Viot décoche sa première flèche

Adrien ViotOn se demandait vraiment quand le premier album d’Adrien Viot pointerait le bout de son nez. Les premiers EPs du jeune parisien ont été remarqués ainsi que la cohérence de son univers fait de virées nocturnes, d’errances cinématographiques et de froissements de chair amoureuse. Avec Zombies, Venus Bar ou Mort à Vegas, AV, comme il s’appelait alors, réussissait plutôt habilement à importer dans un univers chanson française à la Daho/Darc des sonorités venues d’une Angleterre de fantasmes new wave, exigeants et un peu cold, élargis par une vision panoramique empruntée à la Nouvelle Vague du cinéma américain. Fan de The Cure, de Christophe mais aussi de hip-hop, Adrien Viot est le garçon (pop) moderne par excellence. Sa poésie est intelligente, sonne juste mais n’est jamais plombée par les pesanteurs désuètes qu’attrapent les jeunes paroliers qui veulent soigner leurs effets.

Avec ce nouveau morceau, Devenir un Indien, Adrien Viot envoie l’un de ses meilleurs morceaux en éclaireur du premier album enfin annoncé. Astana, l’album donc, sortira début avril (on y reviendra) et confirmera tout le bien qu’on pense de lui. En attendant, cet indien a le scalp joliment plumé. Le titre est addictif, chanté avec une désinvolture rafraîchissante et plutôt drôle si on l’écoute soigneusement. Le morceau confirme cette capacité, pas si fréquente chez nous, à concilier les impératifs d’une pop populaire et tournée vers le grand public (on imagine bien le titre passer en radio) et une exigence sonore et musicale venue d’ailleurs. Depuis le Venus Bar, la voix s’est étoffée, tout en gardant un côté laidback canaille qui sied à merveille à ce morceau d’apache. On ne sait pas encore tout à fait si et comment ce genre de musique peut être accueilli dans un pays où règnent en maître des Kenji Girac, Louane et autres Maître Gims, mais s’il y a eu jadis un espace pour un type comme Bashung, il est possible qu’Adrien Viot tire sa flèche (ou sa carte) du jeu.  Rendez-vous est pris pour ce qui pourrait être l’un des événements franchouilles de l’année.

Ecrits aussi par Benjamin Berton

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[BMG Records]

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