Notre envoyé spécial et section canadienne de Sun Burns Out à lui tout seul Alan LORD a joué en son temps un rôle non négligeable dans l’émergence d’une scène punk montréalaise. En tant que musicien et qu’observateur, Alan aura notamment partagé la scène et quelques après-concerts dont on ose imaginer à quoi ils ressemblaient avec les légendaires Ramones. Il s’intéresse cette fois-ci au retour canadien de vieux amis, les Sex Pistols 2026, attelage bringuebalant et privé de, ce qui semblait leur principal atout jusqu’ici, le chanteur John Lydon. Cinquante ans après les débuts supposés du punk, on se demandait déjà ce qui faisait le son des Pistols…. autant dire qu’on n’apportera pas de réponse définitive à cette question, mais tout le monde s’accorde pour dire qu’une partie de la legacy réside toujours dans le vieux creuset à guitares de Matlock et Steve Jones.

A travers une histoire de leurs passages à Montréal, Alan Lord nous donne un regard plein de vigueur sur ces aventuriers septuagénaires.
Article rédigé par Alan Lord
1er ACTE – Never Mind Ma Vie Ennuyeuse (Montréal, juin 1977)
J’avais 22 ans. Depuis deux ans, je travaillais comme un forçat, et j’avais l’impression que tout cela ne servait à rien. J’avais arrêté de jouer de la guitare, alors que je m’y étais adonné assidûment de 11 à 17 ans , pour me consacrer à mes études de génie civil. Bien sûr, j’ai continué à suivre l’actualité musicale, à lire tous les magazines et à acheter tous les disques. J’ai été intrigué par les Sex Pistols en lisant Rock Scene, mais je n’avais pas encore écouté leur musique. Le premier disque punk que j’ai acheté était l’album Damned Damned Damned, dès sa sortie début 1977. C’était cool, mais rien d’extraordinaire. Puis, un jour, j’ai mis la main sur le 45 tours God Save The Queen des Pistols. Ça m’a complètement bouleversé et ça a changé/sauvé ma vie. Tout comme lorsque j’avais acheté Satisfaction des Stones à mes 11 ans, je n’arrivais pas à croire que quelque chose puisse sonner aussi bien. Le son de guitare puissant et massif de Steve Jones était la perfection. Et les paroles ! Bon sang… « le régime fasciste qui a fait de toi un crétin » – PUTAIN ! Enfin, quelque chose d’intelligent et de galvanisant ! C’était ni plus ni moins qu’un appel aux armes. Cette chanson a mis le feu à mes poudrières intérieures, restées en sommeil depuis des années. J’ai dévoré avec avidité leurs singles aux pochettes géniales, les uns après les autres… Pretty Vacant… Anarchy in the UK… Holidays In The Sun… pour finir avec l’album Never Mind The Bollocks. J’ai décoré le mur de mon salon avec une immense affiche de 2m x 2,5m représentant les Pistols hargneux au Longhorn Ballroom au Texas, j’ai repris la guitare, j’ai abandonné mes études et j’ai trouvé ma place au premier rang de la scène punk naissante de Montréal .
2e ACTE – Never Mind Sid Vicious (Toronto, 12 août, 1996)
J’ai enfin pu voir les Sex Pistols, une vingtaine d’années après les faits, lors de leur tournée Filthy Lucre. Avec les quatre membres originaux et Glen Matlock – à la place de Sid Vicious – dont les pistes de basse enregistrées en studio, jugées médiocres, avaient dû être écartées et compensées par Steve Jones. Non seulement Glen savait jouer sa basse, mais c’était lui le principal compositeur et auteur des mélodies de 10 des 12 titres de l’album Bollocks avant de quitter le groupe début 1977, notamment Pretty Vacant. Au début, John Lydon et Glen prenaient plaisir à composer des chansons ensemble, mais peu à peu, leur relation s’est détériorée. Dans son autobiographie Triggers, Glen explique qu’il y avait « un décalage, un contraste entre nos personnalités ». Si vous regardez le superbe biopic de Disney sur les Pistols – que Lydon ne veut pas que vous voyiez – on constate que Lydon était le petit nouveau, ayant rejoint le groupe bien après que Jones, Cook et Matlock aient soudé la formation. Le reste appartient à l’histoire, ou à la version que vous préférez.
Je me retrouvais donc là, à quelques jours de mon 42e anniversaire, à l’Amphithéâtre Molson en plein air, essayant d’avoir l’air aussi cool que possible pour mon âge. J’étais au milieu d’une marée de jeunes punks arborant des crêtes de stégosaure vertes ou violettes sur leurs crânes rasés, vêtus de vestes en cuir avec de grands symboles « A » de l’anarchie peints dans le dos. Nos héros ont mis un temps fou à monter sur scène. On commençait tous à s’impatienter, certains se livrant à des pogos sans conviction pour évacuer l’énergie nerveuse provoquée par quelconque drogue qu’ils avaient prise. En attendant, on a dû se contenter de la musique d’échauffement diffusée par la sono avant le concert. On s’attendait tous à avoir droit à tous les grands classiques du punk par The Clash, les Damned, les Ramones et tout le tralala. Mais non. Ce qui jouait – et c’était délibéré – c’était des tubes de vacances à la plage ringards à chanter en chœur, du genre « Haut les mains » et « Agadoo Doo Doo »… Les visages tout autour de nous étaient perplexes et aigris. Pourquoi nous infligeaient-ils toute cette merde incroyablement agaçante ? C’était sans doute une sorte de tactique de John Lydon pour montrer à tous ces jeunes punks ce qu’il pensait vraiment d’eux. Son esprit de contradiction poussé à son paroxysme, quoi.
Ils sont enfin montés sur scène, sous une tempête de cris d’admiration et de poings levés. Moi y compris. Hé, ça faisait VINGT PUTAINS D’ANNÉES que j’attendais ça ! J’étais ravi de voir Matlock là-haut, avec son sourire suffisant – lui, l’oublié – et le bon vieux Cookie, sur qui on peut toujours compter, aux côtés de mon héros de la guitare, Steve Jones, qui était torse nu. Lorsqu’il s’est retourné pour régler son ampli, on a pu apercevoir dans son dos un tatouage où était inscrit « MERCY » en grosses lettres noires, dans un style Olde Englishe.
