Youri Defrance Chamane : le souffle du Loup, l’appel du Sauvage

Youri de France par AMDOArtiste chamane au tutoiement immédiat et à l’intensité bouleversante, Youri Defrance ne s’écoute pas à la radio. Sa musique se vit dans les bois, les forêts, parmi les pierres et les flammes filantes, bientôt sous un mystérieux Dôme qu’il assemble de ses mains, jazz-world, blues-rock et poésie diaphonique en croisade alternative et pied de nez permanent à l’ancien monde du plastique, de la mafia et des forces fourbes. Ecouter la parole du Loup, son animal totem, est en soi une expérience qui trompe et éberlue le réel. Est-il un leurre de la société du spectacle, un alibi néo-hippie ou bien le musicien-monde, baladin-Diogène sublime qui a trouvé pour nous le secret du retour aux sources ?

« La réponse est dans la question » comme il dit. Youri Defrance est un sphinx pour qui la réponse ne vaut jamais le point d’interrogation, la ligne d’arrivée, le chemin etc. Interview de l’autre côté du monde. Celui des derniers qui seront les premiers ou pas quand il faudra compter les morts…  L’appel du Loup est forcément l’appel du fou. 

Photo : AMDO.

Parlez-nous de vous. Comment est-ce que vous vous présenteriez ? Musicien ? Voyageur ? Artiste ? Chamane ?

Vivant ! y a la réponse dans ta question, le Blues me suit depuis mes 14 ans, le voyage est arrivé à 18 ans quand j’ai quitté ma Champagne-Ardennes pour la Bretagne et le Chamanisme est venu me chercher dans un rêve au bout du monde, terre des morts quand je vivais en Finistère.

Vous êtes venu à la musique adolescent. Dans quel genre de famille avez-vous grandi ? Est-ce qu’il y avait des musiciens, des artistes ou est-ce que ce n’était pas du tout ce milieu-là ?

Pas de musicien dans ma famille, c’est venu de la forêt d’Orient entre champs scalpés et magasins d’Usine, un blues moderne s’est emparé de ma tristesse pour faire grandir un espoir en moi. J’ai un ancêtre Gitan du côté de mon père, un guerrier qui avait pas de nom et il c’est tellement bien battu pour Napoléon qu’il est devenu commandant du dictateur et lui a donné mon nom : « Defrance ».

Comment est-ce que vous vous retrouvez pour la première fois avec une guitare dans les mains ? Qui vous l’a mise ? Qu’est-ce que vous vous souvenez précisément de ce jour là ?

Kurt Kobain avec sa reprise de Leadbelly Did you sleep last night découvert avec notre « génération Y » . Mon grand Père « Marcel Defrance » m’avait acheté ma première guitare de gitan ! Une classique, 150 francs à l’époque… Je me souviens du gros manche, ça tirait les doigts pour jouer les basses au pouce comme Hendrix. Six heures  par jour. J’ai la main gauche plus grande que l’autre à présent…
Qu’est-ce que vous ressentez alors ? On raconte que c’est le contact de la guitare puis des guitar-heroes genre Led Zeppelin puis Hendrix qui vous ont fait ressentir pour la première fois la puissance de l’instrument mais aussi la puissance de ce qu’il était capable d’émettre ?

Je me souviens du premier disque des Doors que mon cousin m’avait conseillé : L.A Woman quand j’ai vu la pochette, je me disais : « c’est qui ce barbu alcoolique » mais cette force de mort dans Riders on the storm m’a beaucoup inspiré et m’a fait travailler cette basse de Ray Manzarek sur ma first guitare. Après Hendrix c’est une autre histoire : Pali gap, Little Wing, Third Stone of the Sun, Up from the Skies, Castle Made Of Sand, Vodoo Chile, Who Knows, Machine Gun…appris à la note près pour sentir toute la force de son inspiration…oui ça m’a ouvert une porte incroyable même si je l’ai laissé dormir dans un coin pour suivre mon initiation chamanique, Jimi vit toujours dans ma musique mais juste son côté Cherokee !

A cette époque-là, vous avez des goûts un peu étranges pour un type de votre âge, non ? Vous avez à peine 20 ans et vous vous mettez à écouter Led Zep, des vieux blues du delta et Hendrix. On est en 2000. Vous pourriez écouter du Rnb ou alors des musiques indépendantes, Radiohead, de l’électro. Vous n’avez jamais eu ces goûts là ?

Non, ma recherche au départ était vers la source : « le passé/ le futur », je ne sentais pas la vibration dans ma génération Y après Nirvana pour moi déjà à l’époque, j’avais compris que les lobbies avaient déjà avalé les artistes ! Mettre une plume dans le cul c’est pas pour moi, un loup n’accepte pas de faire des concessions, d’être un chien ! Aujourd’hui, je suis descendu ou remonté à la fin des sources, la musique ethniques m’a beaucoup appris pour mon travail de Chamane. Inconsciemment je le savais en me guérissant de mes maladies d’autiste avec ma guitare, cette thérapie avec la musique est allée appeler une chamane en 2009 à Brest !

Vous commencez à jouer dans des groupes dans les années 2000 justement. Cela fait déjà un bail. Quel genre de musique vous jouez ? Quelle place vous tenez dans ces groupes et avec qui ?

Du Blues rock pychédélique, tiens si tu veux écouter c’est en bas de la page.
Y aussi des extraits d’un festoch que nous avions monté dans une grotte, les prémisses de mon nouveau projet «Wigwam » 2020 , oui j’en parlais déjà à l’époque au ciel mais mieux sur terre today !
J’ai toujours tenu le rôle du leader, composé les titres, géré les tensions, etc… Mon premier groupe : Basse, Guitare, Batterie et Deuxième en Bretagne à Rennes on était une dizaine : Flûte, Orgue Hammond, Batterie, Chanteuse, Basse, guitare, Sax, Percussions…

Vous développez ensuite une sorte de première carrière qui est une carrière blues. Charley Patton. Robert Johnson. Leadbelly. Qu’est-ce qui vous intéresse dans cette musique et comment vous choisissez de l’habiter ?

Le Diable et la folie humaine dans cette musique qui se joue avec les tripes et pas avec la tête. Je ne pourrais pas sentir toute la tristesse que les mercenaires du delta ont enduré mais nous vivons tous avec un « diable » et un « ange » en nous, réveillés ou endormis de nos ancêtres ! Faire danser ces 2 énergies me suivra jusqu’à ma mort avec le Blues de la terre !

Vous définissez alors une notion nouvelle : le psychéblues. Qu’est-ce que c’est ?

« Dreamtime » — Water/ Earth — restons au milieu pour sentir et lâchons prise !

C’est l’époque Sand of Fairy. On sent déjà que vous essayez de tisser des liens entre les civilisations anciennes, les univers musicaux. Il y a une tangente blues du delta, monde celtique mais très vite vous connectez votre univers avec l’Afrique, l’Asie. Comment ça se produit ?

L’Afrique est le Cœur « rythme de la terre » et l’Asie l’esprit « Rythme de l’eau » pour mon loup ! tout s’est transformé en équilibre lors de mon premier voyage initiatique dans la Taiga en Mongolie !

Plus précisément, qu’est-ce qui fait que vous passez d’un modèle blues, jazz peut-être, du rock psychédélique à véritablement une identité de musicien voyageur ? Vous auriez pu vous contenter de jouer dans les clubs de jazz parisiens et de faire de la musique de cowboy. Comment on évolue vers ce que vous faites aujourd’hui ? Il y a des rencontres, des voyages, des découvertes musicales. Est-ce que vous évoluez au gré des contacts avec les hommes ou est-ce que vous découvrez le monde à travers des disques ?

Écoute ma compo Wolf Tengri Totem ou TuvaLakota sur mon dernier album, tu verras, la réponse à ta question est dans ces titres !

Quels ont été les voyages les plus importants pour vous ces dernières années ? Le Pérou plus jeune. La Mongolie plus tard. C’est là-bas que vous avez été au contact d’autres techniques de chant. Je pense au chant guttural et éraillé que vous utilisez. Je ne sais plus comment on appelle cela.

Pour faire simple, y a le chant Kargyra et le Khoomei mais tu as tellement de différents sons. Je ne suis pas ethnomusicologue, j’écoute juste le son de la nature dans les moments de silence intérieur et je reproduis les forces de la forêt, rivières, Océan, désert, Montagne…

Comment est-ce que vous vivez pendant l’intervalle ? Vous avez travaillé, fait des petits boulots ou est-ce que vous avez réduit suffisamment vos besoins pour ne pas avoir besoin de le faire ?

Je vie avec rien, les fins ou milieu de mois sont très difficiles… mais je préfère vivre avec la présence de la mort et respirer la vie que de rester dans l’ignorance, lobotomie au cœur de la matrice en travaillant pour des lobbies ! Nous avons tous un rôle dans cette vie, se battre en silence pour être à sa place, c’est la moindre des choses pour ne pas devenir un esclave ou chien de garde des capitalistes !
Aujourd’hui je suis entrain de construire une roulotte, genre « Tiny House » pour être totalement indépendant. Je ne supporte plus de payer EDF ou toutes les inventions inutiles des lobbies ! La nature nous donne gratuitement tout ce dont on a besoin. Pourquoi vouloir manger le virus des cinquantaines de Rois devenus aussi des esclaves de la religion… Le sauvage est en nous, laissons le venir… la planète bleue nous guide depuis l’enfance de l’humanité, ne l’oublions pas, restons au milieu, lâchons prise…

On sent désormais que vous êtes immergé pleinement dans votre projet, dans votre nouvelle identité. Il y a des gens qui vous suivent. Une union spirituelle assez forte autour de votre « communauté » de fans. Certains rejettent ce côté néo-hippie, écolo, post-baba. Ils assimilent cela à des sectes exotiques. Vous comprenez qu’on puisse avoir un regard méfiant ou distant par rapport aux expériences que vous proposez ?

Pas de Non / pas de Oui – je reste au milieu… mon projet n’a pas d’identité « code barre » qui nous enferme dans des cases de chasseur redneck ! Je suis né dans un ventre et pas dans une seringue scientifique… Vu notre époque, y a plus de temps à perdre avec ses peurs, restons guidé par les éléments : Air, eau, Feu, Terre… la nature appartient à nos enfants , y a aucune secte là-dedans.

Cet été notamment, vous avez participé à plusieurs événements en Bretagne, en Rhône-Alpes. Sur scène, dans la nature. Vous pouvez nous parler rapidement de la manière dont vous concevez les concerts. Est-ce que vous appelez cela comme ça ? Des cérémonies ? Des rituels ?

Des Cérémonies c’est autre choses, lien direct avec mes Ongod… Dans mes concerts, tout dépend dans quel univers ma musique est invitée – genre dans un festoch ou salle, je jouerais bcp de Blues du Mississippi avec chant diphonique et dans un appart privé c’est « spirituel » ouais ça veut plus rien dire ce mot « spirituel » à notre époque même les lobbies l’utilisent dans leurs image verte ! Je dirais plutôt que mon lâché prise serait total dans un environnement où les gens viennent pour leurs « soi » et pas leurs « egos de moi je »… je m’adapte au public, y a pas vraiment de lois. Je ne fais aucune concession, c’est très difficile à vivre mais dans ma provocation , mon art devient encore plus fort et créatif ,! Mes émotions transforment la direction du concert et la réceptivité des gens créé de nouvelles couleurs dans mon travail pour réveiller notre lâché prise sur les fin de sets …

Il y a chez vous cette idée de passer l’émotion mais aussi de faire communiquer les éléments, l’animal, le minéral, le végétal. Comment est-ce que ça « fonctionne » ?

Tout dépend de l’ouverture de chacun, nous venons de la même « maman terre » mais prenons des différents chemins pour se retrouver sur le même sommet de la montagne.

La musique telle que vous la concevez permet de s’affranchir des distances, mais aussi de travailler sur le temps, les époques, le lien entre le passé et le présent. Certains auteurs de science-fiction appellent cela « le voyage global », c’est-à-dire un déplacement ou une connexion qui traverse le temps, l’espace mais aussi techniquement la barrière de la matière. Est-ce une notion qui vous parle ?

Dans le voyage du 2° monde « Dreamtime » oui les aborigènes et mes trans chamaniques m’ont appris à le communiquer mais nous vivons toujours à l’époque de Jules César…le premier monde nous mange à chaque atterrissage… la nature va se charger de transformer enfin notre futur en passé dans pas longtemps.

Dans le calendrier indien, vous êtes le loup. Expliquez-nous comment fonctionne ce zodiaque là ?

Non, à toi de sentir… Les lakota m’ont appris le Sauvage et la sensibilité de ce prédateur mais c’est personnel… Une direction, pour t’expliquer… as tu entendu parler de ce qui s’était passé au parc de Yellowstone ? quand les dompteurs de la nature ont réintroduit le loup, l’écosystème entier, y compris la structures des rivières, s’est remis à tourner à l’endroit !

Quelle place est-ce que vous faites aux drogues là-dedans ou à d’autres stimulations ? C’est quelque chose qui fait partie de votre dispositif personnel ?

J’ai essayé toutes les drogues pour mon expérience musicale, ça m’a permis d’ouvrir rapidement la porte de l’imagination, l’inspiration venait vite ! Toucher en une minute des choses que j’aurais mis des années à comprendre mais une belle descente aux enfer… Rien ne pousse dans le monde de la drogue… depuis 12 ans, je me suis bien calmé et fume toujours pour composer en studio, bois du bon Whisky tourbé mais ne recherche plus l’extrême du froid et du feu … le milieu me suffit.

La nature va enfin se charger de transformer notre futur en passé

Parlez nous du projet Dôme. Qu’est-ce que c’est ?

Oui enfin, je me retire doucement de ce monde professionnel où la musique est une source financière pour la mafia ! tu fais des milliers de kilomètres pour jouer en concert : hôtel, gazoline, vends des bières lobbies et prône ton message… tu en meurs ou tu deviens un commerçant vendeur de rêve enchainé à l’ego du pouvoir ! Le plus vieux métier du monde est la prostitution mais pour mon loup , le sauvage est bien là , les Catholiques ont voulu le dompter pour manipuler les masses… mais après son long silence , demain « le loup » ouvrira notre porte, pas pour vendre des chips, des bouteilles de Coca… mais pour tuer le virus qui pourrit dans le troupeau avant le Chaos ! Ce projet est une façon de se retrouver dans la nature avant l’arrivée de l’Océan à Paris et des millions de migrants cherchant leurs places… Réveiller en musique et en images (peintures, vidéos, photos) les sites telluriques (Acupuncture de la terre) au moyen du « Wigwam » (Dôme – toile de projection en 360°) dans nos forêts celtiques ! En union intime avec la nature et nos ancêtres.

(pour contribuer au projet Dôme)

Pensez-vous qu’il y ait une nécessité de réinventer la musique ainsi ? Pour sortir du spectacle marchand ? Ou est-ce simplement une façon de connecter l’humain via la musique à la nature, aux forces anciennes ?

La réponse est dans ta question…

Qu’est-ce qui relève du divertissement dans votre art et qu’est-ce qui relève de la spiritualité ? Comment est-ce qu’il faut recevoir cela ?

Le Blues me reconnecte à la terre et la musique ethnique à la médecine de nos ancêtres –et au milieu mon lâché prise.

Est-ce qu’à titre personnel vous écoutez encore de la musique « commerciale » ? Des trucs que vous écoutiez hier ? Du rock, je ne sais pas, du jazz.

Pas beaucoup, mais en ce moment ça me fait des émotions de ressortir quelques vinyles business et d’écouter le passé ou le présent, souvent la machine commerciale forge la musique à une époque… les premiers albums de Fleetwood Mac avec l’albatros de Peter Green ou le Sunshine on your love de Clapton ou les débuts d’Hendrix avec Curtis Knight… pas facile d’être sans frontière mais certains arrivent dans le show à dépasser le temps, la mode, comme l’éternel Astronomy Domine de Syd Barrett ou l’Electric Ladyland du Cherokee…

On peut voir dans votre démarche un contenu politique aussi, une volonté d’émancipation avec le « capitalisme », l’hyperconsommation, le matérialisme. Le spirituel est plus politique qu’on ne croit. Est-ce que c’est très présent chez vous ?

