Roulette Memory #34 : Le Greatest Hits de Babybird

Babybird - The Greatest HitsAvec sa productivité et la place qu’il occupe dans les rayons, il fallait bien qu’un jour on tombe ou retombe sur Babybird. Sous de multiples étiquettes et alias, Trucker, Black Reindeer, Stephen Jones, l’homme est partout et se décline dans des dizaines de formats différents et qui pourrissent le bel ordonnancement de la collection. Sous ses airs pop, l’homme est un vandale. The Greatest Hits entend revenir là où tu as commencé. Nous sommes en 1997. Babybird a sorti l’année qui précède son premier album hi-fi, Ugly Beautiful (celui qui accueille You’re Gorgeous, la chanson qui sonne le glas de ses ambitions d’auteur indé et dont il traînera le succès comme un boulet jusqu’à aujourd’hui), mais également mis fin à sa série d’albums lo-fi avec les sorties successives de The Happiest Man Alive et Dying Happy. Avec l’intention de refermer cet âge lo-fi tout en permettant aux nouveaux fans de se faire une meilleure idée de son talent (mais aussi avec l’intention de… conquérir l’Amérique), Jones fait voter le public pour sélectionner dans son œuvre originelle (les 5 premiers albums) les titres qu’ils veulent voir réunis dans une compilation Greatest Hits. Évidemment, de hits, il n’y a pas ici et surtout pas celui dont on cause partout.

Le résultat est un double album impeccable, d’une vingtaine de morceaux, augmentée de quelques unités dans l’édition américaine, qui regroupe la plupart des immenses chansons qui figuraient dans ces joyaux des années 90. S’il fallait embarquer un seul album pour un long voyage, il n’est exclu qu’on prenne celui-ci. Il y a tout chez Babybird : de la pop bien sûr, pure ou interlope, des collages, du jazz, des chansons d’amour et des machins qui n’ont pas de nom. Les textes sont splendides, ambigus et inépuisables de richesse. Les mélodies sont remarquables et l’ensemble est d’une cohérence qui touche au génie s’agissant d’un best of assemblé à la volée. Il y a bien une trentaine d’autres morceaux qu’on aurait ajoutés au casting mais retrouver le génial Alison (le nom de sa copine, restée épouse jusqu’à aujourd’hui), les poétiques et déchirants I Was Never Here, Not About A Girl, In The Morning, les bouillants Hong Kong Blues, Kiss Your Country ou l’incroyable Bad Blood, même avec 25 ans de distance procure la même sensation que lorsqu’on les entonnait à l’époque, tout content d’avoir mis la main sur ses albums sortis en petite série et qui circulaient jusqu’à nous par on ne sait quel prodige.

C’est grâce à cet ensemble de disques que Babybird est devenu notre héros à jamais et peut-être (malgré les évidences et la concurrence de tous les autres) celui qu’on réécoute le plus souvent et qui nous est le plus cher, avec ses qualités et ses défauts.

Ecrits aussi par Benjamin Berton

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