Steve s’est tourné vers le public et a déchiré un accord d’échauffement « BROMMP ! » sur sa Gibson Les Paul. Puis Lydon est sorti en valsant, arborant un sourire caricatural, se pavanant comme un clown. Et il était bel et bien habillé comme un clown : un costume à gros carreaux, composé d’épaisses rayures marron sur un tissu jaune moutarde. Beurk ! Et ses cheveux formaient une couronne de pics rouges et jaunes dressés sur la tête. On aurait dit Bart Simpson sur l’acide. Il arpentait lentement la scène d’un bout à l’autre en tenant son micro mollement, lançant des regards menaçants à tous les punks. Il s’arrêta et recula, porta le micro à ses lèvres et annonça : « On est gras… on a quarante ans… et on est de retour ! »
Puis ils se sont lancés dans leur répertoire. Une chanson magnifique après l’autre. Le son de la guitare de Steve Jones était puissant, une pulsation profonde et parfaite qui vous secouait les tripes. J’ai oublié de quelle chanson il s’agissait – peut-être Submission – j’étais tellement heureux que j’en pleurais vraiment – de grosses larmes d’émotion débordante qui coulaient sur mes joues d’homme d’âge mûr. J’étais là, debout, à pleurnicher comme un tout petit bébé, entouré de punks qui me bousculaient dans tous les sens, se déchaînant dans un pogo comme des sardines en boîte frustrées. Heureusement que je portais mes lunettes de soleil. Je ne pense pas que quelqu’un ait remarqué que je pleurais. C’est la seule et unique fois de ma vie où j’ai fait ça. Non, jamais pour L’Hymne à la joie. Ni pour Céline Dion. Moi, c’est Filthy Lucre qui m’a fait craquer.
3e ACTE – Never Mind John Lydon (Montréal, le 11 août 2023)
Mon ami et producteur de disques Yannick Roof, grand fan des Sex Pistols et de PIL, m’a dit qu’il avait acheté un billet pour une rencontre avec John Lydon à Birmingham le 9 juin de l’année suivante. Je me suis précipité sur Internet et j’ai acheté mon billet sans attendre. J’avais largement le temps de me renseigner sur le moyen de m’y rendre. Le seul problème, c’est que je suis un romantique, et je me suis rendu compte que le lendemain – le 10 juin – c’était l’anniversaire de ma femme. Je ne pouvais pas l’abandonner comme ça pour John Lydon ! J’ai donc dit à Yannick que je ne pouvais pas y aller, et j’ai revendu mon billet.
Birmingham, le 9 juin 2024 : Yannick est arrivé à Birmingham et a participé à sa séance de rencontre avec John Lydon. Ce dernier s’est montré très sympathique et a été très impressionné par le fait que Yannick ait fait tout ce chemin depuis Montréal pour le rencontrer. Yannick a donc pu passer 13 minutes entières avec Lydon, contrairement au traitement « bonjour, merci, au suivant » d’une minute réservé à tous les autres. Yannick avait apporté une valise pleine à craquer d’objets à faire dédicacer, mais la règle était que Lydon ne signerait qu’UN seul objet. Yannick lui a donc fait signer l’exemplaire de Never Mind The Bollocks qu’il avait acheté à l’âge de 10 ans .
4e ACTE – Never Mind les Sex Pistols (Montréal, le 28 mars 2025)
Yannick m’a demandé si je voulais aller voir les Sex Pistols avec lui le 30 septembre. J’ai répondu OUI ! Il a acheté nos billets. Puis le 2 septembre, on a annoncé que la tournée des Pistols était annulée, car Steve Jones s’était cassé le poignet. Putain de merde ! On nous a dit de garder nos billets pour une date ultérieure.
5e ACTE – Never Mind Le PEUT IMPORTE… enfin LE JOUR PISTOLS! (Montréal, le 22 septembre 2026)
Les portes de l’Olympia ont ouvert à 18 h 30 et le concert commençait à 20 h ; je suis donc arrivé à 19 h 30 et Yannick m’attendait devant l’Olympia. Il était là depuis 13 h pour être sûr d’assister à la balance de son du groupe (qu’il estimait avoir lieu vers 15 h ou 16 h) afin de pouvoir faire signer par le reste des Pistols son précieux exemplaire de Bollocks, déjà dédicacé par Lydon lors de la rencontre de Birmingham. Comme vous l’avez sans doute déjà deviné, Yannick est un superfana de punk. Il s’était fait prendre en photo avec les membres des Damned lors de leur concert à Montréal en septembre 2025 et avait obtenu des autographes, puis en mai dernier, il avait fait de même avec Steve Diggle lors du concert des Buzzcocks. Je lui ai demandé s’il avait pu voir les Pistols dans l’après-midi. Il m’a répondu : « Non, leur balance de son a été faite par les roadies. » Pas d’chance !
Yannick et moi sommes entrés pour découvrir l’Olympia. C’est un endroit chic, une salle historique construite en 1925, dans un style Art déco raffiné, pouvant accueillir 2 400 personnes. J’ai dit à Yannick que quelqu’un devrait nous prendre en photo, mais j’ai précisé : « Je ne veux pas d’un type qui s’enfuirait avec mon portable ! » – J’ai donc choisi un type aux cheveux gris, à l’air inoffensif, pour faire le boulot.
Nous nous sommes ensuite dirigés vers la mezzanine à l’étage et avons trouvé nos places – un rang derrière la balustrade du balcon, du côté droit – un point de vue idéal pour prendre des photos. Je me suis tourné vers lui et lui ai dit : « J’ai vu les Pistols à Toronto, en 1996 – lors de la tournée Filthy Lucre. » Il s’est exclamé : « J’étais là ! » J’ai répondu : « Quoi ??? Tu avais quel âge ? »… « J’avais 20 ans. » J’ai dit : « Tu es né en 1976 ? Tu as le même âge que le punk ! » – et c’est vrai, toute cette année, les médias ont célébré « Punk à cinquante ans ». En février dernier, j’ai été invité à la célébration « Punk@50 » organisée par l’Institut Goethe de Montréal, pour parler de la scène punk montréalaise avec le journaliste Dennis Kastrup, qui a quant à lui évoqué la scène punk en Allemagne . Alors que je me rendais au bar pour prendre une canette de bière Sapporo, j’ai croisé mon vieux pote Richard Lacoste, le batteur des Marauders – le groupe qui m’avait accompagné lors de mon premier concert en mai 1979 .
