
“The first time I saw lightning strike
I saw it underground
Six deep feet below the street
The sky came crashing down
For a second that place was lost in space
Then everything went black
I left that basement burning and I never went back
The second time I saw it strike
I saw it at sea
It lit up all the fish like rain
And rained them down on me
For a second that boat was still afloat
Then everything went black
I left it underwater and I never went back”
On profite une fois encore de l’actualité pour ressortir des archives l’une des chansons les plus faiblardes de The Cure mais dont le titre résonne avec les températures du jour. Après le succès de The Head On The Floor, The Cure poursuit sa conquête des marchés internationaux en se lançant dans l’enregistrement d’un double album, d’abord à Draguignan puis aux studios Miraval dans le Sud de la France, à Correns exactement. Il fait chaud et le rosé coule à flot. L’enregistrement est assez atypique chez The Cure puisque Robert Smith a en tête avec cet album, Kiss Me, Kiss Me, Kiss Me, de mettre fin à une séquence de dix ans où le groupe a réorienté son écriture vers une pop plus accessible. Il veut un disque profus, spontané et déstructuré qui présente toute la diversité du groupe. Une fois n’est pas coutume, le chanteur omnipotent demande aux autres membres du groupe… s’ils ont des idées et passe deux semaines à collecter des démos qu’on lui propose, six ou sept chansons au final étant issues de ce travail préalable, qui se tient dans le Var. Une fois aux studios Miraval, tout se fait avec une certaine facilité. Le groupe est joyeux, dispose de trois mois devant lui pour jammer et improviser en toute liberté. Le matériau s’accumule et germe l’idée d’un double album.
Parmi les compositions qui naissent comme cela autour d’improvisations et de jeux entre les musiciens, Hot Hot Hot !!! s’impose comme un titre… marquant au point de devenir l’un des singles tiré du disque. Le disque sort en février 1988, après… Just Like Heaven, évidemment d’une toute autre tenue. Tim Pope signe un clip débile en noir et blanc qui n’a à peu près rien à voir avec la chanson et présente les membres du groupe en sorte de nains affublés de fringues d’avant guerre. Le morceau lui-même raconte l’histoire d’un type fulguré, c’est-à-dire poursuivi par les éclairs et la foudre, qui reçoit avec l’éclair des sortes de flashes psychédéliques. Histoire vraie (ça existe) ou métaphorique de coups de foudre en série ? On n’en sait rien et on s’en fout un peu. Le morceau est dansant, jazzy et foufou. On en retient le rythme allègre et le refrain bien sûr, parfait pour se plaindre de la canicule….même si ça ne parle pas tout à fait de ça.
Pour les connaisseurs et les curieux, Robert Smith chante à l’entame ces mots de Charles Aznavour “she may be the face… i cant forget”. Et ça c’est vraiment la classe. Le morceau date de 1975 et est l’une des plus belles chansons françaises d’amour… en anglais qu’on connaisse. Aznavour la réadaptera lui même en français et elle sera reprise notamment par Costello. Gageons que cette référence est une private référence entre Robert Smith et sa copine de toujours Mary Poole. On a toujours compris ça comme ça. Hot Hot Hot !! réapparaît dans de nombreux enregistrements du groupe et est joué plus qu’il ne le faudrait en live. On renverra ainsi à la présence du “tube” sur Paris, enregistrement des concerts d’octobre 1992 au Zénith, ou plus tard sur l’excellent CD Bestival (2011). On vous passe histoire de vous ménager les remixes qui accompagnent le single et qui sont encore plus horribles. Comme on est pas salauds, on vous offre plutôt cette chanson qui porte le même titre et qui est servie (fraîche) par les Beautiful Barbados.

