La carrière de The Twilight Sad a toujours été plus ou moins liée, dans notre esprit, musicalement ou directement à travers des premières parties ou encore récemment à un “featuring guitare” (sur leur dernier single Waiting For The Phone Call) à celle de Robert Smith et de The Cure. Les deux groupes partagent la même illusion “gothique”, un amour des guitares qui s’épanchent et émeuvent, ainsi qu’une sensibilité, une noirceur et une mélancolie qui s’adressent ainsi à un public homogène. Les Écossais ont signé leur premier disque en 2007 et n’avaient surtout plus sorti d’albums depuis 2019 et le très bon It Wont Be Like This All The Time, déjà porté par le label bien connu Rock Action.
Le groupe avait annoncé son retour aux affaires à l’automne dernier avec un premier single parrainé par l’ami Robert Smith et a récemment dévoilé quelques éléments supplémentaires au sujet de It’s A Long Goodbye (c’est son titre) qui sortira fin mars. Le chanteur James Graham a confirmé que le cheminement jusqu’à ce nouveau disque avait été compliqué, heurté et marqué par des crises internes et par des drames personnels (la mort de sa mère, des “affections” mentales en série au moins), ce qui donne une portée intime et tout à fait particulière à l’album. Le groupe qui usait jusqu’ici d’images et d’allégories, a revu sa grammaire pour des approches plus concrètes et proches de… l’homme. The Twilight Sad conserve néanmoins avant toute chose sa vitalité et sa capacité à exprimer des crescendos émotionnels, des points de tension à travers une musique sonique, progressive et sensible. Ce travail est et reste porté principalement par l’alter ego de Graham, Andy MacFarlane, guitariste et architecte en chef des envolées du groupe.
On croisera aussi parmi les musiciens engagés dans le process, à la production ou à l’instrumentation des collègues de groupes ou de teams prestigieux comme Mogwai, My Bloody Valentine ou encore Slowdive. L’ADN des Écossais reste très présent et inchangé, mélange de sensibilité à fleur de peau, de détresse et d’une expression franche et électrique de la souffrance. Les paroles du nouveau morceau, Designed To Love, sont une excellente illustration de leur univers sombre et déchiré :
Are we designed to lose, I can’t believe you made me choose
I asked, ‘what am I to you’?
Tried to reason, but you refuse, my feelings just seem to abuse
I asked, ‘what am I to you?’
Now we’re playing dead in my head
Are we playing dead in my head?
Are we playing dead in my head
I can’t teach you how to love
No, I won’t teach you how to love
No, I can’t teach you how to love me
L’alliance du chant, des guitares et d’une rythmique affolée reste chez eux d’une grande et belle efficacité, augmentée et prolongée désormais de nouvelles et malheureuses fêlures. Le groupe accompagnera son sixième album en tournée avec une date française prévue le 27 avril au Trabendo à Paris, précédé et suivi d’un parcours robuste sur le continent européen. Il ne serait pas étonnant, Robert Smith ayant prévu que The Cure se remette en marche par delà les festivals déjà annoncés, qu’on ne retrouve pas Graham et les siens dans leur sillage ici ou là dans un futur proche.