La salle commençait à se remplir, et depuis notre balcon, j’essayais d’évaluer la proportion de jeunes et de moins jeunes dans la salle. Je n’ai pas vu de crêtes Mohawk CETTE fois-ci, la plupart des têtes étaient chauves, ha ha. En première partie, il y avait Panic Shack, un groupe de pop punké gallois entièrement féminin originaire de Cardiff. Elles étaient charmantes et sympa, ça collait bien au contexte, mais… bon, on était là pour voir les Sex Pistowes ! Une fois leur concert terminé, les lumières se sont rallumées et les filles ont dû traîner leurs amplis et tout le matos toutes seules. « C’est pour ça que je ne veux plus faire de putains de concerts », ai-je dit à Yannick, « fini de trimballer des amplis à mon âge ! »
Finalement, toutes les lumières sont passées au bleu foncé, les techniciens se sont faufilés discrètement sur la scène, et on pouvait sentir une anticipation palpitante monter dans la salle. Alors qu’une version orchestrale de God Save The Queen, reprenant la mélodie de No Future, retentissait dans la sono, les Pistols sont entrés lentement, l’un après l’autre, sur scène… Glen Matlock à la basse, Paul Cook à la batterie, Steve Jones à la guitare, et le nouveau venu Frank Carter au micro, remplaçant M. Johnny Rotten Lydon, absent. Ils ont salué la foule en liesse, puis se sont lancés dans Holidays In The Sun, suivi immédiatement par Seventeen… « T’as que 29 ans, t’as encore beaucoup à apprendre… » et la foule s’est mise à chanter à tue-tête le refrain génial : « Je suis un fainéant… Je suis un fainéant… Je suis un faaainéant… » Ensuite, c’était au tour de la chanson New York, et du coup, Frank Carter a sauté sur la piste de danse et a chanté en tête à tête avec les fans ravis. Yannick me dit « il est game » , et je réponds « Lydon n’aurait jamais fait ça ! »
Nous avons ensuite entendu Steve Jones gratter les cordes de sa guitare pour jouer la mélodie d’introduction immédiatement reconnaissable de Pretty Vacant, et très vite, un Mosh Pit spontané s’est formé autour de Frank Carter. La foule s’est mise à tourbillonner autour de lui comme les bras d’une galaxie en extase, et il a rapidement perdu son pied de micro, qui s’est éloigné au-dessus de la foule vers l’autre bout de la galaxie. Ils ont chanté avec lui le glorieux refrain “We’re so pretty, oh so pretty… vay-cunt!” . Frank est remonté sur scène et a commencé à réclamer son pied de micro. Nous l’avons vu passer au-dessus des têtes de tout le monde jusqu’à ce que Frank puisse l’attraper et reprendre le concert. Il a déclaré, sous un tonnerre d’applaudissements : « Nous sommes loin de chez nous, mais ce soir, on se croirait à Hammersmith ! »
La chanson suivante était Bodies – toujours ahurissante – et Frank a livré un sacré spectacle, courant et bondissant partout sur scène, sautant sur et hors de la plate-forme de batterie de Cook, comme un satané Mick Jagger. Ça m’a rappelé ce qu’avait dit un jour Carlos Alomar, le guitariste de Bowie : « T’es musicien ? T’aimes jouer de la musique ? Eh bien reste chez toi. Si tu montes sur scène, tu dois donner un SPECTACLE ! Les gens paient pour voir un putain de SPECTACLE ! » Franchement, Finalement, Frank Carter est plus showman que John Lydon : il déborde d’énergie et n’a aucun ego. C’est très rafraîchissant. Lydon les qualifie de « groupe de karaoké ». Ouais, bon, qui ne voudrait pas avoir la chance de chanter un karaoké avec les putains de Sex Pistols, hein ? Frank Carter a vraiment de la chance, on sent à quel point il prend un plaisir contagieux à être là-haut en train de chanter avec ses héros olympiques, et il communique super bien avec les fans en délire. Je vous conseille de regarder la vidéo YouTube de leur concert au Bush Hall, Londres, 2024 .
Les Pistols ont alors interprété un morceau facile à jouer qu’ils avaient l’habitude de jouer à leurs débuts, avant de commencer à composer leurs propres chansons : Stepping Stone, une chanson de Paul Revere & The Raiders rendue célèbre par les Monkees. Ce fut pour moi un vrai régal, car nous la jouions dans le groupe que j’avais formé dans mon garage en 1966, à l’âge de 11 ans.
Frank a pris une petite pause et a fait les cent pas sur scène, s’adressant au public… « Vous vous amusez bien ? »… (la foule l’acclame)… « Vous êtes sûrs de vous amuser ? Je ne vous crois pas ! Vous savez ce que ça fait de vous… un putain de LIAR … » Et ils enchaînèrent avec la chanson du même nom. Après cela, on eut droit à ce glorieux hymne qui a changé et sauvé la vie de nombreuses personnes – moi y compris – God Save The Queen. À la fin, toute la salle chantait « No future… No future… No future for YOOOUUU !!! »
🚨***GROS FEU ROUGE CLIGNOTANT ICI*** 🚨… NO FUTURE… PAS D’AVENIR… QUOI ??? À l’époque, dans une Angleterre en pleine crise au milieu des années 70 – où les grèves des travailleurs laissaient les ordures s’accumuler et pourrir dans les rues – cette expression signifiait que les jeunes Britanniques étaient désoeuvrés, et avaient des perspectives d’avenir bien sombres… Mais en 2026… cinquante ans plus tard… avec les menaces hebdomadaires de Poutine d’un holocauste nucléaire, une Europe brûlant à 40 degrés en été, et les discussions désinvoltes sur l’IA qui exterminerait l’humanité d’ici quelques années… nous tous n’avons désormais vraiment plus aucun avenir !!!… Le refrain de cette chanson est donc devenu un véritable appel de clairon prophétique pour notre époque, sauf que personne n’a envie de le scander aujourd’hui !