« Militant » vient de « Militaire » aucun contenu politique dans ma démarche ! je ne crains pas de m’asseoir à la table du mendiant et du roi ou des anges et des démons. Ma tolérance, fruit d’une profonde expérience humaine lors de mes voyages autour du monde me permet de m’identifier aux êtres les plus divers , même aux plus difficiles d’entre eux. Seuls les technocrates desséchés me dégoutent… pour moi la meilleur direction est la Révolution Silencieuse, tu n’achètes plus au supermarché, consomme moins…etc… et simplement le bon virus se distribuera avec les abeilles …

Votre démarche n’est pas militante. Vous ne cherchez pas la confrontation mais plutôt à éclairer, à montrer ce qui peut exister en face du monde matérialiste et de cette consommation. C’est cela votre démarche. Montrer le bon plutôt que d’affronter le mauvais ?

La réponse est dans la question.

Comment est-ce que vous jugez l’évolution de la France et du monde à cet égard ? Vous trouvez encourageant ce qui se passe en terme de pédagogie de la Terre, de la préservation des ressources ou est-ce que vous trouvez que cela ne va pas assez vite, qu’on perd du temps ?

Pour moi ça se passe en nous et pas à l’extérieur… Les lobbies utilisent l’image verte pour continuer leur business… Les multinationales n’arriveront pas à lâcher prise si le peuple consomme toujours les nouvelles croquettes Bio de Papa.

La société elle-même s’organise assez loin des valeurs et de l’ouverture que vous prônez. On a le sentiment qu’on recherche de plus en plus la sécurité, l’enfermement, de fausses respirations, le tourisme de masse à coups d’avion et de quelques jours passés au contact de l’étranger… qu’on ne regarde pas quand il est juste à côté. Ce n’est pas très enthousiasmant, si ? Qu’est-ce qui permet d’espérer selon vous ?

De croire en soi et d’arrêter de parler des problèmes du voisin… Nous avons tous un rôle sur cette planète Bleue. Pourquoi perdre notre temps avec la peur… Nos ancêtres ont vécu des guerres, des sacrifices…etc pour nous donner cette vie … respectons nos enfants, la terre leurs appartient…
Paradoxalement ou pas, votre musique fédère pas mal de gens autour de vous et on sent qu’il y aussi une vraie aspiration à vivre autre chose, que les gens cherchent d’autres modèles. Est-ce que vous feriez un parallèle avec ce qui s’est passé dans les années 60 et qu’on peut considérer d’une certaine façon comme une occasion ratée de changer les choses ? Vous pensez qu’on va avoir de nouveau le choix ?
Le choix ? on l’a déjà depuis la fin de la guerre… les êtres humains créént des lois mais la nature est sauvage quand elle se réveillera bientôt, non y aura plus de choix , la Mama terre ne fera pas de sécurité sociale, Pôle emploi, Assedic, Caf… pour protéger les faibles qui deviennent encore plus faibles a être assistés dans la matrice… j’ai touché pendant des années ces aides, je les refuse maintenant… le choix va se poser en écoutant son silence intérieur…

Le Projet Dôme

On a l’impression que le disque en tant que tel n’a pas une grande importance pour vous, que vous privilégiez la performance live, l’événement, l’éphémère. Est-ce qu’on se trompe ?

Ce n’est pas qu’une impression… pour nous les créateurs, nous sommes bien plus intéressants , vivant en Live, non ?! Le vinyle me parle toujours mais l’industrie du Cd est morte. Internet streaming l’a tué ! c’est une belle chose pour notre époque ! Les musiciens qui continuent à mettre du diesel dans les usines à plastique sont déconnecté… utilisons internet ou le vinyle !
Est-ce qu’il y aura un autre album après ONGOD ? Vous ne pensez pas que cela peut être utile pour faire connaître votre démarche ?

Aucun doute, je sortirai un album live mi-septembre , enregistrée lors de ma tournée en Italie et Slovénie, la pochette sera illustré par Antoine Desnoyers . Je n’aurai pas l’argent pour le Vinyle mais je le mettrai en ligne et téléchargement pour m’aider à financer la fin de ma roulotte « Tiny House » et le restant du budget de mon projet Dôme « Wigwam »

Je reviens sur Dôme. Comment est-ce que vous imaginez cela ? Quel format ? Combien de personnes ? Comment est-ce qu’on pourra venir ou s’inscrire ou je ne sais quoi et quand ? Pratiquement qu’est-ce que cela va recouvrir ?

