Gloria, les La Luz françaises, bientôt dans les bacs (à sable)

gloria in exeldis stereoOn naît avec la classe ou on meurt sans. Une chose qui n’arrivera certainement pas à la dernière découverte du label Howlin Banana dont les magnifiques Gloria ont fait leurs premières armes cet été. Supposément lyonnais, le groupe Gloria est composé d’un trio de chanteuses et « téléguidé » à la manière de Phil Spector par l’activiste musicien compositeur guitariste Kid Victrola, dont on ignore à ce stade s’il a ou pas composé l’intégralité des titres. Le bonhomme apparaît sous plusieurs étiquettes et alias (La Course du Grand Géocoucou, étant le dernier en date) et serait à l’origine de ce projet thématique qui n’a pas l’air d’être qu’une monstrueuse créature de studio puisque le groupe s’est déjà produit de nombreuses fois sur scène et semble donner… satisfaction. Apparemment toujours, c’est Kid Victrola qui souhaitant renouer avec une certaine pop 60’s a emmené tout ce beau monde (exclusivement féminin) en studio (en Bretagne, d’après nos sources) pour graver ce qui est devenu le 18 novembre le premier album du groupe : Gloria In Excelsis Stereo. Bizarrerie de l’affaire, on n’a croisé à ce stade aucune photo, ni déclinaison d’identité des filles qui chantent. C’est quand bien même bien le comble pour un groupe de filles et on veut bien se faire griffer le torse et les épaules si on n’a pas bien cherché. Quelque soit en effet le rôle des affreux jojos qui se cachent derrière ce truc, Gloria est bien une affaire de femmes et c’est bien à elles et à elles seules qu’on doit adresser les louanges.

L’illustration de couverture est vintage et art déco, ce que n’est pas tout à fait le son (art déco) qui lorgne plutôt donc vers les girls groups 60’s à la Spector mais aussi directement vers la lignée surf rock symbolisée notamment par l’émergence il y a trois ou quatre ans de notre groupe chouchou : La Luz. Plus soul que surf peut-être, moins sautillant et tout en guitares que la bande de Shana Cleveland, Gloria dégage une séduction immédiate et une élégance qui n’ont rien à envier au quatuor de Seattle. Les premiers morceaux révélés par le label In the Morning et Beam Me Up, sont sublimes. Les harmonies vocales sont somptueuses et la production impeccable. Les voix et les guitares se mêlent remarquablement pour composer une musique très imagée et propice à l’élévation et au songe sensuel. L’album (qu’on a déjà pu parcourir) mêle les chansons pétillantes et dansantes, les rythmes exotiques et des plongées plus sombres dans un univers de bandes originales pour vieux films (érotiques ou de gangsters) ponctués d’assauts généreux de guitares électriques. Il faudra voir ce qu’on retient de tout ça dans la durée mais une première exposition à la musique de Gloria amène son lot de fantasmes et de projections temporelles. Rien de tel de toute façon que de célébrer la messe (Gloria in Excelsis Deo, pour les nuls, renvoie à l’adresse liturgique chrétienne n°1) entouré de voix féminines et de créatures lascives. S’il n’y en a pas à portée, un disque et un peu d’imagination font tout aussi bien l’affaire.

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