Les Rolling Stones, Robert Smith, Oasis et les Beatles sont dans un bateau…

Rolling Stones - Foreign Tongues… Le premier qui ironise sur le poids de Robert Smith se prend une soufflette. De toute façon, le leader de Cure figure sur cet album des Rolling Stones PAR HASARD puisqu’il se baladait nonchalamment dans un studio d’enregistrement londonien quand il s’est rendu compte que ses voisins d’alcôve étaient tout bonnement Mick Jagger et sa bande. Les deux leaders se sont salués.

– Salut ! Ah waouh…

– Salut, tu es bien Robert Smith, cool ?

– Et toi Mick Jagger !? Purée, je t’avais jamais rencontré. Je vais pouvoir en parler à ma femme Mary. Elle est restée à la maison. C’est con. Faut avouer qu’on a jamais écouté un album de ton groupe depuis 1968 mais c’est quand même bien sympa de te croiser. (NDR : En 1968, Robert Smith avait 9 ans)

– Ça te dirait de jouer un peu avec nous ? Keith fait sa sieste et on a rien à foutre. Nos chansons sont toutes pourries mais bon, on s’en fout toi et moi, on sait ce que c’est.. J’ai pas écouté votre dernier album mais comment tu as réussi à te démerder mon cochon, pour qu’ils croient tous qu’il était bien ?

– Ah… j’en sais rien du tout. C’est rapport à la mort, la tristesse. C’est plus simple de faire des bons albums tristes et sombres quand tu es vieux que de faire de bons albums de rock.

– Pas con. Tu viens alors ?

– Je dis à mon groupe qu’ils peuvent rentrer chez leurs parents et je rapplique. Tu veux que je joue quoi ?

– Du triangle ? Non je déconne. De la guitare, du synthé, et des chœurs mais t’inquiète on te reconnaîtra pas.

Les Rolling Stones ne sont pas loin d’être le plus vieux groupe du monde. En exagérant à peine (cela devrait être le cas avec Foreign Tongues, prévu pour le 10 juillet), ils devraient avec l’annonce de ce nouvel album atteindre l’âge vénérable d’un demi-siècle sans un disque digne de ce nom (le leur). Et en ce mois de mai, ils ajoutent au caractère exceptionnel de leur nouvelle livraison, l’exploit de proposer la pochette la plus spectaculairement laide de leur histoire, une pochette si horrible qu’elle pourrait battre au bras de fer l’Etreinte de Miossec et peut-être même la pochette de son Brest-of. L’œuvre (sic) est une création de l’artiste Nathaniel Mary Quinn, artiste de Chicago, dont la spécialité est de réaliser ces sortes de portraits qui se situent quelque part entre du sous-Bacon et des maxi-têtes, étrange et hideux chaînon manquant entre le patchwork, le collage et les effets Instagram.

Un bonheur n’arrivant jamais seul, Mick qui fêtera son 83ème anniversaire cet été (c’est le plus vieux de la bande, Ronnie Wood n’ayant même pas encore 80 balais) a aussi enrôlé pour ce disque Paul Mc Cartney, le gars qui accompagnait Ringo Starr à la guitare, Steve Winwood (le mec de Traffic, bon, ok plus personne ne se souvient de lui), un Smith des Red Hot Chili Peppers et donc un Smith de Cure. Mark E. de The Fall et Eliott Smith n’ont pas répondu, tant pis pour eux, leur chance ne va pas repasser deux fois. Le disque comprend 14 morceaux, ce qui est sans doute beaucoup trop mais parce que le groupe rassemblé à Londres aurait traversé une période redoutablement créative. On aurait déjà pu se passer des deux premiers extraits : In The Stars qui démarre comme un morceau des Beach Boys (pendant 16 secondes), ressemble à un morceau des Rolling Stones créé par une IA pendant une minute, avant de s’étirer pendant une durée si longue et insupportable qu’elle ferait passer le retour des Stone Roses pour un album des Pixies. Le deuxième morceau, Rough and Twisted, aurait tout aussi bien pu s’appeler Long & Chiant, avec des airs bluesy moisis et son saxo vulgaire comme un tweet.

On l’aura compris on est pas sûrs que tout cela soit… mal (les Stones font bien ce qu’ils veulent quand ils veulent, et rien ne nous empêche de ne pas trouver ça bon), mais quand même certains qu’avoir passé 4 minutes et 13 secondes puis à nouveau 4 minutes et quarante secondes… trois fois… avant de lancer cette série de vannes, n’est pas ce qu’on a fait de mieux cette semaine.

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