Teleman : Et si 2016 était une année pop (2)

TelemanIl faudra attendre avril 2016 pour écouter le deuxième album de Teleman mais ce premier single impeccable nous met l’eau à la bouche. Teleman (qui n’a rien à voir avec le Cinéman de Yann Moix, non) est l’un des groupes qui pourrait devenir l’un des piliers de la New Brit Pop, cette sorte de réponse anglaise à Sufjan Stevens et autres orfèvres pop US, qui mêle l’évidence et la concision de la (Old) Brit Pop et la grandiloquence musicale des musiques orchestrales modernes. En gros, Teleman, c’est My Life Story en plus soft, mâtiné de Divine Comedy (déjà plus intéressant), avec un poil d’attitude rentre dedans qui évoque Blur ou n’importe quel machin populaire et sautillant. Le groupe a fait ses armes en ouvrant pour la bande à Albarn et Suede, signe qui ne trompe pas.

Alors que le précédent album, très bien, avait été produit par Bernard Butler (ce qui explique peut-être la phrase précédente), celui-ci qui s’appelle donc Brilliant Sanity et a été enregistré sous la houlette de Dan Carey (Bat For Lashes et quelques autres). Des deux morceaux qu’on a entendus, Fall In Time est le plus réussi et incarne très exactement ce qu’on attend de ce jeune quatuor : du peps, de la vivacité, des singles à rebond et une incroyable facilité mélodique. Pour ceux qui écoutent (encore) les paroles, on notera la justesse poétique des textes de Thomas Sanders, le leader et chanteur, sur ce dernier morceau justement. « I want you / Can’t afford not to fight / I could be the darkness you’re trying to find / And you can build walls around every light / But everything falls in time ». La retranscription du texte est fournie dans le communiqué de presse diffusé par Moshi Moshi et PIAS pour l’occasion et ce n’est pas si fréquent que des textes soient mis en avant dans un discours publicitaire qui souvent privilégie l’efficacité du clip ou autre chose. Avec Sanders, le texte (la voix) et la musique sont au diapason : exigeants et intelligents.

2016 : année pop peut-être et sans doute en partie grâce ou à cause de ces types là, si, une fois encore, le devenir Coldplay ne les a pas mangés avant. Pour les gourmands, allez jeter une oreille sur leur Breakfast inaugural pour patienter jusqu’au printemps.

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