Morrissey se libère sur Love On Its Way Out

Morrissey - Love Is on Its Way OutVoilà qui est bien mieux. Après un premier extrait, Bobby Dont You Think, qui nous avait laissé de marbre et plutôt inquiet quant à ce qu’il fallait attendre de son nouvel album, I’m Not A Dog On A Chain, Morrissey a livré un autre titre, Love Is On Its Way Out, qui est beaucoup plus rassurant et nous conforte dans l’idée qu’on avait d’aller le voir et revoir sur scène, le 11 mars à la Salle Pleyel à Paris.

Le nouveau morceau ne bénéficie pas d’une mélodie extraordinaire (c’est le moins que l’on puisse dire), ni d’un refrain terriblement puissant mais a de solides atouts pour lui. La production de Joe Chiccarelli reste efficace et suffisamment imaginative pour compenser le relatif manque de peps et d’originalité des compositions. Cette fois-ci, c’est Gustavo Manzur qui opère, livrant un morceau parfait pour accueillir une grande performance vocale de l’ancien The Smiths et donner le sentiment qu’une remise en question du format « classique » couplet/refrain est à l’oeuvre. Le chanteur répond présent et ne se loupe pas. Il nous offre une belle prestation autour d’un texte qui pose un regard amer et lucide sur le cours du monde. Violence, manque d’amour, cruauté, symbolisés chez Morrissey par une mise sur le même plan (que les plus critiques apprécieront) des violences faites aux enfants (gazés) et du massacre des animaux sauvages. On suppose que le fait divers de ce dentiste américain ayant abattu le célèbre lion Cecil était peut-être à l’esprit de Morrissey quand il a écrit le texte.

Did you see the headlines?
Did you see the grablines?
Did you see the nerve gassed children crying?
Did you see the sad rich hunting down, shooting down elephants and lions?

Love is on its way out
Love is on its way out
Love is tired and it’s on its way out

La mélodie vocale est fluide et ouvre sur une chute qui rappelle le sommet du disque précédent, Home Is A Question Mark. Dans le désastre ambiant et la misère, dans le chaos et l’omniprésence des sources d’inquiétude, Morrissey se réfugie dans l’infiniment petit et demande, comme il le fait depuis des années maintenant, qu’on le prenne dans les bras et qu’on l’aime. Il s’adressait jadis au public mais semble plutôt demander maintenant un réconfort (sexuel) de proximité. Ce dernier témoignage d’amour relève évidemment de l’infiniment petit par rapport aux cruautés précédemment énoncées mais semble devoir racheter le reste et seul permettre au chanteur de survivre encore un peu en ce monde. Le message n’est pas nouveau. On a l’impression d’avoir entendu cela avant (stop me, stop me if….) mais cela marche plutôt bien. Love On Its Way Out est un beau et bon morceau, original et poignant. La production de Chiccarelli sur le final est parfait pour créer une montée et donner un écho lyrique et dramatique à la proposition amoureuse.

But before it goes
Before it goes
Before it goes
Do you have the time the time to show me
What’s it like
What’s it like
Oh, what’s it like
Oh take time
Be mine
Gaze with fondness on the wrong one

Photo : fanart source Morrissey solo.

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