Le Dôme contemporain « Wigwam » aura une ossature bois lamellé collé, 14 arcs manchonnés, 1 couronne centrale, toile coton polyester, plancher en 10 parties sur cadre bois douglas, revêtement 3 plis épicéa 19 mm vernis… posé au pied d’un lieu sacré druidique afin de puiser notre vibration humaine dans un centre pour réveiller nos ancêtres, l’animal totem en nous avec « dreamtime – art : musique/image – Son/image » et acupuncture de la terre. Depuis mon initiation de 10 ans en Mongolie, je soigne dans mes cérémonies avec mon tambour mais ce n’est pas mon but premier, mon rôle en tant que chamane est de mettre le lien humain avec la forêt… je ferai pour chaque place un rituel avant ou après…
Une trentaine de personnes pour commencer chaque soir pendant 1 semaine sur un même site tellurique. Le premier concert dans le Wigwam se fera dans les Monts du lyonnais sur la veine du dragon à 30 min en voiture de Lyon en mars 2020 et en Argoat, le lieu sera secret, je diffuserai l’info 3 semaines avant sur mon blog : les inscriptions se feront 3 mois avant sur email : wildhouseblues@gmail.com

A très court terme, quels sont vos projets ?

Je veux travailler pour des musiques de film et documentaire… récemment, j’ai fait une belle rencontre sur Paris avec la réalisatrice Sofia Gutman pour son nouveau court métrage d’animation Dans les airs, une belle collaboration qui s’annonce avec son très beau projet : un collage d’histoires de trois immigrants qui ont perdu leur pays. Ils se retrouvent en quête de leur identité dans un nouveau pays ainsi qu’à la recherche d’un nouvel endroit qu’ils pourraient appeler maison…

Est-ce que vous pouvez nous faire une playlist d’une dizaine de morceaux que vous écoutez ?

J’écoute beaucoup des Vinyls posé mais en ce moment sur la route je mets ça : Colin Stetson Spindrift, Alain Peters Plime la misère, Christine Salem Jup , Goat The Snake Of Addis Ababa, Hamza El Din The Water Wheel, Karen Dalton Cotton Eyed Joe, Luzmila Carpio WayK-owayk-osta, Rahsaan Roland Kirk Black Root, The Como Mamas out Of The Wilderness , Félenko Félé Momo Wandel Soumah…

Des lectures peut-être.

Non, les seuls qui m’ont fait vibrer sont Rimbaud, Herman Hesse, Boris Vian… je ne suis pas un grand lecteur, j’ai arrêté l’école à 16 ans, je suis très instinctif, les mots m’ont toujours donné une impression de manipulation… c’est bien pour ça que je me suis enfermé avec les couleurs des sons… j’aime rencontrer les ethnies et différentes cultures dans mes voyages en utilisant mes tripes et pas le mental … j’ai appris tellement de choses à l’intérieur de moi en respirant l’extérieur de la vie et l’intérieur de la mort, dehors, sur d’autre continent ou en bas de ma porte… et pas dans les feuilles de bouquins… et oui je m’excuse si j’ai fait des fautes d’orthographe pour les « François le français » mais oui c’est pas mon truc…

Les gens vont bientôt quitter l’univers des vacances, des congés pour retrouver le travail, leur vie de tous les jours. C’est toujours un moment difficile où l’on prend conscience que… la vraie vie n’est pas facile. Est-ce qu’il y a une consolation à cela ? Un antidote ? Qu’est-ce que ça vous inspire ?

Je ne connais pas les vacances… je compose tous les jours et travaille sur des vidéos, des photos… repérage de lieu druidique… je comprends les gens qui prennent le temps de se retrouver intérieurement après des mois de taf et leurs dit continuez à vous battre dans la matrice avec un œil dehors mais pas ceux qui se transforment en cochons touristiques et subventionnent les offices du tourisme pour être les Rois d’un jour et détruire des lieux fragile en pissant sur les étoiles…

Comment est-ce que vous vous accommodez avec la vie moderne ? La vie de tous les jours. Les factures, etc. A quoi ressemble votre vie lorsque vous n’êtes pas sur scène ?
Je lâche prise…

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