Playlist Couvre-Feu : 10 chansons pour ne plus mettre le nez dehors (après 21 heures)

Couvre-feu - 28 jours plus tard
Image extraite de 28 jours plus tard de Danny Boyle (capture d’écran)

Samedi, une vingtaine de millions de citoyens (selon l’État policier, un peu moins selon les organisateurs) seront assignés à résidence entre 21 heures et 6 heures du matin, dans les plus grandes agglomérations du pays, ou du moins les plus touchées par la seconde/deuxième vague de l’impitoyable Covid-19. Impossible d’assister à un concert RnB annulé, de voir une pièce de théâtre masquée avec Jacques Balutin, de siroter un calvados après une partouze dans un club échangiste LGBT (sauf à l’heure du goûter).

Les citadins pris en flag encourront une amende lunaire de 135 euros s’ils ne s’auto-délivrent pas une attestation new look les autorisant à s’autoriser à circuler pour une raison ou une autre. Quant à faire la bamboche chez soi, pas moyen de convier (enfants et animaux inclus), plus de 6 personnes, sauf s’il s’agit de votre propre progéniture. Il y aura bien la télé (qui elle et malheureusement n’est pas interdite), l’aspirateur à passer et…. les jeux de société. Si vous ne voulez pas vous retrouver bêtement à parler en famille (ce qui est toujours source d’ennuis et de disputes, et quand même un truc très XXème siècle), une seule solution : ECOUTER DE LA MUSIQUE. On vous a préparé une sélection thématique de quelques morceaux qu’il fait bon écouter entre chez soi et chez soi.

The Chameleons Home is Where The Heart Is (1985)

La meilleure manière de ne pas regretter l’extérieur, c’est d’être bien chez soi. Ce titre sublime de The Chameleons n’a rien de casanier. Il invite même plutôt à courir un monde diabolique et hanté par le mal et les dangers, en gardant à l’idée qu’une part de nous se dore la pilule au coin du feu. Vaut-il mieux risquer sa vie, défier l’ordre établi ou voyager et voguer par l’esprit ? La question est là.

The Specials Ghost Town

Oubliez le titre du même nom des Rolling Stones. Le vrai morceau sur le confinement, la désindustrialisation et les villes désertes est de 1981 et est signé par The Specials. A l’époque, c’était plus cool : il y avait au moins des émeutes dans les rues pour mettre de l’ambiance. La désolation oui, mais pas sans la révolution…

This town (town) is coming like a ghost town/ All the clubs have been closed down /
This place (town) is coming like a ghost town/  Bands won’t play no more /
Do you remember the good old days before the ghost town? / We danced and sang as the music played in any boomtown
This town (town) is coming like a ghost town

Cornershop Good to Be On the Road Back Home

Chacun de son côté, même amoureux, même amants, même tristes, c’est ce qu’évoque cette chanson de Cornershop. On se ment, on est là où ailleurs, mais il y a un tel bonheur à retourner chez soi, qu’on peut traverser la ville en apesanteur, et déjouer les contrôles. Qu’est-ce que vous voulez trouver la nuit ? Des amis, l’alcool, du divertissement ? A quoi bon ? Rentrer chez soi, c’est s’économiser des ennuis, faire le choix de la sécurité contre celui de l’aventure. Etre un vrai français. Le couvre-feu met la morale à la portée de tous. Préservez nous de la tentation.

The Declining Winter Home For Lost Souls (2015)

Les frères Adams ne sont jamais vraiment rentrés chez eux depuis 2014-2015. Avec The Declining Winter, c’est l’âme de Richard qui erre depuis des lustres entre une ville fantôme et un asile imaginaire. La vérité est ailleurs. On ne rentre jamais chez soi en un seul morceau. Il y a toujours une part perdue qui se balade quelque part.

Eternal Summers Safe At Home (2015)

On ne connaît pas beaucoup les Américains d’Eternal Summers mais ils ont quelques bons titres. Celui-ci est bon et évoque les secrets qu’on laisse à la maison, ceux qu’on cache et ceux qu’on abrite. Le couvre-feu est un piège. Il nous ramène à l’enfer d’être seuls.

Bracken Safe, safe, safe (2007)

Ce n’est pas avec ce genre de titre qu’on va s’éclater. Mais bon, la sécurité a un prix. Le prix de l’ennui au kilo est en chute libre.

Morrissey Home is A Question Mark (2017)

Si seulement un homme tout nu vous passait les jambes autour du coup, à chaque fois que vous rentriez chez vous avant 21 heures. Si seulement… Morrissey ne sort de chez lui après 21 heures que lorsqu’il donne un concert. Sinon, il reste à la maison et écoute de vieux disques. Comme nous.

Angelic Upstarts Police Oppression (1980)

Pas de playlist sans morceau des Upstarts. Est-ce que le couvre-feu s’applique aux policiers ?

The Stranglers Curfew (1978)

Classique de The Stranglers : temps de guerre. A la bataille comme à la bataille. Dans la chanson, les villes sont désertes, l’ennemi est là. Le gouvernement s’est sauvé. Le gouvernement s’est sauvé. On dit ça on ne dit rien.

Mike and The Mechanics Silent Running (1985)

Rassurez-vous, on n’a pas prévu de réévaluer l’oeuvre de Mike and The Mechanics. Mais bon, ce morceau est signé Mike Rutherford, l’ancien Genesis, et il n’est pas pire qu’un autre. La chanson parle d’un type qui a voyagé dans le temps et a vu tout ce qui allait nous arriver : le bordel, la crise, l’épidémie. Il se précipite chez lui pour annoncer la nouvelle à sa famille, les prévenir. On y est.

Gregory Isaacs – Curfew (1990)

Couvre-feu sur la danse ! Voilà de quoi on cause. Il faut arrêter ces bêtises de réjouissances, de bouger son corps, de s’ébrouer de désir. Le reggae est le genre qui a le plus souvent chanté l’état d’urgence. Gregory Isaacs est mort d’un cancer du poumon.

Red Rider Breaking Curfew (1984)

Dans toutes les sélections, il y a des titres de circonstance dont on se moque comme de notre dernier masque jetable. Red Rider en fait partie. Vive le Canada. Vive Tom Cochrane. On ne vous conseille pas d’écouter d’autres morceaux de Red Rider.

Bob Marley & The Wailers Curfew (Burnin’ and Lootin’) (1973)

This morning I woke up in a curfew
Oh God! I was a prisoner too, yeah
Could not recognize the faces standing over me
There were all dressed in uniforms of brutality, eh!
How many rivers do we have to cross
Before we can talk to the boss? Eh!

Il n’y a jamais personne à qui parler. Appelez moi le patron !

De la part de Bob.

The Smiths There Is A Light That Never Goes Out (1986)

Terminer sur une note d’espoir.

Take me out tonight
Where there’s music and there’s people
And they’re young and alive
Driving in your car
I never never want to go home
Because I haven’t got one
Anymore

Take me out tonight
Because I want to see people and I
Want to see life
Driving in your car
Oh, please don’t drop me home
Because it’s not my home, it’s their
Home, and I’m welcome no more

Ce sera pour après. Un jour. Lumière. Bruit. Musique. Il y a un autre monde. C’est certain. Il y a un autre monde. On suppose…

Notre sélection va bien au-delà comme vous pourrez le contacter via le player ci-dessous. The Auteurs, Matthieu Malon, Angèle, Juliette Gréco, Étienne Daho, Simple Minds… accompagneront aussi nos soirées confinées…

La playlist Couvre-Feu complète

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