L’agenda Morrissey ou comment suivre la fin d’année du Moz sans rien oublier…

Morrissey - Low in High SchoolMorrissey est abonné aux buzz médiatiques. Lorsqu’il ne soutient pas le Brexit et ne tient pas des propos limites sur divers sujets sensibles, il annonce un nouvel album, publie une autobiographie ou est lui-même l’objet d’un biopic désavoué jusque dans les rangs de sa propre famille. Tout ça se mélange, amuse ou scandalise au gré des informations, des reprises, pour faire de l’ancien chanteur de The Smiths ce qu’il est : l’une des dernières grandes stars internationales venues du rock indépendant (et qui y sont restées) mais aussi le héros intime de plusieurs millions (?) de personnes disséminées sur toute la surface de la planète (dont quelques unes figurent dans nos rangs).

Morrissey fascine et Morrissey chante encore, c’est évidemment ce qui compte pour la plupart. La fin d’année 2017 devrait rappeler à tout le monde qu’il n’est pas qu’une source sans fin de memorabilia ou d’inspiration pour la jeunesse, même si le programme des commémorations repose pour la majeure partie des festivités sur la nostalgie. Pour ceux qui n’auraient pas tout suivi, voici ce que 2017 devrait nous proposer :

  • le 22 septembre : tout le monde s’en fout mais on célébrera dans le Mozdom le 30ème anniversaire de Strangeways, here we come : le dernier album du quatuor mancunien et pour quelques uns le plus classe et déprimant. A part quelques soirées pour cover bands, Strangeways est ignoré de tous et ne donnera lieu à rien de bien intéressant. Le vrai fan pourra, s’il le souhaite et sans en faire état, l’écouter comme il se doit solitaire et religieusement dans sa chambre tapissée de vieux posters.
  • Le 2 octobre : Morrissey jouera pour l’émission BBC6 Music Live, depuis les Studios Maida Vale de Londres. L’émission enregistre cette semaine là plusieurs artistes dont Mogwai, Alt-J et Robert Plant. L’émission est enregistrée avec un public et on imagine que ce sera l’occasion pour Morrissey de jouer un morceau de son nouvel album.
  • le 20 octobre : réédition Deluxe encoffrée de The Queen Is Dead avec des démos, un concert et un DVD probablement inutile où l’on retrouvera les sempiternelles vidéos de Derek Jarman.
  • Le 10 novembre : Morrissey a « booké » en grande pompe le Hollywood Bowl de Los Angeles pour une date unique et un concert où il est supposé interpréter une bonne partie des titres de son 11ème album solo. Face au succès de cette première date, un second concert a été positionné il y a peu pour le 11 novembre. Même endroit, même heure.
  • le 17 novembre : sortie internationale de Low In High School, le nouvel album, chez BMG. On ne connaît pas encore la tracklist de ce nouvel album si ce n’est qu’il a été enregistré en majeure partie à la Fabrique, dans le sud de la France, et un peu à Rome dans les studios Forum d’Ennio Morricone (qui a participé, semble-t-il, à quelques titres). Le producteur est à nouveau Joe Chiccarelli, lequel avait déjà travaillé avec Morrissey et son groupe sur le précédent album à la satisfaction générale, en plus d’avoir aidé Beck, Frank Zappa et quelques dizaines d’autres. L’actualité du moment repose sur la pochette de l’album diffusée (en toute discrétion) par l’amie de Morrissey, Linder Sterling, sur twitter. La pochette réalisée par Tony Molina représente le jeune Max Lopez, le fils du bassiste de Morrissey Mando Lopez, devant Buckingham avec une splendide pancarte AXE THE MONARCHY (Décapitez la monarchie, plus ou moins) et une… hache. La pochette aurait fait l’objet d’une alerte d’un distributeur important (desservant notamment les magasins HMV que Morrissey avait accusé de ne pas vendre ses disques correctement récemment) qui la jugerait offensante et aurait menacé de ne pas pouvoir vendre le disque. Plusieurs proches de l’artiste ont réagi dont son ami James Maker, proprement sur ordre, et histoire de porter le débat sur la place publique. C’est l’occasion pour toute la presse britannique, alors que Kate Middleton annonce sa troisième maternité, de rappeler la longue histoire des algarades entre Morrissey et la Couronne Britannique.
  • le 31 décembre 2017 : sortie en DVD du film England Is Mine retraçant les jeunes années de Morrissey avant les Smiths. Les précommandes sont lancées sur Amazon et ailleurs.

t-shirt MorrisseyOn a bien dû oublier deux ou trois trucs, sachant que le continent bruisse de ce grand retour de Morrissey. Le photographe Kevin Cummins en a profité pour lâcher quelques nouvelles photos inédites du chanteur tandis que les marchands du temple ont refait monter sa cote sur discogs, mais aussi sur Ebay et sa boutique officielle où des tas de nouveaux tee-shirts ont fait leur apparition. On oublie évidemment ici, tout ce qu’on ne connaît pas encore, à savoir, probablement, une stratégie de dévoilement progressive des morceaux de LIHS (l’acronyme avec lequel il faudra se familiariser si on fréquente le Mozdom régulièrement) par BMG. Premier clip ? Premier titre ? Cover art définitif, tracklist et autres joyeusetés. Quoi qu’on en pense, la période est excitante. Pas autant peut-être qu’aux alentours de 2002, date du premier véritable comeback du Moz, mais excitante tout de même avec au centre du jeu cet unique questionnement (si l’on considère qu’on n’attend pas grand chose de son groupe) : les textes de Morrissey vont-ils être à la hauteur ? On sait que Morrissey parlera du monde tel qu’il est (sa maison de disques a confirmé), de son chaos et de son délitement mais est-ce qu’il le fera avec finesse et intelligence comme jadis (First of The Gang to Die, English Heart Irish Blood) ou avec ses gros sabots (America is not the world, ses propos récents sur les attentats), le suspense est intact. Si le précédent album a été jugé plus que correct par la plupart, il ne manquait pas de titres mal fagotés et globalement passablement écrits comme World Peace Is None of Your Business, Earth is The Loneliest Planet ou le fan favorite et assez naze Istanbul. On suivra ça en direct depuis l’éternel et irremplaçable Morrissey solo.

England Is Mine Trailer – The Smiths Movie

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