S’il n’y avait qu’un seul album en langue française à chérir cette année, ce serait sans doute celui de Marie-Flore. On y va pas avec le fa si la dos de la cuiller en affirmant cela tout de go, mais voilà les deux premières chansons extraites du disque à venir (dont la date de sortie tarde à être annoncée) sont deux éclaireuses admirablement ouvragées.
Après le précieux Quelques centimes, la chanteuse parisienne livra il y a trois mois Tout dit, single cinglant, uptempo, soldant le compte d’un amant un tantinet pusillanime.
Si comme promis, tu te raboules
Bagage à main, valise qui roule
On passe la douane et puis les fouilles
Pourvu qu’ils les retrouvent tes couilles
Chaque chanson qui déboule confirme que l’interprète de Mal Barré est une parolière agile, adepte – comme son ami MC Solaar avec lequel elle partagea récemment un duo – de prose combat, et l’une des plus fines plumes de la scène musicale francophone actuelle.
Alors que Venise illustre Quelques centimes, c’est à Taïwan que l’artiste et Ben Berzerker, son vidéaste, mirent en boite le clip de ce titre libérateur.
Son quatrième long format sortira incessamment sous peu. Il se pourrait que Fragile soit son titre. « Fragile, c’est un bon mot pour décrire l’année qui vient de passer. J’en ressors (je crois) avec le plus bel album que j’ai pu vous écrire », écrivait MF sous un récent post Instagram.
En mars, nous serons de celles et ceux qui rejoindront l’une des dates de sa prochaine tournée qui débutera le 03 à Amsterdam. Attention : Nantes, Lyon et Lille affichent complet.
Et ce n’est pas rien, je te l’accorde
Ces trois baisers sur le pas de ta porte
Valent mieux qu’un vol sur un Concorde, mais
La seule chose qui m’importe
c’est qu’en amour, comme à la morgue
La seule chose que l’on emporte
C’est ce qu’on se dit en quelque sorte
Alors je t’ai tout dit
Oui moi je t’ai tout dit
J’ai fait tapis
J’ai les jetons depuis
Toi tu fais la pluie, le beau temps
De ça, d’ailleurs oui parlons-en
Toi qui as tant de printemps
Sur le siège arrière plutôt que devant
Je ne vois même plus les premiers rangs
Je n’ai rien vu venir, visiblement
A quoi bon t’aimer, t’aimer autant,
Ça va déjà mieux en te l’écrivant,
Alors je t’ai tout dit
Oui moi je t’ai tout dit
J’ai fait tapis
J’ai les jetons depuis
Oui moi je t’ai tout dit
Oui moi je t’ai tout dit
J’ai fait tapis
Je t’aime comme pas permis
J’en garderai quelques séquelles
Si laides qu’elles en deviendront belles
Comme mes souvenirs de gosse qui reviennent
En bas des barres de mon HLM
Et sous mes yeux, j’ai bien des cernes
Et sous mes paupières qui se referment
Les quelques larmes qu’elles retiennent
M’attendrissent plus qu’elles ne te peinent
Alors je t’ai tout dit
Oui moi je t’ai tout dit
J’ai fait tapis
J’ai les jetons depuis
Si comme promis, tu te raboules
Bagage à main, valise qui roule
On passe la douane et puis les fouilles
Pourvu qu’ils les retrouvent tes couilles
Parce que je t’ai tout dit
Oui moi je t’ai tout dit
J’ai fait tapis
J’ai les jetons depuis
Oui moi je t’ai tout dit
Oui moi je t’ai tout dit
J’ai fait tapis
Je t’aime comme pas permis
La seule chose qui m’importe
c’est que j’ai fait rire mes deux trois potes
qui se demandent bien comment je supporte
qu’un je t’aime reste lettre morte
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