Daft Punk (1993 – 2021)

Daft Punk - EpilogueDaft Punk, le duo électro français le plus marquant des ces trente dernières années, grand ambassadeur de la French Touch, se saborde.

La paire casquée composée de Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo vient de faire cette annonce en publiant une vidéo très explicite et intitulé Épilogue.

Dans cette séquence de sept minutes extraite de Daft Punk’s Electroma, premier long métrage du groupe, on voit l’explosion de l’un de ces deux membres. Celle-ci signifie-t-elle que cette séparation a été voulue par un seul des deux hommes ?

Qui sait, peut-être qu’un jour les deux musiciens raconteront ce qui les a poussé à abandonner un jour de février 2021 leur belle machine à faire danser.

En 28 années de carrière, Daft Punk aura sorti quatre longs formats : Homework (1997), Discovery (2001), Human After All (2005) et Random Access Memories (2013). Ce fut peu mais grandement suffisant pour conquérir le monde.

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1 Comment

  • C’est du Daft tout craché ce genre d’annonce. De ce message, il émane un certain mépris égocentrique doublé d’un je-men-foutiste typique des pionniers de la French Touch. Ils adorent se faire désirer. Ce n’est pas une critique : je n’ai jamais vu des artistes aussi bon dans le marketing du compte-goutte, avec toujours cette volonté un poil pédante de se fondre dans l’aura de certains génies mégalos comme Kubrick (avec “2001 : L’Odyssée de l’Espace”) ou De Palma (l’idée des casques provient de “Phantom of the Paradise”). Ce n’est pas pour rien d’ailleurs s’ils s’entendent si bien avec Gaspar Noé, connaissant l’énorme boulard du bonhomme (Bangalter a habillé “Irréversible” et “Climax” de superbes pistes).

    Mais leur lenteur frôle l’indolence et la paresse intellectuelle, particulièrement audible dans leur dernier album – que je considère injustement surestimé, contrairement aux autres. C’est “so 2013” (et donc tellement de notre époque) de s’émerveiller pour “Random Access Memory” sans aller creuser plus loin dans les anciens albums, EP et remix : là où réside le véritable génie des Punk. Il n’empêche que ce manque de productivité est incompréhensible pour des machines qui se veulent légendaires. L’annonce, elle, montre une misanthropie et un snobisme qui n’appartiennent qu’à Bangalter et de Homem-Christo : ils ont sans doute arrêté car ils haïssent notre époque (et on peut les comprendre), mais aussi sûrement… leur public qu’ils ne comprennent plus ! Le pied pour des machines adorées, et se présentant de surcroît comme emplies de bienveillance envers l’humanité! J’adore les Daft : leur apport avec cette musique nu funk filtrée sur la scène française est incroyable ; mais c’est ce simulacre, cette posture incompris du grand public qui m’énervent un peu. De même que ce génie insuffisamment déployé selon moi, et uniquement pour des motifs aristocratiques de flegmatisme et de pondération.

    En se foulant un peu plus, le monde aurait pu comprendre qu’ils avaient l’envergure de dieux. Cela vaut aussi pour la clique des I:Cube, Point G (aka DJ Gregory), Air, Cassius, DJ Falcon, Sven Løve, Alan Braxe, Demon, Dimitri From Paris, SebastiAn, Alex Gopher, Kavinsky et consort, bref, tous ceux qui gravitaient autour. À l’exception que ces-derniers laisseront une empreinte de la taille de quelques (gros) tubes seulement. Nos “frenchies” n’ont jamais su se vendre à l’international et devenir de vrais phénomènes, car le succès (comme le dit explicitement en entretiens Quentin Dupieux aka Mr. Oizo , autre membre de la confrérie), “trop peu pour eux” : cela en est presque sale. Ce dandysme un poil méprisant aura raison d’eux un jour. C’est pourquoi cela ne m’étonnerait pas que les Daft se réveillent un jour, après la crise métaphysique de la cinquantaine, pour se reformer et produire cette fois en masse (un peu comme des Terrence Malick de l’électro se réveillant en retard et prêts à rattraper le temps perdu). Ce qui viendrait entraver un peu ce scénario si bien ficelé “1993-2021”!

    On s’en rend compte quand on re-écoute leur meilleurs travaux, tels “Discovery”, leurs productions solo (pour Kanye West, The Weeknd, Sébastien Tellier, etc.), ou même la très bonne B.O. de “Tron : L’Héritage”. Ils auraient pu faire tellement mieux, et plus. J’avais cru entendre qu’ils allaient signer la bande-son du prochain Dario Argento, mais ils semblent qu’ils aient coupé-court froidement à ces bruits de couloir… Dommage, c’était taillé pour eux. Ces ambivalences sécheresse / bonhommie et humanité / mépris me laissent perplexe. Vous me direz : ça concourt au mystère. Les deux robots ont des attributs on ne peut plus humains finalement. Mais les Kraftwerk, bien que tout aussi discrets et mystérieux, me paraissaient bien plus sincères et aimables dans leur modestie.

    Dieu sait à quel point j’aime malgré tout nos deux androïdes : c’est pour cela que je leur adresse ces tendres griefs. J’espère juste que ce n’est pas un simple effet d’annonce prise à la hâte, et qui fera “pshit” dans 5 ans. Je pense que leur extrème lenteur cache plus une certaine fainéantise que le perfectionnisme qu’ils tentent d’arborer. Leur travail a suffit à conquérir le monde, certes, mais c’est d’autant plus dommage qu’ils auraient pu conquérir l’univers. En même temps, si c’est pour passer la seconde, ou que Bangalter (le véritable cerveau du duo) refonde le groupe Stardust (qui n’a composé qu’un titre… le brillant “Music Sounds Better With You”) : c’est peut-être un mal pour un bien me direz vous. Rendez-vous donc avec l’avenir!

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