Gina Birch / I Play My Bass Loud
[Third Man Records]

8 Note de l'auteur
8

Gina Birch - I Play My Bass LoudChapeau Madame ! C’est tout ce qu’on a envie de dire à l’écoute du premier album solo de Gina Birch, moitié chanteuse et bassiste des cultissimes The Raincoats, groupe majeur du (post) punk anglais dont l’heure de gloire remonte à la période 1979-1981. Il aura fallu qu’elle attende donc… 68 ans (bon sang) pour que Gina Birch signe une première collection de chansons. On est à la fois surpris (en très très bien) du résultat et presque désolé pour elle et nous qu’elle ne s’y soit pas mise avant.

Son I Play My Bass Loud, titre du disque et du premier morceau de ce disque épatant, n’épuise pas le programme de la chanteuse, bien au contraire. Si ce premier morceau infectieux et génial a des charmes ravageurs et rappelle par sa teneur en basse (et jusque dans la voix de la dame) Public Image Limitedle disque a bien d’autres atouts que ce seul instrument magique. Qu’elle récite une forme de poésie atmosphérique sur And Then It Happened, ou explose façon Breeders sur Wish I Was You (le premier qui dit que c’est un peu pompé sur Cannonball aura une tapette), Gina Birch a tout bon. Le son est puissant, vivifiant et électrique. Big Mouth est carrément bizarre dans sa manière d’expérimenter entre dub, jazz et vraies résonances exploratoires de Can.

Bien dans son rôle, l’ancienne Raincoats trousse une ode marrante et irrévérencieuse aux Pussy Riot(s), avant d’affirmer en signe de défi qu’I Will Never Wear Stilettos. S’il y en a une qui peut chanter Feminist Song un peu plus loin, c’est bien elle. « Pourquoi est-ce que je ne serais pas féministe ?« , chante celle qui fit partie de l’un des premiers groupes punk composés entièrement de filles. Tout ceci est fait avec tact et une belle détermination et sans jamais céder sur les chansons. La production est solide, tordue aussi et vraiment imaginative. C’est Youth, l’ancien bassiste de Killing Joke, qui est derrière la console. On peut citer le vénéneux Dance Like A Demon parmi les belles curiosités de ce disque ou encore l’incroyable I Am Rage qui prend évidemment le contrepied de son titre et de ses paroles pour se la jouer tout doux tout doux.

Rage, I am rage
I’m a burning cauldron of rage

It fires it howls
Its red burning red
I hear the howling sound of my rage

Gina Birch s’amuse de sa position et signe un album qui est à la fois intelligent et efficace. On adore aussi le dub relâché de Digging Down, chanson sur un couple en décrépitude et au son irréprochable.

You’re fucking up my life
You’re screwing up my life
You’re shaking all my walls
You’re cracking all my walls (slice the air)
There’s cracks in my walls

Le disque s’achève sur le chouette Let’s Go Crazy, hymne à la liberté et à l’ensauvagement qui résonne aussi justement que les dix autres morceaux de ce disque en tout point brillant. Homme ou femme, punk ou trouduc, courez-y !

Tracklist
01. I Play My Bass Loud
02. And Then It Happened
03. Wish I Was You
04. Big Mouth
05. Pussy Riot
06. I Am Rage
07. I Will Never Wear Stilettos
08. Dance Like A Demon
09. Digging Down
10. Feminist Song
11. Let’s Go Crazy
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