À la fin de la chanson, Frank Carter s’est exclamé : « On s’éclate comme des fous, merci beaucoup d’être venus et de partager ce moment musical avec nous… Vous êtes formidables, Montréal, vraiment… Cette chanson s’appelle No Fun – ce morceau faisait partie de ceux qu’ils jouaient avant même d’avoir un répertoire bien défini. Elle s’est transformée en un long jam, au cours duquel Steve Jones, d’ordinaire sobre et concis, s’est lancé de manière inhabituelle dans un solo – avec une pédale wah-wah ! Ça a duré près de deux minutes – ce qui est une éternité quand on est sur scène, je peux vous le dire. Je me suis tourné vers Yannick et je lui ai dit : « Steve n’aurait jamais pu faire ça avec Lydon ! » Réponse laconique : « NON ! »

Ils ont prolongé le morceau, et sur ce groove décontracté, Frank a lancé : « Si ça ne vous dérange pas, j’aimerais vous présenter quelques-uns de mes potes… certains sont payés… désolé, peut-être que vous ne m’avez pas compris, putain »… il a crié : « J’aimerais vous présenter quelques-uns de mes potes… à la basse, mesdames et messieurs, le Silver Fox en personne – ce grandiose low rider… applaudissez Monsieur… Glen… MATLOOOOCK !!!… » Glen se lança dans une série de lignes de basse funky, ponctuées de coups de cymbales de Paul Cook… le groove lancinant reprend… « et à la batterie, mesdames et messieurs, l’homme le plus adorable de la scène… on l’appelle Cookie… applaudissez Monsieur… Paul… COOOOOK !!!… » Cookie enchaîna une rafale de passes à la batterie… « Et pour finir… pas besoin de le présenter, mais on va le faire quand même… un homme… une légende… Mesdames et messieurs, faites un vacarme pour le seul et unique… Monsieur… Steve… JOOOOONES !!!… » Jones joua un court solo, après quoi Carter se présenta. Ils reprirent « No Fun » et prolongèrent la fin sous les acclamations.
Frank s’est alors approché du bord de la scène et a supplié : « S’il vous plaît, ouvrez le « mosh pit » une dernière fois, aussi grand que possible… ensuite, je vais vous montrer quelque chose de joli… un tour de magie… pour la chanson suivante, ce mosh pit appartient à des personnes très importantes présentes ici ce soir… vous m’écoutez, les gars ?… c’est le « Mosh Pit Femmes Seulement »… (acclamations endiablées)… messieurs, veuillez vous écarter… reculez aussi loin que possible… les gars, ça… messieurs, sortez du mosh pit… vous avez la responsabilité de surveiller vos amis déchaînés… (encore plus d’acclamations)… Je vous assure que vous ne verrez jamais de votre putain de vie un mosh pit plus heureux, plus joyeux… (acclamations et sifflements)… mesdames… êtes-vous prêtes à mosher… sans craindre de recevoir un coup de coude en plein visage… ou d’être pelotées par un putain de néandertalien… c’est votre chance de danser parmi vos amies… parmi vos pairs… et de vous amuser. Vous êtes prêts, les hommes présents dans la salle ?… Reculez, et regardez-vous occuper l’espace que les hommes ont occupé toute leur vie, sans même s’en rendre compte, putain… Ça va être magnifique… (énormes acclamations)… Vous allez pouvoir le faire sur la meilleure chanson des Sex Pistols… J’espère que vous allez passer un putain de bon moment… celle-ci est pour vous… elle s’appelle No Feelings … et nous assistons à une mêlée endiablée dans un mosh pit exclusivement féminin, avec certaines filles soulevées au-dessus des têtes, les jambes qui virevoltent dans les airs et tout… absolument époustouflant. Après ça, ils ont enchaîné avec Problems… avec son génial refrain « problème… problème… problème… le problème, c’est TOI ! »
Une fois les acclamations retombées, Frank a dit : « Vous n’en voulez plus… vous n’en voulez plus, hein ?… (huées bruyantes)… hein ?… encore une ?… hein ?… deux de plus ?… d’accord, trois de plus… (acclamations bruyantes)… bon, cette chanson s’appelle… E… M… I… »
Ah… Enfin !… E.M.I. – ma chanson préférée des Pistols à jouer à la guitare – le riff puissant en mi-fa dièse-la de Steve Jones sur sa Gibson Les Paul – très gratifiant à jouer – Keith Richards avait dit ça à propos de Jumpin’ Jack Flash – on a envie de jouer ce genre de riffs pour toujours. Après l’hymne sarcastique de la chanson, faite à la maison de disques qui les avait lâchés à la suite du tristement célèbre incident de l’interview télévisée avec Bill Grundy, Frank a enlevé sa chemise, et nous avons pu admirer tous les tatouages qui ornaient entièrement son torse.
Il fit lentement le tour de la scène et nous avoua : « … quand on m’a demandé de faire ça , j’étais complètement abasourdi… deux ans plus tard, on passe toujours les meilleurs moments de notre putain de vie… vous me voyez partout, congue… ouais, je pense vraiment que vous me verrez partout… donc, Monsieur Jones… si vous vouliez bien »… les lumières s’atténuent et deviennent douces… Steve Jones s’assoit à droite de la plate-forme de batterie et commence à jouer une mélodie douce… Glen le rejoint en s’asseyant à gauche de la plate-forme… « Et maintenant… la fin est proche… » C’est My Way … Je me suis tourné vers Yannick : « Lydon n’aurait PAS fait ça non plus ! » – « NON ! », a-t-il acquiescé. Après cette intro ringarde de boîte de nuit – où Cookie utilise une paire de baguettes en feutre pour jouer de légers coups sur les cymbales – il y a un silence… le public commence à s’impatienter… Steve se lève, monte le volume à fond et ils se lancent dans le classique infernal de Sid Vicious.
Et voilà, c’est la fin… pour le morceau de clôture, Anarchy In The UK… tout le public se joint à eux et chante le refrain… le concert se termine avec les filles de Panic Shack qui les rejoignent pour chanter et danser sur scène, tandis que Carter se dirige vers le bord de la scène, pointe le micro vers le public, et que tout le monde chante a cappella « and I wanna BEEEEEE An Ar Keeeee »!!!”
ÉPILOGUE
Le concert des Pistols a duré environ 1 h 15. Avec cette dernière chanson, Anarchy, je me suis rendu compte que beaucoup de leurs morceaux, repris en chœur par le public, ressemblaient à des chants de supporters de foot. Yannick a fait remarquer : « C’est probablement la dernière fois qu’on les verra. » Je ne voulais pas m’attarder là-dessus. C’était un concert à ne pas manquer. Je devrais pouvoir les voir aussi souvent que possible, c’est un rituel aussi incontournable et vital que d’aller à Bayreuth pour voir le « Cycle de l’Anneau » de Wagner. Pour ma part, je connais et j’adore toutes les chansons des Pistols, et après tout, le « Cycle Bollocks » tient en un peu plus d’une heure.
Nous nous sommes tous précipités hors du théâtre et je me suis tenu près de l’entrée, profitant de l’air frais de l’automne… Yannick est parti tenter d’apercevoir le groupe en train de sortir par la porte « secrète » sur le côté, tandis que j’attendais que Richard se montre pour discuter un peu du spectacle. Je suis resté là à réfléchir à cette soirée époustouflante. J’étais complètement abasourdi, submergé par l’ampleur de l’événement. Je me sentais à la fois heureux, triste, exalté et envahi par une mélancolie nostalgique. Richard ne s’est jamais pointé.
J’ai reçu un appel sur mon portable. C’était Yannick. « J’ai vu Glen, et j’ai réussi à lui faire signer mon album ! » Je me suis précipité au coin de la rue pour le rejoindre. Il y avait une douzaine d’autres fans pleins d’espoir. Yannick m’a expliqué : « Il est sorti fumer une cigarette, une bière à la main. Il était très sympa. » Glen était rentré à l’intérieur. Yannick espérait obtenir ses deux autres autographes manquants. On apercevait quelqu’un par une fenêtre à l’étage. « C’est Paul Cook », m’a expliqué Yannick. J’ai commencé à m’éloigner, puis je me suis retourné en entendant des cris de « Steve ! ». Les Pistols étaient entassés dans une petite camionnette noire, et j’ai aperçu Glen à l’intérieur. La camionnette a filé à toute allure et c’était fini. Yannick s’est approché de moi : « J’ai entendu Paul Cook marmonner qu’il était fatigué et qu’il voulait juste rentrer à l’hôtel. » J’ai répondu : « Ouais, lui est le BATTEUR – le musicien qui bosse le plus dur de tout le groupe ! »
Yannick, qui devait rentrer chez lui en voiture, m’a raccompagné jusqu’à la station de métro Berri toute proche, et je me suis éclipsé, encore tout étourdi par la soirée, en espérant pouvoir trouver le sommeil. De son côté, il devait parcourir les 75 km en voiture pour rejoindre sa maison perdue au fin fond de la campagne, ce qui lui prendrait 1 h 15 – exactement la même durée que le concert. Il était 22 h 30 – il serait arrivé chez lui vers minuit.
Voici un message que j’ai vu sur Facebook le lendemain :
« Assez incroyable de traverser le temps… de remplir des salles avec du monde en feu …avoir fait juste un album officiel !!! Faire une tournée à 70 ans et me redonner 15 ans alors, MERCI NEVER MIND THE BOLLOCKS! »
Oui, Never Mind The Bollocks… l’album fétiche de Kurt Cobain… Je le considère comme un véritable tournant dans l’histoire du rock : il n’y avait rien de tel avant, et rien de tel depuis. Même nos sacro-saints et intouchables RAMONES… en évoquant un jour leur premier concert historique en Angleterre, le 4 juillet 1976 , au Roundhouse de Londres, ont dû déposer leurs armes, contraints d’admettre : « … et puis il y a eu Les Sex Pistols ».
CELEBRATING THE FIFTY YEARS OF PUNK – WITH THE SEX PISTOLS!

ACT I – Never Mind My Boring Life – Montreal, June 1977
I was 22 years old. For the past two years I’d been working like a dog, and felt it was all pointless. I’d given up playing my guitar, which I’d been playing assiduously from age 11 to 17 , to concentrate on my civil engineering studies. Of course I continued following what was happening in music, read all the magazines, and bought all the records. I was intrigued by The Sex Pistols reading Rock Scene, but hadn’t heard their music yet. The first punk record I bought was the album Damned Damned Damned when it came out in early 1977. It was good fun, but no earth-shattering matter. Then one day I picked up the Pistols’ God Save The Queen 45. Which blew my mind and changed/saved my life. Just as when I’d bought the Stones’ Satisfaction when I turned 11, I couldn’t believe anything could sound so good. Steve Jones’ powerful chunky guitar sound was perfection. And the lyrics! Good god… “the fascist regime that made you a moron” – FUCK! Finally, some intelligent, rousing stuff! It was nothing less than a call to arms. That song ignited my internal powder kegs, which had been dormant for years. I hungrily gobbled up their brilliant sleeved singles one after another… Pretty Vacant… Anarchy in the UK… Holidays In The Sun… capped off with the album Never Mind The Bollocks. I adorned my living room wall with a huge 6’ x 8’ poster of the snarling Pistols at Texas’ Longhorn Ballroom, took up the guitar again, dropped my studies, and found my way to the front row of the nascent punk scene of Montreal .
