60ème anniversaire : nos 10 « instants Madonna » préférés

Madonna60 ans, c’est toujours 15 de moins que Mick Jagger. On s’est longtemps penché sur la manière de fêter l’anniversaire de Madonna. Comme on n’avait pas l’intention d’écrire une biographie ou de composer une page Wikipédia, et qu’on avait déjà dit pas mal de (gentilles) choses sur elle dans notre long développement sur Into The Groove (ou l’irrésistible foufoune de Madonna), on s’est dit qu’il fallait faire simple mais aussi qu’on ne pouvait pas passer sous silence, en ce qui nous concerne, une bonne trentaine d’années de fantasmes, d’émois (euphémisme, on n’ira pas plus loin) et de hits partagés. Il y a plus cool que Madonna en 2018. Il y a plus pertinent, plus beau aussi. Mais cela ne doit pas faire oublier que cette femme là a eu plus d’importance dans notre vie que bien des filles avec qui on a eu la chance de sortir (ou pas).

Alors, tant qu’à y aller dans le subjectif (et parce que le stagiaire chargé des bios, des nécros et des anniversaires a été viré récemment faute de crédits publics pour les emplois fictifs), on a juste sélectionné nos 10 moments Madonna favoris.  On connaît des amis gay qui ont traversé le monde entier pour aller la voir en concert, des gens qui pensent qu’elle chante encore vraiment, d’autres qui ont chez eux un bout de sa culotte taillée en pièces et supposément portée, une copine qui a un classeur entier de coupures de presse et de vieux articles sur elle et même un autre qui pense avoir acheté aux enchères un pot de confiture (de cassis) qu’elle aurait stérilisé elle-même au début des années 80.

Madonna rend fou, de haine, d’amour, de désir. Madonna donne envie de danser, de faire du sport, de faire des trucs sexuels avec toutes sortes de gens qu’on aurait jamais soupçonné avoir l’envie de faire. Madonna a 60 ans.

n°1 – La rencontre : Madonna chez Sidney (1984)

Certains préféreront se rapporter à quelques vidéos plus anciennes encore où la jeune femme se produit en tant que danseuse, discrète à l’arrière-plan. Pour nous, l’aventure démarre ici, chez Sidney et son indispensable émission H.I.P.HO.P. Heure de grande écoute (pour nous) et une prestation de haute volée sur le single qui signale Madonna au grand public : Holiday. Madonna ressemble encore un peu à Cyndi Lauper (la chanson est proche de Time After Time) mais elle s’apprête à donner un coup de jeune à la pop américaine et à la pop mainstream. Sa jeunesse est splendide, sa dégaine fulgurante de décontraction et de gouaille.

n°2 – Fantasme absolu 1 – Like A Virgin

Like A Virgin évidemment. Novembre 1984. Madonna avale la tradition judéo-chrétienne comme une hostie et s’offre à nous dans une robe virginale. On a l’âge de rêver à CA, bien sûr (et on ne parle pas du clown de Stephen King). Madonna devient le rêve sexuel de tous les garçons qui grandissent avec cette image. Le clip est atroce. Pas sûr que la chanson soit géniale que ça mais on s’en moque.  Madonna s’est réservée pour nous durant toutes ces années. Le grand moment est enfin arrivé : on va pouvoir acheter son disque.

n°3 – La culotte de Jacques Chirac (1987)

Il n’y a pas que des moments glorieux dans une vie de sexagénaire. Tout bon français qui se respecte aura en mémoire nécessairement le « crush » de Jacques Chirac pour la chanteuse américaine qui crée l’événement. Le Maire de Paris, futur Président de la République, traverse trois fois la capitale pour aller compter fleurette à Madonna. La presse jubile et prétend que Chirac est reparti avec la culotte rouge de l’artiste. La chanteuse participe à un appel de fonds de l’association Line Renaud à l’Hôtel de ville. Tout ceci repose sur du vent mais les fans auront honte pendant les cinq ou six années qui suivent. Chirac is Madonna. Et vice versa. En privé, il se murmure qu’elle en pinçait plutôt pour VGE.

n°4 – Fantasme Absolu 2 – La New-yorkaise – Cherche Susan Désespérément (1985)

On renvoie à notre développement sur Into the Groove bien sûr. Madonna est féministe. Madonna est arty. Madonna a des poils sous les bras. C’est une brune. Madonna est un fantasme, urbain, sexuel. Elle invente le truc qu’on trouve le plus érotique et le plus démentiellement charmant de toute la planète : se sécher les aisselles sous une soufflerie. Ce moment là vaut, à l’échelle des années 80, la robe de Marylin qui se soulève sur une bouche d’égout. Si,si.

