Man & The Echo : les Monty Pythons de la (brit) pop

Man & The EchoPas sûr que notre titre rende justice à leur modernité et à leur sérieux mais au fil des morceaux et en attendant la sortie de leur premier album qui devrait arriver cette année chez 1965 Records/PIAS, les anglais de Man & The Echo continuent de nous faire marrer en même temps qu’ils nous font remuer du buste et du popotin. Leur pop très politique et ironique est bondissante, mêlant des sonorités new wave évidentes, des relents glam vaguement psychédéliques et un sens de l’humour qui rappelle l’esprit joyeux et caustique des Monty Pythons (ok) mais surtout d’un groupe comme les Half Man Half Biscuit, dont on faisait notre ordinaire il y a quelques années.

Man & The Echo qui est un quatuor originaire du Nord Ouest du Pays a été repéré par le label de James Endeacott, ancien de Rough Trade, après quelques mois d’existence (même si certains membres du groupe jouent depuis de nombreuses années ensemble). Endeacott est connu entre autres pour avoir découvert les Libertines. Leur single Honeysucker a fait un malheur dans le petit monde du rock indé et a conduit à leur signature rapide ainsi qu’à la sortie d’un premier EP remarqué. L’originalité du groupe est de renvoyer une force formidable (sur scène notamment), tout en faisant le grand écart en diverses chapelles du rock anglais. Un peu soul à la Simply Red, un peu punk sociaux à la The Clash, un peu bondissant comme Blur et déconne façon Mike Flowers Pop. Le groupe de Gaz Roberts revendique l’influence de Morrissey et The Smiths dont ils partagent, outre le goût des guitares jangly, une morgue et un mauvais esprit salutaires, en même temps qu’un intérêt prononcé pour les jeux de mots et les textes un brin provocateurs. Vile As You Are, leur nouveau morceau ne fait pas exception en évoquant le politiquement correct et ses dérives, notamment dans le domaine politique. Gaz Roberts exerçait toujours dernièrement des missions de fonctionnaire dans le domaine social et plus précisément autour de la prise en charge du handicap. Le groupe a ainsi un ancrage au réel qui explique sa pertinence.

On peut donc sans trop se tromper aller voir de ce côté si l’Angleterre est plus verte.

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