Not My Problem : le tube (de rupture) de Les Shirley

Les Shirley - Not my problemOn ne devra jamais se fatiguer des enjeux de genre, du féminisme, des discours sur les inégalités et l’irrespect des races ou des humains entre eux. On ne devra jamais se fatiguer de ces débats qu’on enfouit parfois sous le tapis au motif qu’on en “parlerait trop” ou qu’ils seraient justes à la mode. C’est pour cette raison et pour une seconde (le fait qu’elles fassent une excellente musique, accrocheuse, intelligente, pétillante et vivifiante) qu’il faut écouter Les Shirley, trio 100% féminin qui vient de Montréal et signe cette semaine l’un des titres les plus emballants de ce début d’année.

Les filles (Raphaëlle Chouinard, qui chante et joue de la guitare, Lisandre Bourdages, à la batterie et Sarah Dion à la basse) ont déjà signé deux albums et un EP qu’on a écoutés rétrospectivement et qui montrent de belles dispositions à l’engagement, au rock vigoureux et aux mélodies qui font mouche. Les textes sont souvent fins, parfois directs, mêlant un sens de l’insurrection et de la rébellion développé et des approches plus intimes. La musique est ramassée, incisive, rappelant quelques uns des groupes pour lesquels ils ont ouvert comme Weezer, ou Green Day, c’est-à-dire une forme de spontanéité punk, joueuse et qui a le mérite d’alléger par son dynamisme des enjeux sociaux ou culturels qui pourraient plomber de moins douées/doués qu’elles. Les Shirley signeront un troisième album Hail Mary à l’automne et nous envoient en guise d’ambassadeur cet excellent Not My Problem à double détente, colérique et fun à la fois. Le texte, salutaire, met en scène les adieux d’une (supposée) jeune femme en colère décidant enfin de se séparer d’un copain (on le suppose toujours) autocentré et qui ne pense qu’à lui. La chanson décharge le fardeau de la copine déversoir/faire-valoir qui est l’une des figures les plus connues (et tragiques) du féminisme contemporain.

Farewell, my friend
I can’t take it anymore
Moving on, so long
It’s been an awful ride
Farewell, my friend
No hard feelings in the end
But don’t call me anymore…
Adios
Not my problem anymore
Not my problem anymore
Not my problem anymore (x2)
Your feelings
(Not my problem)
Your parents
(Not my problem)
Your boyfriend
(Not my problem)
Walking on eggshells
Not my problem!!
Your ego
(Not my problem)
Your regrets
(Not my problem)
Your diet
(Not my problem)
Your shitty plans
Not my problem!!
Moving on, I’m kicking off
Been so long, I’ve had enough
Not my problem anymore
Ship has sailed, it’s only fair
Figure it out by yourself
Not my business anymore

Ce bon débarras monumental est réjouissant et explose après une quarantaine de secondes sur un va te faire foutre jubilatoire et libérateur. La sensation de lâcher prise est enthousiaste et contagieuse, donnant à l’auditeur une envie folle de faire pareil et de rompre les amarres. Le morceau est emballé en un peu plus de deux minutes, exemplaires et sans gras.

On renverra pour parfaire notre découverte du groupe à cette jolie session enregistrée il y a quatre ans et qui leur rend justice. Rien de révolutionnaire mais de l’ouvrage sacrément bien fait.

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