Bjorn Berge / Heavy Gauge
[Blue Mood Records]

4 Note de l'auteur
4

Bjørn Berge - Heavy GaugeIl nous aura fallu attendre son treizième album pour découvrir le célébrissime bluesman et guitariste norvégien Bjorn Berge (le “o” est barré mais on ne sait pas le faire sur le clavier). Son nouvel album, Heavy Gauge, ne nous disait rien qui vaille sur sa pochette et son titre. Le gars (longs cheveux, chapeau de semi-cowboy) nous regarde d’un air menaçant installé dans un fauteuil de Maisons du Monde. L’ouverture, The Wrangler Man, nous a semblé vulgaire et sans grand intérêt, titre “profil haut”, rentre dedans et sans subtilité autre qu’un jeu de guitares sophistiqué à la 12 cordes et une voix abîmée par on ne sait quoi, mélange un peu foiré de Neil Young et de Nick Cave, de Tom Waits et d’Eddie Vedder. La suite heureusement est plus riante avec un très beau et presque bucolique A Matter of Time en plage 2 où le cowboy scandinave fait apprécier une fois encore sa technique et chantonne joliment.

Ses “nanana” sont un brin flippants et expriment une légèreté qu’on a un peu de mal à envisager chez un tel type, caverneux et bourru. L’album regroupe neuf titres assez variés (western, blues, country, FM) dont six (pas forcément les meilleurs) dans lesquels Berge se présente devant nous seul avec sa guitare et trois autres qui bénéficient de l’apport d’un groupe.

Bound To Ramble fait vaguement écho à Johnny Cash mais n’est jamais très loin de la sortie de route. Ce blues là nous semble à la fois très académique et manquer de la profondeur qu’affichent les plus grands. Difficile dès lors de savoir ce qui fait qu’on écoute Berge plus qu’un autre : c’est au mieux bien fait et assez générique, au pire badin et juste bon à accompagner un téléfilm américana où des types descendent de leur pick-up pour fumer une clope sans alcool avant d’aller retrouver un corps en forêt. I Got It Made est entraînant, sautillant mais sans intérêt majeur. Lorsque le groupe rejoint le guitariste, la structure change et vire au jazz. Rip Off est carrément le morceau le plus intéressant du lot, avec sa structure jazz/math rock endiablée et répétitive, ses réminiscences tziganes et son enthousiasme. La voix de Bjorn Berge ne le rend pas meilleur et on se demande si (ce qui n’est pas un compliment) on aurait pas aimé que le disque soit strictement composé d’instrumentaux. C’est être carrément vache de dire ça, même si Stray Dog est tout de même un affreux machin. “I take my coffee just black/ When i am sad/…/when i call/ She doesnt back/…/ I just cant live/ I dont know where i should go/ You make me feel so bad.”, chante Bjorn Berge.

On a l’impression de se retrouver avec le fameux album blues de Johnny Hallyday, ni plus ni moins. Et on sait très bien où on va aller quand on aura terminé. A l’écoute d’Alone Again, on a envie d’écouter le Alone Again Or de Love et c’est à peu près tout. Il y a probablement des qualités ici qu’on n’a pas su distinguer. Pas aujourd’hui et pas cette fois. Ça arrive.

Tracklist
01. The Wrangler Man
02. A Matter of Time
03. Bound To Ramble
04. I Got It Made
05. Rip Off
06. Straydog
07. Alone Again
08. Coliseum
09. Bottle Floats
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2 Comments

  1. says: Dorian Fernandes

    Astuce pour clavier azerty : ALT+155 pour le ø ! Moi aussi il m’arrive de l’oublier.

    En effet, n’est pas Leonard Cohen qui veut! Et puis le titre de l’album est tout en… finesse. C’est vrai aha, l’album aurait été mieux sans son chanteur. Certaines instru’ sont loin d’être honteuses. Et pourtant, en soi, le timbre de voix de Bjørn n’est pas mauvais non plus… c’est juste qu’il en fait tellement des caisses! Il surjoue. Quant aux paroles, on tombe dans la caricature totale du “lonesome cowboy”.

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