White Wine : le bon cru tordu de Joe Haege

White WineJoe Haege est connu des amateurs de musiques bizarres pour son travail avec 31 Knots ou Tu Fawning. L’homme est insaisissable, fantasque et aime s’entourer de différentes personnes pour explorer de nouvelles directions, toutes plus étranges et dingos les unes que les autres. En septembre, Haege s’est trouvé un nouvel aréopage de talent et un nouveau vecteur d’abord appelé Vin Blanc puis White Wine, pour accroître encore sa liberté créative.

Relocalisé à Leipzig, et vite rejoint par son copain Fritz Brückner (qui travaille avec lui sur Tu Fawning), Haege s’est immédiatement imprégné de l’air dérangeant du coin, mi-industriel, mi-fantastique pour dynamiter (encore un peu plus) la structure de ses chansons. En résulte en septembre, un album, Killer Brilliance, aux contours vraiment étranges où se côtoient la pop, l’indus, l’électro et d’autres influences des musiques expérimentales. L’album est dominé par des distorsions et un travail éblouissant sur les percussions. L’ensemble est plutôt sinistre, parcouru par des dérangements déstabilisants, des sons sourds et puissants de basson et d’autres subtilités cuivrées. En guise d’amuse-bouche, le premier morceau éponyme donne le ton évoquant aussi bien Suicide, la période berlinoise de Bowie que les travaux de Beak ou de Nick Cave, période The Carny. L’ambiance générale est très Allemagne de l’Est, inquiétante et oppressante, comme si la musique du groupe était possédée par un diable dansant et incapable de se concentrer sur une mélodie. Haege prêche et déclame comme un pasteur sombre, sans qu’on puisse décider s’il se tient du côté de la lumière ou des ténèbres.

On attend d’écouter cela de plus près et dans toute la longueur pour se prononcer mais cet album devrait remuer et entrer dans notre canon de l’année des albums qui bousculent et font douter l’oreille.

White Wine — Hurry Home

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[Domino Records]

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