Les voyages de CloZee : un bon plan(e) pour l’été

CloZeeLa jeune beatmaker toulousaine CloZee a sorti au premier semestre un nouvel EP réussi, planant et inspiré à souhait, baptisé Harmony Ep. On le redécouvre avec bonheur l’été venu et trop heureux de pouvoir s’embarquer dans un tel voyage mi-trip hop, mi-électro new age, en si bonne compagnie (et à moindre coût). A 24 ans à peine, la jeune femme (Chloé de son prénom, d’où son nom de scène) a dû sortir quelque chose comme une petite dizaine d’Eps depuis son apparition sur les scènes du monde, de multiples remixes et tourne avec une renommée grandissante autour de la planète pour présenter son cocktail original de musiques électroniques nourries des 1001 sonorités « ethniques » croisées sur la route. Afro-machin chose ou asiatiques, hip-hop ou simplement chill-out, les genres embrassés par la jeune femme font de sa musique transgenre une sorte d’OVNI assez difficile à identifier mais qui présente, d’où qu’on le prenne, une belle efficacité, un soin extrême et globalement un charme imparable.

Secret Place n’est pas notre préféré et peut laisser penser qu’on a affaire ici à un épigone de Deep Forest et autres musiques de synthèse pour Nature & Découvertes et autres bars branchés. Il n’en est rien. Lonely Island est d’une volupté entêtante assez irrésistible, Black Panther l’un des plus beaux titres électro qu’on a entendu cette année et Drip une flèche incisive et tranchante. Cette musique a un pouvoir hypnotique insoupçonné, une capacité à faire décoller l’imaginaire et à retomber sur ses pattes malgré des aspects globalement assez lisses et bien pensants de sa présentation générale. A l’image de son auteur, la musique de CloZee respire le bonheur d’être libre, la joie d’aller et venir et d’entrer en contact avec la diversité (parfois rude) du monde moderne. Cette musique porte sur elle le fait d’être tournée vers l’autre, de se mettre à l’écoute des bruits du vent, de l’eau et des hommes qui dansent. En cela, son message est presque aussi politique qu’esthétique et plutôt bienvenu par les temps qui courent. CloZee est techno et bio à la fois.

On peut considérer ce genre avec dédain mais ne pas lui reconnaître des qualités d’élévation de l’âme (et de la température du corps en période estivale) serait une grave erreur. Il n’y a pas de mal à se faire du bien, comme on disait autrefois. Croiser la route de CloZee, sur scène, une plage, en club, risque de devenir un fantasme pour beaucoup d’amateurs de musique dans les années qui viennent. A chaque sortie, la communauté s’étend. On raconte que les adeptes se reproduisent à la vitesse d’une ecstasy au galop. Son tout récent remix du Two Suns de Tor (sorti le 3 juillet), et tiré du Blue Book du Canadien est une nouvelle preuve de son immense talent. Tor est évidemment un modèle du genre, downtempo craquant à souhait et héritier ethnique du vieux son de Bristol dont les motifs de recyclage n’ont jamais manqué depuis sa création. CloZee s’approprie le morceau avec tact et délicatesse, selon ses propres codes répétitifs et passionnants. A suivre jusqu’au bout du monde.

Crédit photo : Kris Krüg / Amplify Her.

Tor – Two Suns (CloZee Remix)

CloZee – Harmony

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