Emmanuel Bourdier lâche le micro le temps de son bilan annuel

Emmanuel Bourdier portrait 2025On Ze Rocks a plus de trente ans d’age et reste toujours aussi fraiche. Une jeunesse à l’image de son instigateur, Emmanuel Bourdier, au profil de slasher passeur, à la fois enseignant, animateur radio, comédien et fabriquant d’histoires.

Le quinqua – qui aime recevoir au sein de la petite radio associative qui l’accueillit en 1992 – conserve sa belle énergie communicative et une inclination pour les goûts des autres qui l’a conduit à lancer Kouïj en 2024, un tour de table mensuel au cours duquel quelques acteurs et actrices de la scène orléanaise passent en revue des albums triés sur le volet.

On profite du calme de cette fin d’année pour demander à Manu de nous faire un petit bilan de son année et de nous raconter ce qui se profile pour lui à l’horizon…

Comment s’est déroulée cette année 2025, à la fois pour l’animateur de radio, l’enseignant et l’auteur de livres pour la jeunesse ?

Pour l’animateur radio, ce fut une chouette année.  Pas si riche sur le plan des interviews, assez rares malheureusement, mais plein de découvertes d’artistes que je ne connaissais pas et qui m’ont enchanté. Et puis le concept des spéciales Kouïj semble ravir les auditeurs.trices autant  que le participant.e.s. .

Mon année d’auteur a été apparemment calme, car je n’ai rien sorti en librairie,  mais j’ai écrit et fait quelques belles rencontres, comme l’illustrateur Loïc Méhée ou l’artiste Charlotte Gastaut.

Mon année de professeur fut celle d’un professeur comme les autres : une année à  faire tourner la boutique dans des conditions de plus en plus difficiles. Et puis je commence à comprendre pourquoi, jadis, les instits étaient à la retraite à 55 ans. Mais ça reste un métier qui nous réserve encore des moments de grâce et qui, avec les temps qui se profilent, est plus que jamais nécessaire pour que perdurent les notions de fraternité et d’humanisme.

Quel bilan fais-tu de cette première année de Kouïj ?

Particulièrement enthousiasmante ! Cette idée de génie de Sylvain Trémeau (from Sukoï Fever) a redonné un sacré coup de jeune à cette émission qui, je le rappelle, fête cette année ses 33 ans d’existence. Composer le casting de chroniqueuses et chroniqueuses, les imaginer écouter les 4 albums proposés puis les entendre rivaliser de punchlines pour défendre leur point de vue en direct m’enchante au plus haut point.

Si en 2026 tout était possible, quel.le artiste vivant.e aimerais-tu accueillir dans ton émission ?

Un Kouïj avec, aux micros, Bruce Springsteen, Eddie Vedder et Paul McCartney. Oui, je sais, ça manque de filles… C’est souvent le petit point faible de ces spéciales… mais j’y travaille…

Tu es l’auteur de 35 livres, est-ce que tu prends toujours autant de plaisir à t’installer à ta table de travail pour écrire ?

Oui, sauf que je ne suis presque jamais à ma table. J’écris toujours à la main et un peu partout. Mais j’aime toujours autant ça, même si j’ai  la petite crainte en sourdine que mes histoires, un jour, n’intéressent plus personne.

Publieras-tu une nouvelle histoire en 2026 ?

Pas une. Deux ! Je vais publier deux romans. Le premier en juin chez Flammarion Jeunesse, mon éditeur historique, pour lequel  j’aurai l’immense joie de collaborer à nouveau avec mon complice, le génial illustrateur François Ravard. C’est d’ailleurs une de ses toiles qui m’a inspiré l’histoire. Le titre n’est pas encore tranché, mais ça parlera de langage et d’oiseaux… Le deuxième sortira pour la rentrée littéraire chez Rageot et s’intitulera Mon rien préféré. Et puis un album se profile pour 2027, toujours chez Flammarion jeunesse…

Il y a quelques mois tu as mis un ligne un court documentaire réalisé par Martin, ton fils, au moment où tu te rendais à Paris pour travailler sur le Libé des auteur.e.s jeunesse. Est-ce que cette reconnaissance te libère de ton syndrome de l’imposteur ?

J’en suis un peu guéri depuis quelques années, mais pas totalement et c’est tant mieux. Le doute peut être un moteur, à condition qu’il ne soit pas trop envahissant. Oui, bosser pour libé  a été une expérience très gratifiante. Et surtout, avec ces trois pages,  ( pas rien quand même), j’ai pu se faire rencontrer mes deux vies. Celle d’animateur radio passionné de rock avec cette interview de Matthew Caws, frontman de Nada Surf et celle d’auteur en littérature jeunesse avec cet hommage à ma copine Bernadette Desprès. Hommage illustré par le grand Thomas Baas qui avait déjà bossé sur deux de mes livres, dont mon roman John, autobiographie romancée de John Lennon à 11 ans. (Flammarion jeunesse). Plus que Libé, c’est ce roman qui m’a nettoyé du sentiment d’imposture, au moins temporairement. Je suis vraiment très heureux de ce livre.  Quant au doc de mon fils, ce fut ma plus grande émotion de l’année. Surveillez bien ce Martin Bourdier, il a un sacré talent…

Quels furent les retours, positifs ou négatifs, de ta participation à ce numéro de Libération ?

Énormément de retours, tous positifs, y compris des journalistes de Libé ! ça m’a fait plaisir… Bien plus de retours  que pour mes 35 livres en tout cas ! Il faut dire que les tirages et les ventes ne sont pas comparables. Ma plus grosse vente de bouquin, de loin,  c’est Vachement moi ! (Nathan) avec plus de 65 000 exemplaires vendu en 15 ans. Un numéro de Libération touche environ un million de lecteurs…

Quels sont tes trois coups de cœurs musicaux de cette année ?

Ouch ! Dur ça… Allez , disons Possession de Ty Segall, Our Calling de Piers Faccini et Ballake Sissoko et Pacific heavy Higway de Skegss.

Quel est le premier concert que tu comptes aller voir en 2026 ?

Je ne sais pas encore. Peut être la Release Party de Grife (le 13 février 2026 à l’Astrolabe, Orléans, NDLR). J’attends aussi beaucoup du retour d’Elie Zoé.

Si tu devais te souhaiter quelque chose pour l’année prochaine, qu’est-ce que ce serait ?

Que mes proches nagent dans le bonheur.

Que Paul McCartney lise et aime «John !

Et puis, plus accessible, de faire une belle tournée avec ma troupe de théâtre, Les Patates Savantes. Nous jouerons au mois d’aout dans la région de Sarlat notre création Musicomanie. J’ai hâte d’y être. J’adore cette vie de saltimbanque façon Illustre théâtre de Molière. Une représentation par jour dans un village différent. Passionnant !

On Ze rocks est diffusé chaque lundi (hors vacances scolaires de 19h à 20h30 sur Radio Arc-en-Ciel.

Crédit photo : Estelle Le Roy.

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