NLF3 / Waves of Black and White
[Prohibited Records / L’autre Distribution]

7.8 Note de l'auteur
7.8

NLF3 - Waves of Black and White Trois ans après un Pink Renaissance pétillant et tout en couleurs polyrythmiques, les frères Laureau reviennent avec un album qui, comme souvent chez eux, prend le contrepied du précédent. Waves of Black and White est techniquement ce qui s’approche de plus près de ce qu’on appelait il y a dix ou quinze ans le post-rock. Entendre par là, une musique instrumentale composée à partir d’instruments « traditionnels » et électroniques composant une ambiance souvent cinématographique mais néanmoins rythmée et s’apparentant au rock exploratoire et atmosphérique. NLF3 n’aura pas volé cette fois la comparaison avec Tortoise. On la sortait moins depuis quelques albums pour les désigner mais l’entrée en matière Sandy Path nous replonge directement dans les ambiances noir et blanc du groupe américain.

Sachant que la plupart des titres présentés ici ont servi à accompagner musicalement lors d’un ciné-concert (plusieurs en fait) la projection du film Golem de Paul Wegener, on ne sera pas surpris outre mesure de la portée expressionniste et noir et blanc de ce nouvel album. Les compositions sont simples, épurées mais également d’une efficacité redoutable, à l’image du joueur La marche secrète d’Akiko ou encore du très réussi Fields. Les douze pièces qui composent l’album ne sont pas nécessairement très longues (on se situe autour des 3 à 4 minutes d’usage) et valent principalement pour l’aisance avec laquelle elles imposent chacune une texture singulière. La musique de NLF3 est plus expressive et suggestive qu’immersive. Elle joue sur les variations d’ambiance plutôt que d’imposer titre après titre un climat homogène. Certains y verront une petite faiblesse dans la mesure où on perd en unité de ton ce qu’on gagne en liberté et en vivacité émotionnelle. Aelita Stones tient plus du rock progressif ou des compositions crépusculaires d’un Goblin épuré, tandis que des pièces comme Beaches (très Tortoise pour le coup) ou Waters renvoient à une conception solaire et aérienne du genre. Les vagues du titre se succèdent, composant une série d’aplats primitifs fascinants, comme si les auteurs avaient voulu étaler une série de motifs élémentaires (d’où les références aux éléments eau, feu, air, etc), de pigments sources dont le mélange valait moins que la présentation dans le plus simple appareil.

Cette recherche de simplicité ne doit pas occulter le travail d’orfèvre qui se cache souvent derrière les titres. Look at their eyes est plus complexe qu’il en a l’air, mêlant plusieurs niveaux de lecture et de production. On ressent cette même sophistication derrière l’ambiance chaleureuse et évolutive d’Ancient Fires ou la puissance élévatrice de Mount Arpeggi. L’ensemble est une réussite complète et empli la tête d’images de paysages, de situations ou directement d’émotions qu’on peut moduler ou renouveler au gré des écoutes et des états d’esprit. Les résonances ethniques de Mudhead qui ferme le bal viennent conclure en beauté une escapade somptueuse et stimulante, entre grands espaces, fondu au noir et curiosités ambient.

Parmi les travaux de NLF3, qui arpente ces terrains électro-acoustiques et rock depuis maintenant plus de quinze ans, cet album restera sans nul doute comme un jalon important et l’une des œuvres les plus marquantes.

NLF3 / Waves of Black and White

Tracklist
01. Slow Flames
02. Sandy Path
03. La marche secrète d’Akiko
04. Fields
05. Aelita Stones
06. Beaches
07. Waters
08. Look at their eyes
09. Ghosts
10. Ancient Fires
11. Mount Arpeggi
12. Mudhead
Liens
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