Morceau (planant) de la semaine : Aja nous offre un quartier d’Absolune

Aja - AbsoluneOn hésite toujours à faire d’un morceau d’ambient notre « titre de la semaine ». Parce qu’on s’attend généralement à ce qu’un titre de la semaine soit engageant, rythmé et donne de l’énergie, plutôt que de nous attrister, nous rendre mélancolique ou de ralentir le tempo. On fait aujourd’hui une petite exception pour le troisième extrait du nouvel EP d’Aja aka Clémence Quelennec.

La jeune femme, d’origine bretonne, est connue (sous son vrai nom) pour avoir été pendant de longues années la voix (ou l’une des voix) du groupe La Femme. Elle s’est lancée il y a cinq ans dans une aventure solo tout à fait singulière où à des années-lumière de son groupe d’appartenance, elle travaille la matière sonore de manière poétique, abstraite et résolument solaire. Depuis le Maroc où elle vit ou a vécu, Aja a signé un premier ep puis une série de morceaux dont elle aligne les sorties sur le cycle lunaire. Ce travail a conduit en 2023 à un premier projet compilatoire baptisé Ajasphere Volume 1 qu’elle prolonge ces jours-ci d’un volume 2 dont est extrait le morceau Absolune.

Avec son ambiance nocturne et son clip qui nous emmène en balade en forêt, on tombe sous le charme de cette petite séquence rêveuse de cinq minutes et quelques qui mêle sons cueillis sur le vif, feuilles et animaux, et quelques notes de piano/synthé. Hasard absolu ou écho imaginaire d’une oreille pleine de sons, on croit saisir au loin un reflet subliminal du Walk of Life de… Dire Straits. La collision est osée mais on ne peut pas s’empêcher de citer le texte de cette chanson qu’on imagine bien loin des préoccupations d’Aja : « Turning all the night time into the day« , chantait alors Mark Knopfler… Vers capturé en coïncidence et qui dit finalement assez bien le pouvoir de cet Absolune dont on ne sait pas trop à quel monde il appartient : du jour ou de la nuit, des hommes ou du végétal, pas plus qu’on ne peut le rattacher à une saison en particulier. On suppose que c’est l’artiste elle-même qui se balade ainsi comme une vraie fée clochette (à taille XXL), Zora le Rousse et Viviane-Morgane sublime, prête à nous ensorceler ou à nous noyer dans le marais. Chaque morceau de cet Ajasphere II contient une ou plusieurs dizaines d’histoire. La force de cette musique est qu’elles sont propres à chacun et à chaque sensibilité. On peut rêver avec Aja et se projeter où on le souhaite. Quelques concerts sont prévus prochainement.

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