ACT II – Never Mind Sid Vicious – Toronto, August 12, 1996
I finally get to see the Sex Pistols 20-odd years after the fact, on their Filthy Lucre Tour. With the original four with Glen Matlock – instead of Sid Vicious – whose incompetent studio bass tracks had to be scrapped and compensated by Steve Jones. Not only could Glen play his bass, he was the primary musical and melody writer for 10 of the 12 Bollocks tracks before leaving the group in early 1977, most notably Pretty Vacant. At first, John Lydon and Glen had fun writing the songs together, but slowly their relationship deteriorated. In his autobiography Triggers, Glen states there was “a misalignment, a contrast in our personalities”. If you watch the great Disney biopic on the Pistols – which Lydon doesn’t want you to – you can see that Lydon was the Johnny-come-lately, joining well after Jones, Cook and Matlock had gelled the band together. The rest is history, or whoever’s version you prefer.
So there I was, just a few days before my 42nd birthday, at the outdoor Molson Amphitheatre, trying to look as cool as I could at my age. I was in the middle of a sea of young punks sporting green or purple Stegosaurus spiked Mohawks on their shaved heads, wearing leather jackets with big “A” anarchy symbols painted on their backs.
Our heroes took a long time to hit the stage. We were all getting impatient, some doing half-hearted pogos to bleed off the nervous energy of whatever drug they were on. In the meantime, we had to settle for the pre-show warmup sound system. We were all expecting to be treated to all the old punk standards by The Clash, Damned, Ramones and whatnot. But no. What was playing – and deliberately so – was tacky beach vacation sing-along crap like “Hands Up (Give Me Your Heart)” and “Agadoo Doo Doo”… there were perplexed, sour faces all around. Why were they subjecting us to all this incredibly annoying shit? No doubt it was some sort of John Lydon tactic to show all the young punks how he really felt about them. His contrariness dialed to eleven.
Finally they came on, amid a storm of appreciative howls and fists pumped in the air. Me included. Hey, I’d been waiting TWENTY FUCKING YEARS for this! I was glad to see Matlock up there grinning smugly – the forgotten one – and good old dependable Cookie, with my guitar hero Steve Jones, who was shirtless. As he turned to fiddle with his amp, we could see across his back a tattoo that said MERCY in big black Olde Englishe script.
Steve turned to the audience and ripped a deep BROMMP! warmup chord on his Gibson Les Paul. Then Lydon waltzed out grinning cartoonishly, swaggering like a clown. And indeed he was dressed like a clown: a suit of big plaid squares consisting of fat brown stripes atop mustard-yellow cloth. Yuck! And his hair was a crown of red and yellow spikes sticking straight up. He looked like Bart Simpson on acid. He paced back and forth slowly along the edge of the stage holding his mic limply, glaring menacingly at all the punk dudes. He stopped and stood back, brought the mic to his lips and announced “We’re fat… we’re forty… and we’re back!”
Then they launched into their repertoire. One glorious song after another. Steve Jones’ guitar sound was powerful, a deep perfect throb rumbling through your guts. I forget which song it was – maybe Submission – I was so happy, I was actually crying – big fat tears of overwhelmed emotion, trickling down my middle-aged cheeks. There I was, standing there blubbering like a widdle widdle baby, surrounded by punks jostling me back and forth, moshing like frustrated packed sardines. Good thing I was wearing my shades. I don’t think anyone noticed me crying. It was the one and only time I ever did that in my life. No, not ever over Ode To Joy. Or Céline Dion . Me, it was Filthy Lucre wot done me in.
ACT III – Never Mind John Lydon Montreal, August. 11, 2023

My friend and record producer Yannick Roof, a Sex Pistols and PIL superfan, told me he bought a ticket for a Meet And Greet with John Lydon in Birmingham on June 9th the following year. I rushed online and bought my ticket immediately. Plenty of time to suss out how to get there. Only problem was, I’m a romantic guy, and it dawned on me that the following day – June 10th – was my wife’s birthday. I couldn’t abandon her like that for John Lydon! So I told Yannick I couldn’t go, and sold my ticket.
Birmingham, June 9th, 2024: Yannick made it to Birmingham and had his Meet And Greet with John Lydon. Who was very friendly, and blown over by the fact Yannick had come all the way from Montreal to meet him. So Yannick got to spend a whole 13 minutes with Lydon, as opposed to the one-minute “hello, thank you, next” treatment everyone else got. Yannick had brought a whole suitcase full of shit to get signed, but the rule was that Lydon would sign only ONE item. So Yannick had him sign the copy of Never Mind The Bollocks he’d bought when he was 10 .
ACT IV – Never Mind The Sex Pistols (Montreal, March 28, 2025)
Yannick asked me if I wanted to see the Sex Pistols with him on September 30th. I said YES! He bought our tickets. Come September 2nd, an announcement was made that the Pistols tour was cancelled, because Steve Jones had broken his wrist. Damn! We were told to hold on to the tickets for a future date.

ACT V – Never Mind The WHATEVER… It’s finally PISTOLS DAY! (Montreal, September 22, 2026)
The doors of the Olympia opened at 6:30 and showtime was at 8, so I got there at 7:30 and Yannick – who had my ticket on his phone – was waiting for me in front of the Olympia theatre. He’d been there since 1 pm to make sure to catch the band at soundcheck (which he figured would be at 3 or 4) so that he could get the rest of the Pistols to sign his precious copy of Bollocks already signed by Lydon at the Meet n’ Greet. As you’ve no doubt sussed by now, Yannick is quite the Punk superfan. He had his picture taken with the members of The Damned at their September 2025 Montreal show and got shit signed, then last May he did the same with Steve Diggle at the Buzzcocks’ gig. I asked him if he got to see any Pistols in the afternoon. He said “no, their soundcheck was done by the roadies”. Damn!
Yannick and I walked in and checked out the Olympia. It’s a nice classy joint, a historic hall built in 1925, exquisitely Art Deco, holds 2400 people. I told Yannick someone should take our picture, but pointed out “I don’t want a guy who’ll run off with my phone!” – So I chose a suitably inoffensive-looking grey-haired dude to do the job.
