Cannibale bouffe du lion à la bolognaise

CannibaleGageons que les membres de Cannibale ne nous en voudront pas tant que ça de parler pour la première fois d’eux en faisant une référence foireuse à leur ancien nom de groupe : Bow Low, (pour Bolo-la sauce, un vrai complexe chez eux), même si leur passage chez Born Bad Records, marque pour eux une étape nouvelle et tout à fait réjouissante de leur parcours musical.  Cannibale, donc, fait sa rentrée et sort un album qu’on attendait un peu plus tôt dans l’année sur l’un des labels français les plus en vue et les plus hypes du pays. No Mercy for Love débarque cette semaine avec, en éclaireur, un premier clip (impeccable) et un premier morceau qui donne une bonne idée de ce qu’on va trouver sur le disque.

Cannibale est le groupe garage rock le plus exotique du marché, un groupe d’exception et exceptionnel dans le paysage français actuel capable de faire sautiller comme un équivalent ska antillais de UB40, une version modernisée post-math rock des Talking Heads, en escapade bas normande. C’est rock et bizarroïde, c’est joyeux et tendu à la fois. L’album qu’on a pu écouter il y a quelques mois succède à un dernier opus de Bow Low qui était une vraie réussite dans l’entre-genre. Cannibale pousse encore plus loin la composante dansante du groupe et sa dimension psyché-ultramarine. Le résultat est aussi surprenant qu’étrange, entraînant l’ensemble (par une atténuation de sa dimension rock justement) vers un nouveau point d’équilibre où le groupe se montre souvent à son avantage. Les amateurs de rock plus traditionnel seront déconcertés. No Mercy For Love (le single) foisonne d’idées et de trouvailles. C’est un morceau en mouvement permanent et qui rend parfaitement l’ultradynamique qui caractérise le groupe. Sur la durée, on frôle parfois l’effet « too much » mais sans que cela atténue la séduction intense du groupe. Les compositions sont solides mais éclatées, le jeu est maîtrisé mais dispersé. Le clip, magistral clin d’œil au cinéma de genre, renforce ce sentiment d’avoir à faire à un OVNI musical, instable et organiquement agité.

Ecrits aussi par Benjamin Berton

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