[Clip] – Bantam Lyons part en riboule

Bantam Lyons - PintorMarre des films promotionnels réalisés de façon fort conventionnelle par les offices du tourisme, avec leurs images léchées qui manquent de saveur et leurs bonheurs de vacances factices ? Bantam Lyons vous invite à un étonnant tour de Bretagne pour célébrer Pintor, le second extrait de Mardell, le nouvel album des bretons qui sortira le 15 octobre chez les brestois de Music From The Masses et les américains de Gezellig Records. De Nantes à Brest, un tour des rades fermés où les fûts restés désespérément débranchés, tout comme les amplis des scènes d’arrières salles vides marqueront à jamais une triste époque que l’on souhaite définitivement remisée. Clovis Le Pivert, le réalisateur, nous invite à suivre les pérégrinations de quelques pintes qui se remplissent au fur et à mesure qu’elles se vident dans cet étonnant road-clip qui parcourt la Bretagne des côtes et des bois. Qui a un jour taillé une piste dans les troquets bretons reconnaitra aisément ce drôle de land art éphémère qui jouxte les débits de boisson où les verres, bus ou à moitié vidés, posés là nonchalamment pendant qu’on s’allume une clope ou cherche ses clés, puis oubliés jusqu’à la ronde du tenancier deviennent des marqueurs incontournables de la nuit, voire du petit matin. Ode à ces lieux de vie indispensables, ode à ces caf’conc’ arpentés avec plus ou moins de bonheur lors de tournées à la petite semaine, pour se roder, Pintor dépeint un univers familier et vivant, résistant, qui ne demande qu’à faire suer les riverains ronchons, de nouveau.

Ils auront probablement matière à râler car avec ce second extrait après le radical Branque présenté à l’automne dernier, Bantam Lyons confirme que Mardell est bel et bien né sous le sceau d’un post-punk électrique d’une belle intensité. Si on y retrouve la fougue habituelle du groupe que l’on avait adorée sur Melatonin Spree et les premiers maxis de la vie de la formation, la tension sous-jacente tout au long du morceau, difficilement contenue finit par se libérer comme un trop-plein ou plus précisément un plus-assez dont on a tous marre, eux les premiers.

Avec ses huit titres recelant quelques surprises plutôt inhabituelles, Mardell sera sans conteste l’un des albums de l’automne musical à venir, quand, les vacances terminées, on se retournera avec nostalgie sur ces pintes partagées dans un troquet de bord de mer.

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