On ne se lassera jamais d’entendre et ré-entendre Alan Vega. Le travail du Vega Vault Project nous a déjà valu la résurrection de quelques morceaux/disques oubliés et laissés derrière lui par l’artiste quelques années après sa mort, il y a de cela déjà neuf ans. Le label Sacred Bones hérite cette fois de la réédition (dont une version deluxe double vinyle du premier album qui a l’air… magnifique en photo) de deux raretés, les deux premiers albums solo de Vega. Le premier, éponyme, est curieusement sorti à peu près au même moment que le deuxième disque de Suicide et suit un Vega qui, alors qu’il va plonger avec son compère Martin Rev au cœur de l’électro de l’époque (avec des résonances disco), entreprend aussi d’aller se reconnecter avec son moi profond rockabilly. C’est ainsi que naît ce Alan Vega assez brutal et brut, voire brutaliste, fougueux et ultra direct sur lequel on retrouvera le standard Juke Box Babe ou l’impeccable Speedway. Pour le moment, c’est le plaisant Ice Drummer qui est utilisé pour promouvoir la réédition.
Sacred Bones sortira en même temps, fin janvier (un peu dommage de manquer Noël tout de même), le disque suivant du musicien américain, daté de 1981, Collision Drive. Porté par l’intéressant Outlaw en extrait, est encore peut-être même plus cool que le premier. Au rockab historique, Vega vient ajouter des visions shamaniques bizarres et des décrochés de science-fiction qu’on ne reverra pas, sous cette forme blues et ravageuse, avant les Pixies de Frank Black (on parle des textes). A côté de Be Bop A Lula, on trouvera ainsi un Ghost Rider toujours merveilleux, et l’énergie fourbe de la série Magdalena.
Celles et ceux qui étaient un peu sceptiques sur l’exploitation d’un back catalogue constitué d’œuvres relativement récentes se régaleront. On revient ici à l’Alan Vega du début des années 80, décisif et dont la voix et l’engagement brûlent d’une énergie captée au cœur du réacteur. On trouve tout ça ici.

