Hurray for the Riff Raff : l’album qui va changer la donne (féminine) ?

Hurray for the Riff Raff - Life On EarthL’album de Hurray for the Riff Raff n’est pas encore arrivé dans/à nos oreilles. Il sort le 18 février. Mais il n’est pas impossible qu’il impose (au 8ème essai… autant dire que ce serait inespéré) Alynda Segarra en légitime héritière des pionnières rock féminin des années 90 et 2000.

Sur ce huitième album, le premier après une disette de plus de cinq ans, Segarra semble avoir trouvé un nouvel équilibre entre le féminisme, la tradition blues rock US, les riot girls et une certaine énergie pop. Life on Earth (qui était aussi le titre d’un album de Niko, en 2004… ce qui est un peu malencontreux) est un disque féminin, décalé, et poétique, un album enflammé, engagé et en même temps hanté par un soin esthétique qui impressionne sur les premiers titres révélés au public qu’il s’agisse du doux Jupiter’s Dance, du plus dynamique Rhododendron ou encore du beau Pierced Arrows. Les textes sont magnifiques et les compositions affûtées et bâties pour affronter fièrement le mainstream. On pense à une version moins âpre de Waxahatchee (avec laquelle Hurray for the Riff Raff partage désormais le même producteur). Les chansons de Segarra sonnent comme une réclamation d’authenticité, de justice et de pureté. La chanteuse a qualifié son disque de « nature punk » ou « nature rock » pour désigner cette aspiration à une sorte de retour aux sources qui s’applique à la fois au fond et à la forme. On pense à Liz Phair, mais aussi à des échos de folk, au Velvet et à tant d’autres, comme si la jeune femme avait planté ses racines dans un livre d’histoire du rock.

Le soin porté aux clips, fabuleux, ajoute au charme d’un ensemble qui est à la fois signifiant et d’une belle fraîcheur après une carrière qui est aussi loin de ses débuts. On reviendra sûrement sur le disque en temps et en heure, mais il se pourrait que la jeune femme gagne enfin une reconnaissance méritée en tant que valeur sûre du rock conscient féminin aux Etats-Unis. Entre New York (elle vient du Bronx) et la Nouvelle Orléans où elle vit depuis longtemps maintenant, Hurray a une portée fédératrice dans un rock américain qui tourne trop souvent en rond.

Hurray for the Riff Raff – Rhododendron

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