Dodgy fête les 25 ans de Homegrown et de la britpop

Dodgy - HomegrownCeux qui pensaient s’être définitivement débarrassés de la britpop après son vingtième anniversaire (2014-2015) en seront pour leurs frais. Si les ténors, Oasis, Blur et Pulp (pour ne citer que les principaux) ont du plomb dans l’aile, ont définitivement disparu ou ne sont plus que de lointains (et souvent brillants) souvenirs, les seconds couteaux du mouvement qui sauva l’Angleterre rock de l’offensive américaine, continuent de lutter pour leur survie et la réhabilitation de leur mémoire. Comme de ce côté-ci de la Manche avec nos Stars 80 et 90, l’Angleterre a ces festivals spécialisés (Guilford notamment, le Green Man Festival) où l’on croise de vieilles gloires reformées, en plus ou moins bonne forme, des albums à vendre ou à enregistrer sur les sites de financement participatifs qui sont signés My Life Story, Salad et quelques autres.

Le retour du mois de février est signé Dodgy, l’un des dossiers les plus joyeusement épineux de la période. Réapparu (ça nous avait échappé) en 2012 pour un cinquième et un sixième album studio, le groupe londonien n’avait plus rien enregistré depuis 2001 et s’offre ces temps-ci une magnifique tournée du pays pour fêter le 25ème anniversaire de son album le plus connu, Homegrown, sorti en 1994. La tournée d’une grosse douzaine de dates passe par les quatre coins du royaume et se terminera en mars au Sheperds Bush Empire à Londres. Histoire d’ajouter du piment à l’affaire, le groupe de Nigel Clark (le chanteur originel réintégré depuis) embarque dans ses bagages pour une première partie riche en nostalgie l’ami Babybird, qui, contemporain mais toujours vert, en profitera pour pousser la chansonnette.

Pour ceux qui ne se souviennent plus de Dodgy, le plus power pop des groupes brit pop de l’époque, le plus léger et le plus joyeux aussi, on se repassera avec bonheur l’un de leurs meilleurs singles Staying Out For The Summer. Ce beau morceau générationnel est encore très pertinent aujourd’hui. La voix est remarquable, le groove irrésistible et l’appel à la liberté plus d’actualité que jamais.

I’m staying out for the summer
Playing games in the rain
The hills and the fortune
Got me fooled again

You see I work in a factory (I need the money)
I don’t want to be late (Though I hate this place)
I got my debts to pay for (Free me from this race)
They’re going to have to wait

Il ne faut pas se laisser abuser par le caractère enlevé et primesautier du clip. Dodgy, contrairement à ce qu’on a cru ici, était également l’un des groupes les plus politisés du mouvement, intervenant à maintes reprises en soutien de la classe ouvrière ou de causes « gauchisantes ». Peut-être est-il temps, 25 ans après, de rejeter une oreille attentive à ces morceaux qui, avec leurs désirs de quitter l’usine et de sortir de l’exploitation, ne racontaient pas que des conneries. En 2019, les moyens d’expression ont évolué, les genres musicaux aussi, mais il n’est pas impossible qu’on en soit resté au même point. Pour les amateurs, tous les détails sont ici. On ne résiste pas, même si la vidéo (unique vestige de ces temps là disponible en ligne) est d’une qualité exécrable, à conclure en revoyant notre chanson préférée de l’époque, l’acoustique (et très Oasis-like) What I Have Done Wrong?, interprétée à Glastonbury en 1995.

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