Meilyr Jones : le nouveau Morrissey « My Life Story » Wainwright…

Meilyr Jones  2013On en sait désormais un peu plus sur le premier album de l’ancien cheval de course , Meilyr Jones : 2013, c’est son nom, sortira le 26 février 2016 chez Moshi Moshi/ PIAS. Meilyr Jones, vous dites. Bah c’est qui ? Ce jeune chanteur gallois jouait jusqu’ici (enfin jusqu’en 2013) dans un groupe appelé Race Horses dont on avait croisé rapidement le premier album, Goodbye Falkenberg, une sorte de mélange entre du Pete Doherty solo et la luxuriance amicale (et assez inoffensive) de The Coral. Après un second album en 2012, les chevaux de course se sont dispersés laissant leur chanteur prêt au grand virage d’une carrière solo. Libéré, assumant (sic) ce qu’on pourrait qualifier de « part de féminité » à la façon du canadien Diamond Ring, Meilyr Jones est parti en Italie pour une orgie de culture antique, de poésie romantique (Byron), de visites d’églises, de musées. Sous l’influence du syndrome de Stendhal (qui fait tourner la tête, rappelons le), le jeune homme s’en est revenu toutournechamboulé sur son île où il a décidé de composer cette collection de chansons en forme d’anthologie personnelle et d’ode au songwriting arty.

D’amis en amis (il semble en avoir un paquet), il a réussi à assembler un simili-orchestre de 30 personnes pour donner corps et choeur à sa vision d’une musique élevant l’âme et le corps à des hauteurs rarement atteintes. Mi- My Life Story (vous vous souvenez ?) à lui tout seul, mi-pompier (pyromane) proto-uranien à la Rufus Wainwright, mi- Morrissey en sous-pull (mais sans la violence sourde, ni l’engagement social), le petit poète délivre avec ce programmatique How To Recognize A Work of Art un premier titre qui symbolise probablement assez bien l’album à venir. Culture, sophistication, attitude esthétisante, sensibilité à fleur de peau : tout ceci devrait se retrouver au programme des douze titres qui viennent et qui parleront d’amour, de Rome (Rain In Rome) et de Don Juan (sans « m », ce qui est soit une erreur soit une curiosité). Les premiers titres sont plutôt efficaces et bien troussés dans ce registre de la grande pop badine et un brin mélancolique. On pense à tous les précédents mais aussi à Belle And Sebastian (pour l’allégresse triste) et à Divine Comedy (pour l’entrain) sur le plan musical. Il faudra voir si, sur la durée, tout ceci n’est pas un peu agaçant ou too much et si cette afféterie peut vraiment produire une émotion durable et renouvelée. En attendant, Meilyr Jones intrigue et nous apporte, comme les chansons de son précédent groupe, un sourire à bon compte, ce qui n’est déjà pas si mal. Et puis on a tous besoin de sur-culture par les temps qui courent.

Ecrits aussi par Benjamin Berton

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