Klub des Loosers : Fuzati en mode Champion du monde

Klub des Loosers - ChampionLa nouvelle bruissait en coulisses depuis plusieurs mois : on est tout tout proche du retour du Klub des Loosers dans les bacs et on a même, depuis ce matin, un single à se mettre sous la dent. En tennis et survêtement, en direct du stade Charléty, l’athlétique et musculeux chanteur et seul maître à bord Fuzati a lâché le premier extrait de son nouvel album, Vanité, qui sortira le 24 avril 2020 et il ne déçoit pas. La foulée est ample, le flow respire la santé et le beat amène. Les Loosers d’aujourd’hui seront les gagnants de demain, pertinents comme jamais et vifs comme le vent. Fuzati n’a pas besoin de survêt pour franchir les obstacles.

Sur un instru assez minimaliste et qui passerait presque inaperçu par rapport aux oeuvres précédentes du Klub, le rappeur se met en mode Pinçon-Charlot (les sociologues) pour dénoncer les faux-semblants d’une époque où le capitalisme aux dents blanches se pince de culture sportswear pour prêcher l’éthique de la compétition à outrance et du concours de bites. Fuzati se moque des micro-macron-leaders de notre temps et envoie quelques punchlines bien calibrées pour désosser la supercherie, avant d’enfoncer le clou à visage découvert sur un dernier couplet assassin ciblant explicitement les mécanismes de reproduction sociale de la bourgeoisie.

Les mêmes gens sur les mêmes bancs des mêmes écoles/ Les dirigeants vers que des postes de dirigeants pour tous les autres sont irritants/ Il y a le mythe des méritants et puis tous les types héritant /

Depuis l’enfance c’est évident qu’ils ne seront jamais hésitants… Les fils de se ressemblent, les fils de se rassemblent Fils de, fils de, fils de, fils de…

Lui qui (sauf changement) n’a jamais quitté le monde de l’entreprise depuis qu’il officie sous son masque de redresseur de torts et auquel on a longtemps reproché de venir de Versailles est sans doute particulièrement concerné par ce phénomène. L’écriture est solide même si parfois les rimes entrent au chausse-pied dans le vers ou accusent quelques faiblesses (” La vie te baise fais résistance ou sinon danse sur pénis dense“, pas irréprochable). Ce Champion n’en reste pas moins un titre détonnant et au message salvateur. On se demande comment on a pu vivre dans ce beau pays sans entendre cette voix pendant de si longues années.

Ecrits aussi par Benjamin Berton

Klub des Loosers / Vanité
[Ombrage Editions]

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