Le retour de notre copine Soccer Mommy

Soccer Mommy - Color Theory Sophie Allison – qui a choisi le drôle nom d’artiste Soccer Mommy – est comme cette jeune Américaine qui était arrivée au lycée, quelques jours après la rentrée, pour apprendre le français. Elle n’était pas vraiment jolie, n’avait pas forcément un vécu passionnant et ne parvenait pas vraiment à minauder dans ses fringues trop larges, mais son statut l’a rendait singulière. Cela suffisait à rendre son sourire désarmant de fraîcheur. Et puis, surtout, contrairement aux autres filles (qui lui avaient évidemment réservée un accueil glacial), elle écoutait de la musique. Des trucs qu’on ne connaissait pas et qui ouvraient des perspectives entre le rock alternatif qu’on se devait d’écouter pour être parmi ceux du bahut qui étaient « engagés » (et quand on a une conscience politique, c’est qu’on est adulte) et les pisse-froids qui se targuaient d’écouter de la pop anglaise lettrée et qu’on taxait d’être des enfants de bourgeois (à qui on demandait des copies cassettes quand même).

Elle aurait adoré Soccer Mommy. On se plait même à croire que cela aurait pu être elle – ou sa fille. Et après tout, pourquoi pas, puisqu’elle est née en Suisse avant de grandir à Nashville.

La jeune femme a déjà publié trois albums, dont le remarqué Clean (Fat Possum) en 2018, et s’apprête à publier Color Theory le 28 février 2020 sur Lona Vista / Caroline – affublé d’une pochette particulièrement affreuse. Elle maîtrise parfaitement cette formule pop à la coule, pétrie dans un romantisme juvénile qui fait valdinguer le scepticisme. Oui, depuis Juliana Hatfield, la scène américaine fourbit des filles comme ça régulièrement. Mais il est impossible de ne pas succomber à Soccer Mommy. De toute façon, même si on a vaguement essayé de se défendre en pointant la simplicité du propos et de la forme (une section et une guitare, pas l’once d’un arrangement), la machine à souvenirs s’est mise en route et ses propres histoires trouvent chez nous un écho intime.

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