Andy Bell / The View From Halfway Down
[Sonic Cathedral Recordings]

5.6 Note de l'auteur
5.6

Andy Bell - The View From Halfway DownLes fans de Ride nous en auraient voulu de laisser filer la fin d’année sans dire un mot du premier album solo officiel d’Andy Bell, The View From Halfway Down, après avoir accueilli chaleureusement mais sans enthousiasme excessif la résurrection de notre groupe oxfordien préféré (oui, devant Radiohead).

Sur les rails depuis quelques années, et conçu avec Gem Archer (Oasis), cet album est plutôt une bonne surprise, même si “surprise”, si l’on considère qu’Andy Bell fait à peu près exactement ce à quoi on pouvait s’attendre, est un bien grand mot. Sans surprise donc, The View From Halfway Down est un album de shoegaze versant dreampop qui donne un coup de jeune à la formule britpoppée et musclée de son ancienne franchise Hurricane#1 dont on doit encore avoir l’album quelque part. L’entrée en matière, Love Comes In Waves est impeccable et superbement mélodique, soutenue par un gimmick de guitare irrésistible qui fait sonner le tout comme un morceau des Stone Roses ou des Byrds. La voix de Bell n’a pas changé et ne s’est en aucune façon altérée avec les années. Il faut dire qu’il n’en a pas abusé mais c’est à signaler. Manque de bol, c’est peut-être la chanson la plus marquante du disque.

Le disque est ramassé (8 titres) et vraiment plaisant à dérouler, avec une variété d’approche, qui le rend à la fois intéressant et séduisant dans la durée. Il semble que la mort de Bowie ait servi de motivation au chanteur pour finaliser des chansons sur lesquelles il travaillait depuis longtemps. Cela s’entend moins sur l’électronique soignée d’Indica et le pastoral Ghost Tones (un peu léger tout de même) que sur le plus flamboyant Skywalker. Andy Bell évolue dans un registre vaguement glam rock où l’on peut lire quelques traces aussi de ses années Oasis : une manière de tenir les notes de guitares, d’étirer les chansons pour en souligner la rythmique et les dynamiques, jusqu’à friser la funk attitude. Skywalker est une chanson élégante, un peu trop longue, mais qui, sur scène, déclenchera une vague d’amour sincère.

On ne cachera pas qu’on a toujours préféré Mark Gardener à Andy Bell mais il faut reconnaître que ce dernier fait du bon travail pour explorer des territoires quasi psychédéliques sur l’élégant Aubrey Drylands Gladwell. Si on n’en sort pas bouleversés, on déroule ces pièces où les voix sont rares avec une certaine curiosité. On n’est pas certain de comprendre ce que Bell veut exprimer ici mais sa virtuosité nous tient en haleine en nous donnant l’impression de chevaucher des territoires pop intrigants et un brin désolés. Il faut ne pas avoir la dent dure pour trouver que Cherry Cola sert à quelque chose et ne vraiment vouloir de mal à personne pour trouver que le final Heat Haze On Weyland Road est vraiment nécessaire. I Was Alone est un poil plus intéressant que les autres morceaux mais ne concurrencera ni Nick Drake, ni Syd Barrett. La musique d’Andy Bell n’imprime pas.

L’album sonne comme si publier un album solo avait été plus une nécessité personnelle (une recherche d’accomplissement) pour Bell qu’une nécessité artistique. C’est pas mal mais de là à le réécouter trois fois et à en parler aux copains, il y a un pas qu’on ne franchira pas. Même belle, une anecdote s’oublie vite quand on a tout le temps devant soi.

Tracklist
01. Love Comes In Waves
02. Indica
03. Ghost Tones
04. Skywalker
05. Aubrey Drylands Gladwell
06. Cherry Cola
07. I Was Alone
08. Heat Haze On Weylands
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