[Interview] – Toujours en pleine forme, Grife s’apprête à croquer 2026…

Grife par Zofia Zlominska

Grife par Zofia Zlominska

On a été ravis d’apprendre que Grife, duo orléano-parisen incarné par Victoria James Geiseler et Diane Borderieux, s’apprêtait à présenter son premier album. C’est la suite attendue, mais pas nécessairement garantie, pour cette doublette passionnante qui – depuis trois ans – envoie (et fend) du bois partout où elle se produit. TGGC, premier single du futur long format (dont le clip réalisé par Flavie Herbreteau sort ce jour), ne laisse pas de place au doute : Diane et Tori conservent une belle foulée et déploient la même énergie punk et directe pour exprimer leurs sentiments et leur vision du monde. Ce nouvel hymne – qu’on a bien envie d’envoyer à toutes les chaines d’infos en continu – devrait constituer l’un des points d’orgue des prochains concerts des deux jeunes femmes.

En attendant l’arrivée de Sœur d’oranger et la release party qui se déroulera à l’Astrolabe (Orléans) le 13 février 2026, nous avons sollicité les deux artistes afin de faire un petit point d’étape…

Comment s’est passée la vie de votre duo lors de cette année ?

On n’a pas vu l’année passer, on a vadrouillé à peu près toute l’année toutes les deux pour les concerts et la création de notre futur album. En mode Orléans-Paris mais aussi en train couchette, on a vu la mer à la Rochelle, en Bretagne et à Marseille, on a grimpé sur les Pyrénées et le Mont Ventoux. Beaucoup de chance, beaucoup de fusion et beaucoup de fous rires.

TGGC, votre nouveau single, annonce la sortie prochaine de votre premier album. Qui est l’objet de votre courroux dans cette chanson ?

On a commencé ce morceau il y a plus d’un an avec l’envie de dire de manière très claire notre avis quand à tous ceux qui parlent trop, interrompent, manipulent, mentent. Nous on estime que prendre la parole pour dire ça en tant que meufs c’est un geste important, politique et libérateur, parce qu’une fois que c’est dit là-bas sur scène dans la joie et dans le « ensemble » on se sent capable collectivement de le dire dans le reste de la vie quand il y a besoin.

Grife - Soeur d'orangerCe morceau annonce-t-il la couleur de votre futur disque ?

C’est l’un des morceaux les plus pink punk-rocks de l’album, et en ça il fait bien le lien avec notre EP, Grand Galop, sorti en 2024. Mais notre disque a d’autres couleurs : des chansons plus pop, de la douceur, des morceaux plus solennels, d’autres pleins d’humour.

On a cherché beaucoup de diversité de textures de sons avec la basse et le tom basse, des manières différentes d’associer nos voix et ça nous a emmené dans de nouvelles directions. On en est super contentes et fières, on y a mis beaucoup de cœur et de profondeur.

Vous avez beaucoup tourné, quels furent pour vous les hauts et les bas de vos différentes scènes ?

Heureusement c’est principalement des hauts, parce qu’on est très tendrement accueillies, aussi bien par le public en live que par les humain.es qui nous font venir ! Le mieux c’est de se balader et de voir du paysage, de se rendre compte que ce qu’on fait touche les gens, de pouvoir connecter à travers la musique, c’est toujours un sentiment très spécial de voir que ce qu’on écrit seules peut résonner loin et fort. Le bas ça pourrait être la fatigue de ce rythme où on est beaucoup sur la route… mais on a tellement de chance que ça ne compte pas.

Est-ce qu’Orléans est une cité idéale pour exister en tant qu’artiste ?

Pour émerger, pour comparer à de plus grandes villes où les propositions sont beaucoup plus nombreuses, on a eu la chance d’avoir rapidement été soutenues par le public orléanais et le réseau professionnel local et régional. Géographiquement pour se balader un peu partout c’est bien pratique aussi.

Mais on voit bien que c’est difficile de s’en sortir, les initiatives culturelles associatives et locales disposent de moins en moins d’argent pour proposer des choses et on a parfois l’impression de tomber dans un cercle vicieux où il n’y a pas de moyens donc pas suffisamment de lieux d’accueil, de diffusion, pour la vie et l’émergence artistique et donc peu de projets qui voient le jour et peuvent s’épanouir.
Nous on essaie de faire des soirées avec la Mue Collective – notre collectif -, mais on sent bien que c’est un combat pour continuer à exister à Orléans.

Sur la scène orléanaise, qui sera, toutes disciplines confondues, à suivre en 2026 ?

Heureusement il y a quand même des gens qui font des choses ! On ne sait pas trop ce qu’on peut annoncer autour de nous ou ce qui est confidentiel mais certain.es ami.es musiciennes concoctent de jolies sorties de leur côté aussi.

Pour les autres disciplines, on vous invite à suivre le travail de la graphiste Margot Lombard avec qui on a bossé pour l’album, les soirées militantes (que ce soit drag queen ou de soutien) au 108, le récent duo OTTOBUG aussi qui commence tout juste à exister, bien queer et bien barré. En réalité, faut suivre tout le monde et aller aux événements les un.es des autres, c’est ça qui fait vivre la culture !

Vous n’avez pas qu’une seule vie artistique : Tori, tu officies au sein de Xameleon, dont le premier album est sorti à la fin de l’été dernier ; Diane, tu as combattu la nuit et livré des chansons sur un support vintage. Il y aura-t-il un prolongement de ces projets en 2026 ?

Bien sûr, on continue les concerts pour nos autres projets !
Le prochain de Xameleon c’est le 4 avril aux Bains-Douches à Lignières et le prochain pour Diane c’est le 6 février à Tours. Tori jouera également son solo le 21 mars à Tours.

Est-il possible d’avoir un petit top 3 de vos coups de cœurs musicaux de cette année finissante ?

Tori : toute la discographie de Juana Molina, Tarta Relena (pour le mix entre mediéval/traditionnel/électronique avec des voix à pleurer), Nit and Dogs (dont le live dentelle-punk m’a soufflée sur place)

Diane : Cate Le Bon (les vieux lives et la chanson Here it comes again), Scout Niblett (une batteuse qui fait n’importe quoi très bien), Saul Adamczewski (ex-guitariste de Fat White Family, NDLR) dont j’ai tout écouté en boucle ces derniers mois.

Si vous deviez, chacune, vous souhaiter quelque chose pour l’année prochaine, que serait-ce ?

Diane : d’être heureuses et qu’on continue de grandir ensemble ! Et d’avoir du temps pour se reposer.
Tori : de continuer audacieuses, joyeuses et connectées.

Recevez chaque vendredi à 18h un résumé de tous les articles publiés dans la semaine.

En vous abonnant vous acceptez notre Politique de confidentialité.

Mots-clés de l'article
, , ,
Écrit par
Plus d'articles de Beecher
Morning Routine* #1 – Pomme et Waxx subliment Comme Tu Dis
J’adore Pomme et malgré toute l’attention que je lui porte j’ai manqué...
Lire
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *