tenir jusque là.

Four Years, accompagné par une image de vagues déferlantes et de plantes exotiques, est un morceau élégant et juste, mais aussi à la limite du supportable en ce qu’il pousse très loin l’afféterie et surtout notre amour de la pop dans ses retranchements. Un poil Beatles sur les bords, un brin californien aux entournures, la chanson évoque l’amour et, sur ce qu’on en comprend, une situation de séparation où les protagonistes s’expriment l’un après l’autre. Le garçon assure le premier couplet. La fille se charge du second. Il s’agit ainsi d’un duo « à une voix » comme l’explique le chanteur très sérieusement.

Les paroles sont classiques, pas désagréables mais il se dégage de l’ensemble un goût de Monoï et de mièvrerie sentimentale qui devrait faire fuir n’importe quel type de plus de dix-sept ans ayant contemplé l’idée d’avoir un jour une sexualité. Est-ce nous qui n’avons plus la légèreté nécessaire pour apprécier ce genre de morceau ? Ou est-ce que la voix douce et maniérée de Omori est réellement à la limite de la justesse par moments ? Toujours est-il que la gentille mélodie se change vite en scie émotionnelle et nous donne envie de vider le flacon de Tahiti Douche dans la cuvette et de laisser tomber la savonnette. Four Years a peut-être son charme et sa poésie mais on est clairement passé à côté.

Photo : Facebook.

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