Troisième single pour le nouveau Lemonheads (qui ressemble aux Silver Jews)

The Lemonheads - Love ChantLe précédent extrait du nouvel album de The Lemonheads était plus rock et plus électrique. Il faut dire que Dando avait appelé en renfort Jay Mascis du Dinosaur Jr (et Juliana Hatfield) pour servir la mélodie très 90s de son Deep End, ambassadeur en second du LP du retour aux affaires : Love Chant, prévu chez Fire Records pour cet automne. La sortie du disque s’accompagne et se précède d’une grande grande tournée qui passera par Paris à la mi-septembre (le 18 au Café de la Danse, pour être précis), signant LA grande campagne en réhabilitation du plus joli chanteur drogué de tous les temps (classement soumis à débat).

Rappelons pour les plus distraits que les Lemonheads n’ont connu qu’une activité très sporadique ces trente ou trente-cinq dernières années, soit peu ou prou la distance (en années) qui les sépare de leur album-culte (appelons cela comme cela), It’s A Shame About Ray (1992), réédité de frais et qu’on avait généreusement rechroniqué ici. Ces derniers temps (disons depuis…. 2009, soit hier en temps Lemonheads), le groupe avait sommeillé tranquille s’autorisant tout de même deux albums de reprises, Varshons et Varshons 2, qui avaient ravi, un peu exagérément la critique, laissant l’éponyme The Lemonheads, en 2006, comme unique témoignage de leur génie contrarié. Autant dire que Love Chant est très très attendu par les chroniqueurs et les fans restants du beau gosse de désormais 58 ans. Le nouvel extrait, The Key of Victory, est bien détendu du slip et ressemble comme deux cordes de guitare à un bon titre des Silver Jews. La voix de Dando évolue au ralenti et avec une certaine gravité qui lui va bien pour servir une mélodie agréable et folk en diable. Côté textes, il semble que Dando se livre d’un peu plus près que d’ordinaire, tant on peut lire, dans ces vers le reflet d’un désarroi individuel qui confine au génie.

Livin’ in the key, I’m livin’ anarchy
Livin’ anarchy of victory, livin’ anarchy
Livin’ anarchy, I’m livin’ anarchy of victory

Some people find it hard when I say what’s on my mind
I’ll tell you, life’s too short to live
To live a sparkling lie
And in the grand scheme of things we may go our separate ways

C’est évidemment tout ce que les gens veulent entendre nous compris : une belle histoire de lose, majestueuse et tenace plus que fainéantise et de manque de persévérance. Il faut être honnête, assure Dando, surtout envers soi-même. Un message sans surprise pour un artiste qui s’est souvent perdu en route et qui est ici bien entouré puisque plusieurs de ses amis sont venus lui prêter main forte pour cet album où l’on retrouve, entre autres, Tom Morgan de Smudge ou Adam Green des Moldy Peaches, en plus de ceux déjà cités.

Les amateurs d’histoire à dormir debout guetteront en plus du disque la sortie des mémoires de Dando, Rumors of My Demise, le 7 octobre (rumeurs de ma disparition). Est-ce qu’il expliquera pourquoi il n’appelait plus Daniel Treacy ? Pas sûr.

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