We then made our way to the upstairs mezzanine and found our seats – one row behind the balcony rail at the right side – a perfect vantage point to take pictures. I turned to him and said “I saw the Pistols in Toronto, 1996 – the Filthy Lucre tour.” He blurted “I was there!” I said “what??? How old were you?”… “I was 20”. I said “you were born in 1976? You’re as old as Punk!” – and it’s true, all this year the media has been celebrating “Punk At Fifty”. Last February I was invited to the Montreal Goethe Institute celebration “Punk@50”, to talk about the punk scene in Montreal with journalist Dennis Kastrup, who talked about the punk scene in Germany . As I went to the bar to get a can of Sapporo beer ($16! ), I ran into my old friend Richard Lacoste, the drummer of The Marauders – the backing band for my première show in May of 1979 .
The crowd was starting to fill the place up, and from our balcony I was trying to figure out the proportion of young to old people on the floor. I didn’t see any Mohawks THIS time, most heads were bald ha ha. The opening act was Panic Shack – an all-girl Welsh punky pop band from Cardiff. They were fine, a nice fit, but… well, we were there to see The Sex Pistowes ! After their act the lights went up and the poor girls had to cart off their amps and all by themselves. “That’s why I don’t want to do any more fucking shows,” I told Yannick, “no more humping amps at my age!”
Finally the lights all turned deep blue, roadies flitted surreptitiously across the stage, and you could feel a palpitating anticipation building up in the place. As an orchestral version of God Save The Queen, playing the No Future melody, came on over the sound system, the Pistols slowly filed in one after the other onto the stage… Glen Matlock on bass, Paul Cook at the drums, Steve Jones on guitar, and new lad Frank Carter at the microphone, subbing for absentee Mister Johnny Rotten Lydon. They greeted the cheering crowd, and launched into Holidays In The Sun , followed immediately by Seventeen… “You’re only 29, got a lot to learn…” and the crowd joined in full-throated to sing the brilliant chorus “I’m a lazy sod… I’m a lazy sod… I’m a lazy sooood…” Next was the song New York, and suddenly Frank Carter jumped down onto the floor and serenaded the delighted fans in their face. Yannick said “il est game” , and I replied “Lydon wouldn’t have done that!”
We then heard Steve Jones picking at his strings the instantly recognizable intro melody of Pretty Vacant, and soon an impromptu mosh pit of excitement formed around Frank Carter. The crowd started swirling around him like the arms of some blissful galaxy, and he soon lost his mic stand, which gravitated away above the crowd to the other end of the galaxy. They sang along with him the glorious chorus “We’re so pretty, oh so pretty… vay-cunt!” . Frank climbed back onto the stage and started asking for his mic stand back. We watched as it was passed over the heads of everyone until Frank could grab it and go on with the show. He declared, to a great roar of approval, “We’re a long way from home, but tonight feels like we’re in Hammersmith!”
Next song up was the still-shocking Bodies, and Frank put on a hell of a show, running and leaping around the stage and jumping on and off Cook’s drum riser, like Mick fuckin’ Jagger. This reminded me of what Bowie’s guitarist Carlos Alomar once said: “You’re a musician? You like to play music? Well stay home. If you go on stage, you have to give a SHOW! People pay money to see a fucking SHOW!” Frankly – ha ha – Frank Carter is more of a showman than John Lydon – he’s all energy, and zero ego. Very refreshing. Lydon dismisses them as a “karaoke band”. Yeah well, who wouldn’t want a chance to sing karaoke with the fucking Sex Pistols, eh? Frank Carter is a very lucky man, you can feel his infectious enjoyment of being up there singing with his idols, and he does a great job of communicating with the adoring fans. I suggest watching the Youtube clip of their show at Bush Hall, London, 2024 .
Now the Pistols brought out an easy-to-play song they used to do at the beginning, before they started writing their own material – Stepping Stone – a Paul Revere & The Raiders song popularized by The Monkees. This was a special treat for me, because we used to play it in the garage band I had in 1966, aged 11.
Frank took a breather and paced around the stage, addressing the audience… “You having fun?”… (the crowd cheers)… “Are you sure you’re having fun? I don’t believe you! You know what that makes you all… a fackin’ LIAR…” and then they were off with the song of the same name. After that we were treated to the glorious anthem that changed and saved the lives of many people – me included, as I stated in my memoirs – God Save The Queen. At the end, the whole place was singing “No future… No future… No future for YOOOUUU!!!”
🚨***BIG FLASHING RED LIGHT HERE*** 🚨… NO FUTURE… WOT??? At the time, in dysfunctional mid-70’s England – with workers’ strikes causing uncollected garbage putrefying in the streets – it was meant to say that Britain’s youth on the dole had bleak prospects… But in 2026… fifty years later… with Putin’s weekly threats of nuclear holocaust, a broiling hot 40-degree Europe during summertime, and casual talk about AI exterminating humanity within a few years… all of us now really have no future!!!… so the song’s chorus has become a bloody prophetic bugle call for our times, except no one feels inclined to chant it today!
After the song, Frank Carter blurted out “We’re having so much fuckin’ fun, thank you very much for comin’ out and enjoy a listen-out with us… you’re wonderful Montreal, you really are… this song is called No Fun…” – this choice was another of the songs they did before having a repertoire. It was stretched out in a long jam, with the normally economical and to-the-point Steve Jones uncharacteristically doing a solo – with a wah-wah pedal! It lasted almost two minutes – which is a hell of a long time when you’re on stage, I can tell you that. I turned to Yannick and said “Steve could never have done that with Lydon!” Terse response: “NO!”
They stretched the song, and over the relaxed groove Frank mused “If it’s alright with you, I would like to introduce some friends of mine… some are paid… sorry, maybe you didn’t fuckin’ understand me”… he shouted: “I’d like to introduce some friends of mine… on bass guitar, everybody – the Silver Fox himself – this grand, low rider… please put your hands together for Mistah… Glen… MATLOOOOCK!!!…” Glen dove into a string of funky bass lines, punctuated by cymbal smashes by Paul Cook… the groove choogled along… “and on the drums, everybody, the sweetest man on the stage… we call him Cookie… please put your hands together for Mistah… Paul… COOOOOK!!!…” Cookie made a flurry of passes on the drums… “and lastly… no need for introduction, but we’re gonna do it anyway… a man… a legend… ladies and gentlemen, please make some noise, for the one and only… Mistah… Steve… JOOOOONES!!!…” Jones played a short solo, after which Carter introduced himself. They took up No Fun again, and stretched out the ending amid cheers.
Now Frank got close to the edge of the stage and implored “please open up the mosh pit one more time, as big as you can go… then I’m gonna show you something pretty… a magic trick… for the next song, this mosh pit belongs to some very important people here tonight … are you listening, lads?… this is The Ladies Only mosh pit… (wild cheers)… gentlemen, please step aside… step as far back as you can… fellas, that’s… gentlemen, exit the mosh pit… you have a responsibility to police your wild friends… (more cheers)… I assure you, you will never see a happier, more joyous mosh pit in your whole fuckin’ life… (cheers and whistling)… ladies… are you ready to mosh… without the fear of getting an elbow to the face… or being groped by some absolute facking neanderthal… this is your chance, to dance amongst your friends… amongst your peers… and have fun. Are you ready, the men in the room?.. step back, and watch you occupy the space that men have occupied their whole lives, and they didn’t even fucking know… this is about to be a beautiful thing… (great big cheering)… you get to do this to the best Sex Pistols song… I hope you have the time of your fucking lives… this one’s for you… it’s called No Feelings”… and we are witness to a wild mélée of a female mosh pit, with some lifted overhead, legs waving in the air and all… absolutely astonishing. After that they did Problems… with the great line “problem… problem… problem… the problem is YOU!”
After the cheering died down, Frank said “You don’t want any more… you don’t want anymore, do ya?… (loud jeers)… huh?… one more?… huh?… two more?… okay, three more… (loud cheering)… ‘ello, this song’s called… E… M… I…”
Ah… Finally!.. E.M.I. – my favorite Pistols song to play on the guitar – Steve Jones’ fat E-F#-A riff on his Gibson Les Paul – very satisfying to play – Keith Richards said that about Jumpin’ Jack Flash – you wanna play those kinds of riffs forever. After the song’s sarcastic paean to the record company that ditched them following the infamous Bill Grundy TV interview incident , Frank took off his shirt, and we got to see all the tattoos that completely festooned his torso.
He walked around slowly, and confessed “…when they asked me to do this , I was gobsmacked… two years later on, we’re still having the fucking best time of our life… you see me fuckin’ everywhere… yeah, I do think you’ll see me everywhere… right, Mister Jones… if you would be so kind…” the lights turn low and soft… Steve Jones sits on the right side of the drum riser and starts plucking a soft melody… Glen joins him sitting on the left side of the riser… “and now… the end is near…” it’s My Way … I turned to Yannick: “Lydon would NOT have done this either!” – “NO!” he agrees. After that cheesy nightclub lounge intro – with Cookie using a pair of felt timpani mallets to play soft swishes on the cymbals, there’s a silent pause… the audience gets itchy… Steve gets up, cranks the volume up to 11 and they launch into the classic Sid Vicious smoker.
And now, the end is here… the show-closer Anarchy In The UK… the whole audience joins in and sings along with the chorus… the show finishes with the Panic Shack girls joining them dancing and singing onstage, with Carter going to the edge of the stage, pointing the mic at the audience and everyone is singing a-capella “and I wanna BEEEEEE An Ar Keeeee!!!”
https://www.youtube.com/watch?v=hdlatZRus3I
EPILOGUE
The Pistols’ show lasted about 1h15. With that last one Anarchy, I realized that many of their songs, with the audience singing along, sounded like football chants. Yannick mused “it’s probably the last time we’ll see them”. I didn’t want to ponder that. It was a must-see show. I should be able to see them as often as possible, as ritualistic and vital as going to Bayreuth to see Wagner’s Ring Cycle. Me, I know and cherish all of the Pistols songs, and after all, the Bollocks Cycle fits in just over an hour.
We all poured out of the theatre and I stood next to the entrance, enjoying the cool autumn oxygen… Yannick took off to try catching the band exiting at the side “secret” door, while I waited for Richard to show up to have a chat about the show.
I stood there pondering about this mind-blowing evening. I was completely stunned, overwhelmed by the magnitude of the occasion. I felt happy, sad, uplifted and a nostalgic melancholy all at the same time.
Richard never showed up.
I got a call on my phone. It was Yannick. “I saw Glen, and got him to sign my album!” I rushed around the corner and joined him. There were about another dozen hopeful fans. Yannick explained: “He came out for a smoke, with a beer in his hand. He was very nice.” Glen had gone back inside. Yannick was hoping to get his two other missing signatures. We could see someone through an upstairs window. “That’s Paul Cook” Yannick explained. I started walking away, and turned back when I heard shouts of “Steve!”. The Pistols were being herded into a small black van, and I spotted Glen in there. The van sped off and that was that. Yannick came over to me “I heard Paul Cook muttering that he was tired, and just wanted to get to the hotel room.” I said “yeah, he’s the DRUMMER – the hardest working musician of them all up there!”
Yannick, who had to drive back home in his car, escorted me to the nearby Berri métro station, and I slunked off, still buzzed by the evening, hoping I could get to sleep. Meanwhile, he had to drive 75 km to his home in the sticks, which would take 1h15 – the exact same length of time as the show. It was 10:30 – he’d be there by midnight.
Here’s a post I saw on Facebook the following day:
“It’s quite incredible to travel through time… to fill venues with a crowd on fire … having released just one official album!!! Going on tour at 70 and making me feel 15 again – well, THANK YOU, NEVER MIND THE BOLLOCKS!”
Yes, Never Mind The Bollocks… Kurt Cobain’s fetish album… I see it as a big cleavage in Rock: nothing like it before, and nothing like it since. Even our sacrosanct, untouchable RAMONES… reminiscing once about their historic first show in England on July 4th 1976 , at London’s Roundhouse, had to lay down their arms, forced to admit “… and then there were The Sex Pistols”
Photos : Alan Lord & friends


Merci Alan pour ce joli témoignage d’une passion restée intacte malgré le temps. Toutefois je ne suis pas d’accord avec vous sur le premier Damned: je le trouve aussi percutant et marquant que Never Mind the Bollocks..sauf au niveau des paroles.