Surprise de fin d’année : Steeple Remove fait un retour gagnant

Steeple Remove - Vonal AxisSteeple Remove fait partie de ces groupes précieux qu’on a tendance à oublier entre chaque livraison et qui, lorsqu’ils reviennent, généralement tous les quatre à six ans, avec un nouvel album, se rappellent à notre souvenir dans toute leur évidente excellence. Groupe marquant ou juste groupe de talent, les quatre Caennais qui fonctionnent maintenant en bande depuis vingt ans sont… de retour. L’album est sorti fin novembre sur le label Fuzz Club Records, en toute discrétion, et s’appuie sur un premier single, Ferris Noir, au titre assez sibyllin, pour nous donner un aperçu, tout à fait convaincant, de sa puissance de feu et de son énergie.

Arno Van Colen, Walter Thomas, Mana Audisio et David B. y délivrent un impressionnant déluge post-punk, mâtiné de dub, qui n’est pas sans rappeler le croisement fatal de Wire et de Jesus and Mary Chain. L’album, Vonal Axis, est d’ailleurs placé sous le signe de l’électricité et de l’expérimentation sur les sons avec une musique variée allant du drone à la pop quasi-psychédélique en passant par des accents 70s au Moog que le groupe affectionne depuis de nombreuses années. Il semble que Vonal Axis rassemble en fait plusieurs morceaux composés au fil du temps par le groupe et qui ont échappé à Radio Silence, Electric Suite et Position Normal. Les titres qui composent ce nouvel album, le cinquième en date, sont donc un peu plus audacieux et expérimentaux encore que ce que font les Caennais habituellement. Ceux qui les connaissent  savent ainsi qu’on évolue ici en terre inconnue et avec une liberté réjouissante où les guitares peuvent s’ébrouer en paix dans un cadre lâche et libéré de toute structure de référence, proche de Can ou des travaux les plus avancés de Colin Newman, sans céder pour autant sur l’accessibilité.

Ferris Noir est, à cet égard, une excellente illustration du talent des quatre musiciens : une chanson complexe et à la structure fragmentée mais qui finalement renvoie une impression de classicisme noir qui en impose. Le talent du groupe, sur ses meilleures livraisons, tient d’ailleurs dans cette capacité à faire passer ce qui relève d’une dynamique expérimentale pour un travail de pro, cette énergie primitive et parfois sauvage en une livraison puissante et parfaitement canalisée. La fin d’année ne nous laisse pas forcément le temps de consacrer toute la place qu’on aurait voulu à dire du bien de ces français bien trop discrets mais se procurer le LP pour le mettre sous le sapin n’est pas la plus grosse connerie que vous feriez….

Ecrits aussi par Benjamin Berton

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