Interview Express : Babybird à Paris le 28 septembre

BabybirdHistoire de vous rappeler que le 28 septembre Sun Burns Out organise, en compagnie de QuixoteMusic et en partenariat avec Magic, le grand retour français de Babybird, on a serré l’oisillon Stephen Jones Babybird en pleins préparatifs pour lui poser quelques questions sur cette future date parisienne. L’homme n’a pas changé et nous parle brièvement de sa relation au pays, de la joie d’être sur scène et de la chanson qui lui a ouvert les portes du succès et fermé celles de la reconnaissance. Stephen Jones est toujours gorgeous… mais un peu moins qu’avant ! 

English version below.

Votre dernière apparition à Paris… c’était quand ? Vous vous en souvenez ?
Babybird : Je me mélange les pinceaux. Etait-ce à la Cigale ou à Pigalle. Mais dans les deux cas, c’était probablement un moment rare et précieux. Les concerts à l’étranger sont toujours pour moi un moment privilégié, différent et rafraîchissant. Je me souviens du pullover ou du sweat que j’avais ! Je crois que je je vais l’emmener dans ma valise dans quelques semaines, histoire qu’il me porte bonheur.

A l’époque, vous étiez un des chouchous de la critique, notamment du journal les Inrockuptibles. Vous aviez chanté une chanson en français : Je suis un imbécile anglais. Cela venait d’où ce morceau ?

C’était juste une blague débile. Comment voulez-vous qu’un Anglais stupide comme moi parle français ? Le morceau était un morceau bonus, sur un CD en série limitée pour Ugly Beautiful. Lemonade Baby est la seule chanson originale de Babybird intégralement chantée en français et par… une femme.

C’est assez paradoxal, mais vous avez été assez à la mode en France quand vous enregistriez vos disques lo-fi et puis, quand vous avez commencé à rencontrer un succès plus large, le public indé a donné l’impression de se détourner un peu de vous. Comment vous expliquez ça ?

C’est triste, mais une GROSSE chanson est venu s’intercaler entre mon public et moi. Le succès de cette chanson a éclipsé d’où je venais, mes premiers morceaux, mes racines. Mais je suis revenu à ça sur Bandcamp, l’original, le sombre, le côté underground et grinçant,.. Tout y est. Jouer en France ou pas : c’était quelque chose qui dépendait ensuite exclusivement du business, du marché. Ce n’était plus entre mes mais et je ne contrôlais rien. C’est très triste d’une certaine façon. Et je ne peux que vous remercier de me donner à nouveau l’occasion de jouer ici.

Le concert n’est pas vendu littéralement comme un comeback. Il est présenté comme la partie européenne du Back Together Again que vous avez amorcé en Angleterre l’an dernier. C’est un peu plus subtil, mais est-ce que techniquement vous assimiliez cela à un retour ?

Oui. C’est à l’origine une tournée où je reviens… après un arrêt cardiaque. C’est la réalité. Au départ, je voulais juste revenir pour voir si je pouvais encore faire ça. Généralement, on entend par comeback des groupes qui reviennent parce qu’on leur offre une carotte, beaucoup de pognon pour le faire. Moi, je reviens pour m’amuser, pour le plaisir et pas du tout pour l’argent.

On vous a offert de réinterpréter les chansons qui figurent sur vos albums lofi sur scène ?

Non, pas que je sache ! Les albums lo-fi sont très attachés à une certaine époque de ma vie où je n’avais pas de boulot. Je remplissais ma journée ainsi, en enregistrant sans aucune intention au départ de sortir ces maquettes sous forme de disque. Même si au final un certain nombre de ces maquettes ont été réenregistrées avec le groupe  (Goodnight, Farmer, Bug in a breeze, Man’s tight vest, etc), je ne souhaite pas spécialement les jouer à nouveau sur scène, à moins que Luke, le guitariste, ou Danny, le bassiste, me demandent d’interpréter leurs préférées. Je suis beaucoup plus intéressé par l’idée un jour de jouer une sorte de compilation de tous les morceaux que j’ai sortis sur bandcamp. Ma KONpilation, pour reprendre le titre d’un de mes disques les plus récents. (KON pour King of Nothing)

L’association des fans hardcore de Babybird m’a payé pour réclamer des nouveautés sur la setlist. Les gens réclament des titres comme Old Car, Teenager et Photosynthesis. Mais aussi des vieux morceaux comme Seagullably et… The Happy Bus et aussi Alison. Aucune chance d’entendre tout ça ?

