Malcolm Middleton fait tourner les guitares sur le nouveau Human Don’t Be Angry

Malcolm Middleton - Human Don't Be angry Guitar VariationsDifficile de rendre complètement glamour la sortie du nouvel album des Human Don’t Be Angry de Malcolm Middleton. La musique que produit l’Écossais est un plaisir de gourmets qui se situe aux antipodes, disons, de la chanson All Stars tirée du film Charlie’s Angels dont on parlait il y a peu. Plus les années passent, et plus la moitié à cordes d’Arab Strap a appris à alléger son propos, à soustraire les notes des partitions pour suggérer, entourer, envelopper plutôt que démontrer, enserrer et enfermer. La musique de Middleton, en solo, à l’image de son dernier album Bananas, est encore habitée par une certaine idée conservatrice et traditionnelle de ce qu’est une chanson pop qui disparaît, lorsque le guitariste endosse son costume de HDBA, pour une musique d’ambiance, en touché et en ellipses.

Electric Blue, le précédent album de cet alias, de modestie et de discrétion, frôlait une perfection invisible qui est, de nouveau, l’objet d’une quête pointilliste et effrénée tout au long des titres de Guitar Variations. L’album porte assez bien son titre. On y entend une guitare parler et chanter au creux de l’oreille pour l’une des premières fois. La sensation est enivrante, un brin vaporeuse. Malcolm Middleton a lui-même déclaré que certains titres pouvaient agir comme une sorte de « yoga du cerveau ». On n’en est pas loin, tant l’album diffuse, tout du long, au prix de longs aplats downtempo, une sourde langueur, teintée de mélancolie et de bienveillance. Middleton, le dépressif chronique, y apparaît avec bonheur environné de chaleur humaine et d’une délicieuse nostalgie. Guitar Variations se passe presque de mots pour chercher la note bleue sur les deux titres qu’a révélé ces jours-ci le chanteur, Come On Over To My Place et You’ll Find the Right Note. HDBA fait l’éloge d’une simplicité tranquille, d’une modestie de bord de mer ou de fin d’époque, qui rappelle les ambiances feutrées et désolées, mais vigoureuses, de Viva Hate de Morrissey. La référence est osée, un peu à contre-temps, mais il y a ici ou là une certaine idée d’une Angleterre qui vogue vers son ailleurs qui prévaut. L’album est en précommande sur le Bandcamp de l’intéressé. Il s’avèrera utile pour affronter l’automne.

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