Black Marble / It’s Immaterial
[Ghostly International / Differ-Ant]

7.5 Note de l'auteur
7.5

Black Marble - It's Immaterial Un rien blasés par l’afflux de nouveautés dont on est bombardé à chaque rentrée et néanmoins mus par la soif de la nouveauté après le calme estival, on traverse d’abord frénétiquement et compulsivement It’s Immaterial, le nouvel album de Black Marble à la recherche d’un tube, d’un truc qui ferait lever le nez et arrêter de faire autre chose. En vain.

Le duo s’est réduit au seul Chris Stewart depuis que Ty Kube ne l’a pas suivi dans son déménagement d’Est en Ouest des Etats-Unis. Dans le même temps, Black Marble a quitté Hardly Art, la sous-division de Sub Pop, pour signer chez Ghostly International, plus connoté électronique. Mais rien n’y fait malgré ces changements : ce deuxième album ne compte pas plus de single évident que son prédécesseur, A Different Arrangement, publié en 2012. Alors comme cela ne nous avait pas empêché d’écouter ce premier album un sacré nombre de fois, on persévère malgré la touffeur de la canicule.

Et il ne faut pas cinquante mille écoutes supplémentaires pour que Black Marble séduise de nouveau. Il faut dire que Chris Stewart a opté pour un drôle de tracklisting, en commençant par les morceaux les plus sombres et fuyants. Tout change au-delà de la seconde partie du disque, avec l’entrainant Frisk dont la mélodie se révèle imparable assez rapidement. Le son reste cheap, mais quand même nettement moins cradingue que sur A Different Arrangement, dont la production évoquait sciemment l’esthétique de l’électro post-punk des années 70. Aujourd’hui, les compositions respirent, même si l’analogique est toujours de mise et que Chris Stewart, qui a tout écrit, interprété et enregistré seul, reste un adepte du home-studio. Les compositions se résument ainsi à des programmations synthétiques, marquées par une rythmique martiale, à une guitare ou une basse sur laquelle il ne doit pas égrener plus de 4 ou 5 accords, et sa voix trafiquée, plus parlée que chantée. Mais ça lui suffit pour trousser des chansons comme Portland U qui ressemblent à une version artisanale d’un vieux The Cure ou The Sisters Of Mercy. Dans son approche, on pourrait rapprocher Black Marble de Jessica 93. Mais là où notre guitar-hero national développe des sonorités abrasives, Chris Stewart préfère étouffer le tout dans un champ de coton.

Un disque à apprécier sur la durée.

Tracklist
01. Interdiction
02. Iron Lung
03. It’s Conditional
04. Woods 05. A Million Billion Stars
06. Missing Sibling
07. Frisk
08. Golden Heart
09. Self Guided Tours
10. Portland U
11. Collene
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