[Clip] – The Breakfast Club surnage avec Swim Deep

The Breakfast Club - Swim DeepOn vogue depuis quelques mois du Bibi Club au The Breakfast Club et vice versa, comme des étudiants ne sachant choisir entre deux fraternités dream pop. C’est simple : l’une a opté pour français, l’autre l’anglais. Alors que le Bibi Club a accouché d’un premier album l’année dernière, Le soleil et la mer, The Breakfast Club joue la carte de la temporisation, se laissant plus encore désirer avec un second EP sorti il y a un an, Dear Ghost. C’est de ce mini-format dont est issu ce nouveau clip. Seconde piste, Swim Deep nous plonge dans un bain de mer fraîche. La guitare de Julien Puyau, peu loquace et sèche, sans vergogne mais définitive, nous dit ce qu’il y a à dire, contrebalançant comme il se doit la chanteuse Léonie Young (dont l’allure n’est pas sans évoquer une Robyn de glace et l’Annie Lenox d’Eurythmics). Sa voix éthérée aboutit à un rendu enlevé, adamantin comme un cristal miroitant au soleil. Le clavier, clinquant et un peu éraillé, sonne comme une alerte, un memento mori : la pop est une affaire sérieuse, oui! Voilà la vrai vie du grand vent, une chanson comme un igloo de glace. C’est ce même effet que nous avions eu avec Fers, ce sentiment d’entendre une pâtisserie pour l’été, et ça nous aère les oreilles et l’esprit.

Le groupe semble tenir à son esthétisme léché, nous précipitant avec sa vidéo dans un lagon de papier brillant en trompe-l’œil. Le clip a cette fois été placé entre les caméras d’Anthony Carneiro et de Nicolas Djavanshir. Il semblerait que leur direction artistique soit rapprochée au travail de l’emblématique duo Pierre et Gilles : ils ont tort, car ce clip dépasse à lui seul toute l’œuvre.

Puisqu’on a quelques lignes en rabe, autant parler des autres mignardises de Dear Ghost. Dear Ghost titre et Golden Sorrow se rapportent assez bien à cette sensation de réveil : la musique lambine et fume au-dessus du café en regardant le soleil se lever.  On y parle de regrets, de fantômes et de petite amertume qu’on ne cesse de bercer dans le creux de son cœur. Sur On My Shoulder, la taciturne guitare nous laisse une sensation de légère brûlure dans la gorge. On imagine cette musique aussi bien écouter par les urbains solitaires que dans les maisonnées donnant sur la campagne des sœurs Brontë, les regrets gémissant à l’ouverture des volets. Mais The Plan nous donne notre quantité de vitamines nécessaires, nous élançant dans la lumière du jour. Tout n’est évidemment pas rose, mais c’est une belle journée qui se prépare ; à notre charge de la faire fleurir. On met donc le lecteur Bandcamp, en attendant la suite.

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