Clip du Mois : Le Raga (muffin) électro de Rubin Steiner est un délice

Rubin Steiner - Say Hello to the Dawn of ParadoxIl y a certains disques qu’on écoute pas mal et dont on n’aura pas parlé du tout ou pas suffisamment. C’est le cas du Say Hello To The Dawn of Paradox de Rubin Steiner qu’on aura négligé à sa sortie avant de le récupérer tardivement et de l’épuiser longuement : disque intime, précieux presque, au mouvement joueur, astucieux mais aussi nostalgique et émouvant. Jazz était une merveille et une sorte de cours en actes de ce que la musique électronique a de meilleur. Rubin Steiner est non seulement un musicien passionné mais un merveilleux pédagogue dont l’œuvre peut être opposée à ceux qui pensent encore (trente ans après la bataille) que l’électro se résume à une figuration annuelle aux Victoires de la Musique.

Avec son nouveau clip, RAGA, titre extrait du disque, on se donne une seconde chance d’y revenir et d’honorer ce qui aura constitué peut-être le disque de musique électro le plus brillant, convaincant et addictif des trois ou quatre dernières années. Porté par une créativité artisanale assez merveilleuse (et une belle collection d’instruments et de synthé à l’arrière-plan), le morceau est comme une offrande faite aux amateurs  de boucles et de développements répétitifs. C’est cette science de la boucle qui constitue le centre du morceau, dans toute sa simplicité et ce qu’elle renvoie de mystère. La déambulation du clip renvoie au dialogue qui se noue entre le motif mélodique énoncé au début du disque, sa ponctuation rythmique progressive et sa déclinaison maladive. En six minutes, le motif est mis à distance de lui-même, éloigné puis rapproché, comme si Rubin Steiner jouait au bonneteau avec notre cerveau et essayait d’insinuer en nous à la façon d’un DiCaprio dans Inception une maudite idée fixe. Est-ce que le motif est encore là ? Ou est-ce qu’il a déjà disparu ? On retourne les gobelets un à un pour s’apercevoir qu’on se moque de nous et que ce qu’on croyait avoir entendu n’a jamais existé que dans notre pavillon fantôme.

Raga est un délice et un cadeau dont on imagine bien que le motif ressurgira demain dans d’autres compositions tel un module viral et follement addictif. Pour ceux qui comme nous ont attendu trop longtemps pour y aller voir, on conseillera un petit tour sur le Bandcamp de l’auteur pour la session de rattrapage.

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