Guerilla Toss aime les bonnes drogues

Guerilla TossOriginaire de Boston, les Guerilla Toss forment le groupe de rock dance music psychédélique le plus dingo de l’époque. A l’écoute des morceaux de leur précédent album, on a vu des types bien sapés en costard et sérieux comme des papes se déshabiller et danser nu sur des tables en se tenant amicalement le sexe (le leur et quelques autres) dans la main. Gay Disco était un album amical, du genre à changer un enterrement en partouze débridée et le premier extrait tiré de leur nouvel album promet tout autant. Diamond Girls est frétillant, pétillant et surtout cradingue comme une crémaillère pendue (par les pieds) dans une backroom togolaise. C’est un peu gay, follement brouillon et finalement tout à fait convaincant lorsqu’on s’est mis en tête que l’avenir de la pop et du rock psychédéliques passe, d’une part, par la consommation de toute sorte de drogues, et d’autre part, par la déstructuration mélodique post-Radiohead en string. Voix trafiquées, guitares ensevelies sous des effets Waouh, mélodie à quadruple détente qui ne prend plus le temps de remonter à la surface pour respirer : la musique de Guerilla Toss incarne le degré ultime de la bamboche sonore, celle qu’on apprécie plutôt en fin de soirée qu’au début, et qui peut s’écouter les yeux (et les organes) grand ouverts.

Mais la musique de Guerilla Toss n’est pas que cela : elle rappelle par instant les bons moments de Jackson Scott ou même d’un Sparklehorse sorti de dépression, un peu trash, un peu bourrée, mais toujours élégante, digne et inspirée. Il ne faudrait pas croire que seul ce qui ne grésille pas brille. Guerilla Toss en est un bon exemple.

L’album qui vient s’appelle Eraser Stargazer et débarque le 1er mars chez DFA Records/PIAS. Il sera sans doute nécessaire d’y prêter une oreille, histoire de vérifier que l’histoire du post-punk à paillettes commence et finit bien là. Plus l’époque est triste et plus ce genre de groupe a une chance de prospérer. Plus nous sommes tristes et plus nos chances de faire semblant d’être heureux fructifient.

Ecrits aussi par Benjamin Berton

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