Sur la route de Xylaroo : la cosmopop dans toute sa splendeur

XylarooCe sont deux soeurs, Coco et Holly Chant (ça ne s’invente pas). Elles vivent à Londres, ont fait des études supérieures (psychologie et anthropologie), ont été trimballées dans leur jeunesse entre l’Europe et l’Asie et ont des attaches familiales et des origines proches de la Papouasie Nouvelle Guinée. Autant dire que le duo qui compose le groupe Xylaroo ferait fureur dans une pub Benetton ou l’un de ses magazines branchés qui font la promotion de la diversité et du cosmopolitisme international.

Tous frères (ou sœurs), baba et chanteurs. Cela fait rêver. Leur musique est plutôt cool et le premier album débarquera début juin sous le nom de Sweetooth. Les East Londoners se les arrachent et elles sont passées une première fois à Paris il y a quelques jours seulement (mais on n’y était pas !). A l’écoute de leur nouveau single, On My Way, qui succède à une reprise tout aussi enthousiasmante du I Bet You Look Good On The Dancefloor des Artic Monkeys et à un autre single Sunshine à la Dolly Parton, on se dit que ces deux filles ont à peu près tout pour plaire. Sens du rythme, séduction, énergie rock. On pense à un mélange de la sensualité de JONES, notre chouchou du même quartier, et des pétillantes First Aid Kit. Les voix sont chaudes et les guitares trépignent. Comme la rythmique est solide et chaloupée, Xylaroo invite clairement à la danse (country, cette fois-ci) et au voyage. Xylaroo, c’est l’Americana country folk pour les yuppies et les métisses d’Ibiza (ne leur dites pas qu’on vous a dit ça !). L’une des sœurs chante, tandis que l’autre joue surtout de la guitare acoustique, apportant un cachet moderne et désuet en même temps à cette sorte de world folk 2.0. Elles sont sur la route de l’enfer, chantent elles ici, en souriant de leur manque de crédibilité, chargées de drogues et d’alcool… C’est aussi excitant et canaille qu’un séminaire d’intégration en École de Commerce…

Ce qu’on entend par dessus tout, c’est bien sûr l’extrême complicité de deux interprètes et l’émotion qu’elles véhiculent aussi bien dans leurs reprises que dans leurs propres compositions. Les chansons de Xylaroo parlent de tout et de rien : du racisme et de l’amour, des femmes d’aujourd’hui et de ce qui les occupent. Elles émargent à 21 et 24 ans, soit au tout début d’une histoire qu’on leur souhaite longue et vigoureuse. On My Way pourrait sonner le décollage de ce duo mystérieux. Comme dirait l’autre, ça s’écoute. Oh oui.

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