Pour des raisons de temps essentiellement et parce que le groupe converge pour ce concert à Paris de pas mal d’endroits (Newcastle, Rhodes), on sera assez proches du set qu’on a joué ces derniers temps et qu’on adore. C’est aussi un set qui fonctionne comme une histoire à raconter sur le plan des paroles. Mais les surprises viennent aussi quand on interagit avec le public. C’est de cette interaction que naîtra aussi la setlist et le spectacle.

Vous jouez avec le même groupe depuis des années. Ca doit être satisfaisant de voir que vos musiciens vous sont fidèles. Est-ce qu’entre vous c’est bien une histoire de fidélité, de plaisir ?

Oui, tout à fait. Je ne dirais pas qu’ils me sont dévoués. On n’est pas dévoué à un vieux bâtard comme moi, non ! Mais ils aiment les chansons et ne disent pas non quand il s’agit de jouer sur un bateau au bord de la Seine. De nombreux comebacks sont motivés uniquement par l’argent. Des types qui se détestent se retrouvent à jouer ensemble sans avoir l’air de rien pour cela. Rob (le batteur, Luke, Danny et moi sommes à des lieues de ça.


When was your last concert in Paris ? And what do you remember from it ? 
I get confused between La Cigale and La Pigalle, but whichever it was, was genuinely precious. Gigs abroad are always different and fresh. I remember the pullover/jumoper/sweater I wore, and still have it and will take it to Paris in September, as a good luck charm

You were one of the time favorites then, « l un de nos chouchous » for the Inrockuptibles magazine notably. You even sung in French on a track « je suis un imbecile anglais ». When and why did you come up with this song ?
It was a simple dumb joke. How would a stupid English man know French ? The song was on an extra limited CD tied to Ugly Beautiful.
Lemonade baby is the only BB song sung all the way thru in French, and by a woman.

Paradoxically you were hype when lofi but i have the feeling in France indie people did turn away a bit from your music when you was more successful. Is it why you had no occasion to come back and play here ?
Sadly, a big song apparently made BB ‘uncool’, and overshadowed those early roots. But I have reclaimed the original dark and underground edges on my Bandcamp site. Not playing France etc was always in the hands of the business, and I had zero control, over whether we could return. Very sad. So this opportunity is very much appreciated.

The gig is not advertised as a Comeback tour….. but as the european leg of the « back together again » tour which carries the same idea in a more subtile way. Is it technically something you d call a comeback ?
I think it was intended as a comeback from a heart attack I had. A gradual creep back to see if I was physically up to it. Comebacks are often old bands tempted by money offered as a carrot. This ‘comeback’ is for fun and joy, and not money.

Did someone offer you money to play some kind of lofi Lps compilation live ?

No I’ve not heard of that ? The lo-fi albums are very much of their time, of me, unemployed, filling my time, and recording without any intention to release those early songs. Though a few songs from the lo-fi were reinterpreted by the band (Goodnight, Farmer, Bug in a breeze, Man’s tight vest, etc), I wouldn’t want to play them live again, unless Luke (guitar) or Danny (bass) pushed me on favourites of theirs. I am more interested one day playing songs from my favourite Bandcamp album KONpilation.

I ve been paid myself by the Babybird Fancore Association to ask you about the Parisian setlist. People ask for new songs such as Old Car, Teenager and Photosynthesis. They also ask for oldies such a Seagullably and…. well… the Happy Bus and Alison ! The Happy cover ? Any chance they get heard ? Will there be any surprises ? 

Due to time and the band converging for this gig from all over the place (Rhodes, Newcastle) it will be the set we love and adore at the moment, the one I think lyrically works as a whole story. Surprises unfold via interaction with the audience which steers the set.

Your band is mostly the same for years. It must be satisfying to see those guys be somehow faithful to you and your music. Is this all about faith, fun and devotion to you ?

Yes definitely – but no way are they devoted to an old bastard like me – they genuinely love the songs, and who would say no to a boat on the Seine. A lot of comebacks involve a lot of money persuading band members who hate each other to play again, begrudgingly. Rob (drums), Luke Danny and me luckily avoided all that ruckus.
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