Premier extrait du nouveau Morrissey : Steven, tu ne penses pas qu’on s’en rend compte ?

Morrissey - Bobby, Don't You Think They KnowPar delà la mobilisation anti-Macron et la saga du terroriste Carlos (Goshn), l’événement d’hier aura été sans nul doute la mise en ligne, d’abord en Australie, et puis à l’international, du premier extrait du nouvel album de Morrissey, I Am Not A Dog On A Chain, qui paraîtra, comme nous le disions il y a peu en mars 2020.

Le nouveau titre s’appelle Bobby, Don’t You Think They Know? comme prévu et accueille, au chant, la chanteuse soul septuagénaire Thelma Houston. La révélation de la plage est accompagnée par un visuel tiré d’une photographie d’il y a une bonne dizaine d’années et qui pourrait tenir lieu de couverture au nouvel album, le dernier dans le cadre du contrat qui lie Morrissey à BMG (et à son étiquette Etienne).

Si tout le monde est d’accord pour trouver l’illustration hideuse, datée et professionnellement indigne, le titre phare divise les fans. Pour la plupart, ce morceau est tout bonnement atroce. Sa durée est rédhibitoire, le morceau tutoyant les six minutes et manquant clairement d’un editing lucide. Le texte est médiocre et assez inintéressant :

Ice snow, spikes blow, bobby don’t you think they know?
Bobby don’t you think they know?
Aren’t you tired of pretending?
I know, your torture below
Aren’t you tired of pretending?
I know, your torture down below
Scag a shack, Mexican mud, little Jo in the snow
Bobby don’t you think they know?
Bobby don’t you think they know?
Aren’t you tired of pretending?
I know, your torture below
But, ah the pleasure you bring for us
Ah whenever you sing for us
Ah the pleasure you bring for us
Ah whenever you sing for us
Eighth track, A-bomb, white mosquito
Of course they know
You ain’t fooling nobody

On peut imaginer qu’il fait référence à Bobby Kennedy, sans en être sûr tout à fait. Par delà le texte, c’est évidemment la tournure musicale que prend cette affaire qui divise. La mélodie est inexistante, les arrangements pompiers et jazzy soul, jusqu’aux cuivres chantilly de la fin. D’aucuns saluent une orientation nouvelle et déterminante qui achève de faire de Morrissey un immense crooner. Nous pensons plutôt que la pièce est atroce et indigeste, marquée aussi par un affreux concours de puissance engagé par la soliste affectée au chœur. Thelma Houston est utilisée n’importe comment et enlaidit considérablement une pièce qui n’a rien pour elle et ne fait que reproduire des mélodies vocales et des tics musicaux déjà usés et usités dans d’autres titres.

Pour une entrée en matière, ce choix s’avère désastreux et augure mal de ce qui paraissait, sur le papier, l’un des disques les plus excitants (et craints) de l’année. Disons le, la musique de Morrissey ne ressemble plus à rien.

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