Peter Hook vend ses souvenirs de Joy Division et ne garde que la musique

Peter Hook collectionParmi les fans de Joy Division, la Peter Hook Signature Collection est l’équivalent d’un pillage de tombe pour l’Egypte Antique ou, au contraire, de la découverte d’une fabuleuse malle au trésor enfouie depuis des décennies au fond des océans. Il faut dire que depuis ses bisbilles avec la bande qui continue de faire vivre New Order, Peter Hook est un personnage qui n’a pas attiré à lui que de la sympathie. L’ancien bassiste de Joy Division et de New Order est-il un homme avide d’argent, dont les quinze dernières ont constitué à capitaliser sur les fabuleuses chansons qu’il a (grandement) contribué à inventer ? Ou est-il au contraire une sorte de gardien du temple, qui paie hebdomadairement tribu à son ancien comparse, tombé pour la cause, et qu’il n’a jamais oublié ?

Ceux qui ont eu la chance d’approcher Peter Hook ces dernières années pour ces fameux concerts tribute (où il revisite en les chantant de manière inégale les années Joy Division et les années New Order) savent que l’homme est plutôt un type bien et un homme qui témoigne le plus grand respect à son propre passé. Des membres de Joy Division, Peter Hook est celui qui, à travers ses volumes biographiques, a tenu les discours les plus justes et les plus touchants sur leur aventure commune. Hook est aussi celui qui, depuis l’origine, s’est imposé comme le documentariste et l’archiviste du groupe. La Peter Hook Signature, qu’il réalise partiellement au profit de la lutte contre l’épilepsie (maladie qu’il considère au coeur de la disparition de Ian Curtis), mettra ainsi dans les prochaines semaines aux enchères la quasi intégralité des souvenirs d’époque de Peter Hook, depuis le ticket du bassiste pour le légendaire concert des Sex Pistols au Manchester Free Trade Hall (qui initia le post-punk) jusqu’à un blouson de cuir, des paroles dactylographiées par Curtis, des disques rares, dont un exemplaire dédicacé par l’ensemble des membres du groupe, des flyers, des posters, des tests pressing issus de la Factory ainsi qu’une basse utilisée à la grande époque. Dans une interview passionnante pour le magazine Rolling Stone, Peter Hook expose longuement son attachement à l’ensemble de ces objets mais aussi de manière plutôt convaincante le choix qui est le sien de s’en dessaisir. Le règlement amiable du procès qui l’opposait à ses anciens amis de New Order a, selon lui, facilité le travail de mise à distance d’objets et de souvenirs dont il a décidé de ne conserver que la destination : la musique qu’il interprète désormais avec une obsession quasi fanatique sur les scènes du monde.

Le détail des objets (et des lots) mis en vente est rassemblé dans un catalogue qui peut être commandé en ligne, et éventuellement dédicacé par le musicien. Son contenu sera mis en ligne à compter du 18 janvier sur le site de Omega Auctions qui gère l’opération pour Peter Hook. Il sera alors possible d’enchérir et de ramener ses objets de culte chez soi, pour des sommes qui sont estimées entre 200 et 30 000 euros. Rien qu’à regarder les quelques photos du stock disponibles, on en a la chair de poule. Dans son interview pour Rolling Stone, Hook évoque également les dizaines de cassettes qu’il conserve chez lui et qui renferment l’intégralité (ou presque) des répétitions du groupe de Ian Curtis. Un trésor peut en cacher un autre….

Ceux qui n’auraient pas encore vu la caravane pourront croiser Hook & The Light en France dès mi-janvier avec une série de 9 dates françaises parmi lesquelles Nantes, Saint-Malo, Clermont-Ferrand (en janvier), Marseille, Montpellier et Feyzin (en mai).

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