n°5 – Le livre Sex – tout pour ça ? (1992)

Les temps changent et on vieillit. Après les jeunes vierges, nos goûts ont évolué. On languit comme les autres (le sexe est alors une denrée rare, qu’on ne fréquente pas tous les jours), faute d’accès illimitée à la pornographie, de l’absence (hé oui) de sex tapes et autres joyeusetés, quand Madonna présente ce projet en apparence fabuleux qui accompagne son album Erotica. Un livre d’art… de cul… avec des tas de photos vraiment vraiment cochonnes, mettant en scène la célébrité… vendu sous le manteau et dans un plastique qui n’en laisse rien voir. Au final, bah oui, on connaissait un ami d’ami qui avait un ami qui avait fini par entrer en possession de la chose. Mais c’était déjà trop tard. Le moment était passé. Il reste ce souvenir d’une quête désordonnée de stupre. Madonna, c’était aussi ça. Des promesses, toujours des promesses.

n°6 – La purge Evita (1996)

Pas le temps d’évoquer ici les rapports compliqués entre Madonna et le cinéma. Evita, réalisé par Alan Parker, nous emmerde au plus haut point. Madonna disparaît et devient sérieuse. C’est ce jour là qu’elle a eu vraiment 60 ans à nos yeux. Quelle rombière ! Il faut avouer qu’on s’en foutait bien de l’ambition, de l’Argentine, et de toutes ses conneries. Et si elle se mettait à chanter comme Céline Dion ? Et si Madonna devenait chiante ?

n°7 – La parodie coupable – Madonna sur le dancefloor (2013)

On nous pardonnera celle-ci, immonde et pas forcément subtile. Quand le moment est venu de céder au Madonna-bashing (idiots qu’on est), on en a retenu ça. Madonna est une vielle femme qui veut faire jeune. Comme toutes les filles qui ont incarné le sexe, le temps se venge sur elles et sur nous et on se prend à les détester plus qu’il ne faudrait. Certaines se cachent, d’autres tentent de faire durer le plaisir. Ils ne sont pas nombreux ceux qui l’aiment comme au premier jour. On n’en fait pas partie. Les choses ne sont plus comme avant, pas vrai ?

n°8 – Le dernier coup de cœur : Ray of Light (1998)

20 ans et peut-être son dernier grand album. Madonna dans le coup électro, magique, inspirée, sexy, sensuelle. Madonna parfaite. En 1998, la France nous réussit. Tout va bien. Madonna s’inspire (bah si) de The Drowned World un roman de JG Ballard (notre écrivain favori) pour composer le premier morceau qui donnera le ton de l’album. C’est n’importe quoi mais vrai. Madonna et Ballard. Ensemble et en chansons. Comme à l’époque, on aime aussi, on traverse l’année en apesanteur, avec la Coupe du Monde à l’arrière-plan. C’est l’album de l’été, celui avec lequel on danse et on fait l’amour dans la joie et l’insouciance. Le dernier grand été de l’amour… avant l’âge adulte.

n°9 – La cover qui tue : Sonic « Ciccone » Youth reprend Into the Groove (1988)

Bienvenue chez les snobinards : 1998, Sonic Youth déguisé en Ciccone Youth signe The Whitey Album, un side-project qui voit aussi la visite de Mike Watt et Jay Mascis (la classe). Deux covers de Madonna sont au programme, en plus de trucs de Robert Palmer et d’un affreux morceau rap. Sonic Youth donne la meilleure version d’Into The Groove depuis l’original. Le morceau qui vous permet de faire le beau en soirée et de rappeler qu’on peut aimer Madonna et connaître sa culture indé sur le bout des doigts.

n°10 – La chanson favorite : Till Death Do Us Part (1989)

Est-ce le clip disponible sur Youtube ? Le souvenir de Sean Penn dont on ne parle plus quand on parle de Madonna ? Le souvenir de Like A Prayer ? Toujours est-il qu’on a toujours eu un faible pour ce morceau, triste et romantique. Un morceau vérité qui parle de la violence. Du fait de se séparer et puis de revenir, ensemble, toujours, jusqu’à la fin des fins. C’est une belle allégorie de Madonna. On y revient. Même quand on n’en veut plus. Il reste toujours un morceau, une chanson, un machin à prendre. Jusqu’à la fin.

« She’s had enough, she says the end

But she’ll come back, she knows it then
A chance to start it all again
Till death do us part »

Il y a des choses qui ne s’expliquent pas. Des titres mineurs qui prennent une importance démesurée.

Mots-clés de cet article
, ,
Ecrits aussi par Benjamin Berton

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *