King Creosote revient (mais il n’était jamais parti !)

King CreosoteKenny Anderson a opté pour un patronyme qui incite la plupart des disquaires à vous orienter vers le rayon reggae quand vous demandez où sont rangées ses productions. Et de surcroît, il opte souvent pour une imagerie qui pourrait coller à des rééditions de “musiques du monde” (que ce terme générique est détestable pour désigner toutes ces arts musicaux qui puisent leurs racines ailleurs que dans le monde anglo-saxon).

Et pourtant, la musique de King Creosote est bien loin de tout cela. L’Écossais est un boulimique de pop-music, reconnu par ses pairs et qui a collaboré déjà tant avec Jon Hopkins (le génial Diamond Mine – 2011) que James Yorkston ou Malcom Middleton. A la tête de la structure artisanale Fence, à la fois collectif d’artistes et label, il ne cesse de produire depuis 18 ans déjà, complètement à la marge des codes en vigueur dans le petit monde de la production discographique. On s’amuse d’ailleurs à constater que le nouveau single, sous forme de joli disque vinyle 7″ qu’il publiera le 27 novembre, soit annoncé comme “ses premières chansons depuis 2016” …  Pourtant, le bonhomme a réalisé pas moins d’une cinquantaine d’albums (!!) dont une petite poignée parue ces cinq dernières années. Mais oui effectivement, Susie Mullen et Walter de la Nightmare sont ses premières chansons pour le compte du tout puissant label depuis son album Astronaut Meets Appleman qui lui avait permis sporadiquement de bénéficier d’une meilleure visibilité.

Ces deux nouvelles chansons dévoilent de nouveau toute l’étendue du registre de King Creosote qui souvent préfère démultiplier que choisir – au risque parfois de perdre l’auditeur en route. Ainsi donc, Walter de la Nightmare est une ballade bâtie autour d’un jeu de mots foireux empruntés au poète Walter De La Mare qui sonne bien à ses oreilles pour un résultat qui ressemble aux péripéties de son pote Badly Drawn Boy (avec qui il a déjà évidemment collaboré et partage son goût pour les bonnets). On n’est pas loin non plus des ambiances qu’affectionnent Dale Grundle (The Catchers / The Sleeping Years). Le pedigree de l’autre face, propulsée par un binôme batterie punky et farfisa endiablé, est quant à lui plus difficile à identifier puisque l’auteur lui-même évoque une comptine arabe provenant d’un jouet en forme de chameau…

Décidément les Écossais n’en finiront jamais de nous émerveiller pour convertir leurs délires en poésie musicale.

Crédit photo : Calum Gordon.

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