Le Mamøøth écrase les tripes : le clip du mois venu du Finistère

Le MamoothLa musique est un plaisir fondamentalement régressif : la pop permet de retrouver les premiers instants merveilleux où enfant on découvrait les sons. Le punk, ceux assez jouissifs où on cassait ses jouets en les jetant à la gueule de ses parents ou de ses frères et soeurs. Avec le groupe Le Mamøøth (appelé ainsi en hommage à l’enseigne d’hypermarchés disparue et qui s’écrit normalement avec des O barrés à la suédoise/finnoise qu’on ne sait pas faire avec notre clavier ???), la notion de régression prend tout son sens au travers du clip français le plus débile, cool et funky qu’on a vu depuis un bail.

La musique appartient de manière simplifiée à la tendance néo-surf ou surf punk incarnée par  (feu) Jay Reatard, Ty Segall ou encore nos chouchous de Wavves… sauf qu’ici on ne surfe pas sur les plages ensoleillées de Los Angeles mais quelque part dans le Finistère, puisque le clip a été tourné à proximité de Brest. Pour le reste, on vous laisse regarder et vous marrer tout seul. Les guitares s’époumonent et les choeurs ululent sous les larsens avec leurs lunettes de soleil.  Filmé en vidéo 8, le clip de Bad Summer Trip est une petite merveille lo-tec, sans moyens mais avec un peu d’imagination, qui convoque des souvenirs de nanars de la Troma, de films d’horreur de série Z mais aussi pas mal de clichés de films de monstres japonais. Ok, c’est cheap. Ok, c’est naze. Ok, ça ressemble à un plan de copains fauchés. Mais on peut aussi y voir un joli coup d’audace et de liberté qui doit rester l’apanage de ce genre de musique. La musique est une affaire d’adolescents, de gens qui réinventent le monde avec trois bouts de ficelle et une promesse de plaisir. Le titre dont il est question ici est aussi celui du deuxième EP du groupe qu’on peut retrouver en écoute intégrale via leur Bandcamp et qui devrait, si on a bien compris, sortir aussi en K7, le nouveau format des désespérés. Le groupe originaire du Finistère est aussi graphiquement bien entouré avec des contributions sur les visuels d’Antoine Marchalot (les Requins Marteaux) et pour leur logo de Winschluss. Un premier album devrait suivre d’ici la fin d’année.

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