
A ce rythme là, les Ecossais d’Arab Strap pourraient bien vite défier les Dinosaur Jr pour le titre de “groupe reformé qui réussit aussi bien ses disques après qu’avant….”. On avait émis quelques réserves pour la galerie lors de l’accueil de leur album n°2 post reformation, I’m Totally Fine With It Dont Give A Fuck Anymore, mais c’était pour faire de Malcolm Middleton, la moitié “instrumentale” du groupe l’un de nos outsiders de l’année dernière. Middleton nous avait alors confié avoir bien avancé les sessions d’écriture avec son comparse de toujours Aidan Moffat, sans s’avancer alors pour nous confier si ce nouveau disque d’Arab Strap serait prêt avant ou après ses propres travaux solo.
On a désormais la réponse : Arab Strap First ! Puisque les Ecossais viennent d’annoncer pour une sortie le 4 septembre, chez Rock Action, la sortie de Half Told Tales, c’est son nom. La sortie du disque s’accompagnera d’une tournée en octobre et novembre qui pour l’heure ne comporte aucune date parisienne. (on en profite pour démentir leur présence au festival Outsiders 3…on a d’autres surprises). Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, le groupe a libéré un premier single topissime qui se situera en rang 2 sur une tracklist en 14 stations parmi lesquelles on trouve des titres comme Basic Physics, Be A Man or I Get Noise.
L’extrait n°1 s’appelle You You You qui n’est pas un signe de ralliement mais une jolie adresse à (au choix ou pas) à la personne aimée ou au “public auquel on doit tout”. Le morceau à l’électronique très caractéristique des premiers pas du groupe, envoûtante et dansante, est pleine de bons mots et références qui renforcent les Ecossais dans leur rôle de porte-voix des quinquagénaires blancs abîmés nés dans les années 70.
I’ve got a hole in my shoe that lets in rain,
and another new lump in another vein;
I’ve got pills for breakfast every day, to keep my pains and fears at bay.
I’ve got a portly paunch I just can’t shift; I feel undesired, dismissed, adrift.
My get-up-and-go is long gone, and the days keep dragging on.
But I’ve got you, you, you, you; I’ve got you, you, you, you;
I’ve got you, you, you, you; I’ve got you, you, you.
I’ve got a hole in my head that can’t be filled; time is never spent, it’s only killed.
I’m always bored, it seems nothing excites me – my own limbic system fights me!
I’ve got watchlists I’ll never watch, and pruritus scroti in my crotch;
I’ve got a seething sadness in my soul, that might just swallow me whole.
But I’ve got you, you, you, you; I’ve got you, you, you, you;
I’ve got you, you, you, you; I’ve got you, you, you.
A l’écoute du texte, on se dit, si “on est un mec de plus de 45 ans, ventripotent et au cœur abîmé”, :
– Mais c’est bien sûr ! C’est exactement ce que je suis ! C’est exactement ce qui m’arrive.
Car oui, plus que jamais le gros barbu rougeaud de Moffat exprime EXACTEMENT ce que nous sommes et ce que nous pensons encore être. Il écrit organique et écrit panique, il écrit bionique et macrobiotique. On aime mais on meurt. On court mais on larve. On adore et on pleure. Arab Strap c’est nous, you you.
On a hâte pour une fois d’être à la rentrée. On peut se passer de vacances, de jours fériés, de soleil. Quand il y a de la lose de cette qualité à sniffer, à boulotter, on est prêts à tous les sacrifices.

